Un temps annoncé parmi les adhérents du programme de formation initié par la Fédération royale marocaine de football (FRMF), l’Ittihad Riadi de Tanger a finalement signé un partenariat avec Eagle Football Group (EFG), propriétaire de l’Olympique Lyonnais.

Cet accord porte sur plusieurs axes de collaboration :

– l’accompagnement du staff technique et de formation dans la mise en place de méthodologies d’entraînement adaptées aux standards internationaux ;

– le développement et la structuration de la cellule de haute performance et de recrutement ;

– le soutien au développement de l’académie et des programmes de formation de jeunes talents marocains.

« Nous offrons à nos partenaires un accès privilégié à une pépinière de talents et à un environnement propice à l’éclosion des jeunes footballeurs du continent africain. C’est une alliance gagnant-gagnant », assure Nassrallah El Guartit, président de l’Ittihad Riadi de Tanger.

Un modèle qui ne date pas d’hier

Ce genre d’accord n’est pas inédit entre les clubs européens et africains. Le FC Metz, par exemple, est un partenaire historique de l’Académie Génération Foot au Sénégal.

Après vingt ans de collaboration, les deux entités sont désormais liées jusqu’en juin 2033, preuve de la confiance mutuelle et de la pérennité de leur partenariat.

« Emmanuel Adebayor, Papiss Cissé ou encore Sadio Mané avaient marqué les premières années de collaboration entre les deux équipes. Ces dernières saisons, d’autres éléments sont également venus effectuer, avec réussite, leurs premiers pas en Europe sous le maillot grenat : Ismaïla Sarr ou Pape Matar Sarr, pour ne citer qu’eux », se réjouit le FC Metz.

Les conditions financières de l’accord entre l’Olympique Lyonnais et l’IRT n’ont pas été dévoilées. À titre indicatif, des chiffres officieux indiquent que le FC Metz aurait investi 20 millions d’euros entre 2003 et 2019, pour en récupérer 80 de la vente des joueurs issus de Génération Foot.

« La région de Tanger est elle aussi un véritable creuset de talents », souligne un ancien entraîneur de l’Académie de l’IRT.

Pour preuve, les deux pépites vendues cet été par le club tangérois. Abdelhamid Maali au Zamalek (428.000 euros) et le gardien Rayan Azouagh, cédé au FC Séville (91.000 euros).

Les défis du centre de formation lyonnais

Si l’expertise de l’OL en matière de formation est indéniable, elle n’est plus ce qu’elle était depuis la vente du club, notamment par Jean-Michel Aulas, président historique et ancien actionnaire majoritaire.

Dévoilé en juin 2025 par la Fédération française de football, le classement des centres de formation souligne le recul de l’OL :

– Rennes (1er) ;

– Paris Saint-Germain (2e) ;

– Monaco (3e) ;

– Lyon (4e).

Pour sa part, le récent classement mondial de l’Observatoire du football CIES (octobre 2025) classe le centre de formation de l’Olympique Lyonnais à la 34e place mondiale.

Outre le saut qualitatif réalisé par d’autres centres, le trou générationnel auquel fait face le centre de formation lyonnais explique aussi ce déclassement.

Dans son édition du 22 juin 2025, le quotidien sportif L’Équipe souligne que le changement de méthode de travail entre 2017 et 2023 n’a pas eu l’effet escompté et qu’il a été critiqué par plusieurs acteurs, car éloigné du fameux ADN lyonnais.

Le taux de rotation dans l’encadrement a également fragilisé la stabilité nécessaire au développement du programme de formation.

Pierre Sage, qui avait succédé à Jean-François Vulliez au poste de directeur du centre de formation, a quitté son poste pour devenir entraîneur de l’équipe première, avant de rejoindre Lens. Il a été remplacé par Fabien Caballero, puis par Johann Louvel un an plus tard. Même situation pour les éducateurs et le directeur de la performance, Sébastien Renaud, parti après six ans.

À cela s’ajoute un manque de moyens sous la gestion de John Textor, qui a démissionné le 30 juin 2025 après la relégation annoncée du club en Ligue 2 par la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG). La rétrogradation a été annulée le 9 juillet 2025 grâce à de nouveaux fonds injectés, mais « le centre de formation a souffert de problèmes d’intendance, nourriture, minibus… », précise la même source.

En attendant l’avènement de la génération 2009-2010, prometteuse à l’image de Benzema ou Ben Arfa, le centre de formation lyonnais multiplie ses partenariats, en France et en Afrique, notamment avec l’Ittihad Riadi de Tanger. À ce titre, le soutien au développement des infrastructures de l’académie sera crucial. Selon plusieurs témoignages, les conditions d’entraînement des jeunes n’étaient pas toujours optimales.

« On avait parfois quatre équipes sur un seul terrain à la Cité des Sports de Tanger », confie un ancien formateur. Les installations, gérées par la commune, donnaient parfois lieu à des malentendus, rendant les séances particulièrement compliquées.