Après un appel à manifestation d’intérêt (AMI) achevé en juillet 2025, le ministère de la Transition énergétique et du développement durable (MTEDD) passe à la seconde étape. Il a lancé, ce vendredi 5 décembre, deux appels à la concurrence internationaux pour le développement de la première phase de l’infrastructure gazière nationale.

L’investissement prévu pour la station d’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) de Nador connectée au gazoduc Maghreb-Europe (GME) s’élève à environ 273 millions de dollars. Le tronçon de gazoduc entre le GME et Mohammedia nécessitera quant à lui environ 638,7 millions de dollars, auxquels s’ajoutent 42,5 millions de dollars pour un réseau secondaire d’approvisionnement en gaz naturel des zones de Kénitra et Mohammedia, portant l’investissement total à 954,2 millions de dollars.

Compte tenu de son caractère stratégique et de son cadre en partenariat public-privé (PPP), la procédure inclut une préqualification des candidats pour un appel d’offres international restreint, conformément à l’article 4 de la loi nᵒ 86-12. Le lancement de cet appel d’offres, qui constitue la troisième étape du processus, est prévu avant le premier trimestre 2026.

Le premier appel à la concurrence vise à sélectionner les meilleurs candidats pour la conception, la construction, le financement et l’exploitation des gazoducs reliant, d’une part, le port de Nador West Med (NWM) au gazoduc Maghreb-Europe (GME) et, d’autre part, le GME aux zones industrielles de Kénitra et Mohammedia.

Le second appel concerne la location (affrètement à temps) d’un terminal gazier flottant (FSRU) pour le port de Nador. Au-delà de la fourniture du navire, l’opérateur sélectionné sera chargé de réaliser les installations techniques sur la jetée avant de les céder à l’autorité portuaire de Nador West Med.

Dans le cadre de la feuille de route gazière 2025-2030, le ministère a réalisé une étude de faisabilité pour cette première phase de l’infrastructure nationale. Le port de Nador West Med sera ainsi dimensionné pour accueillir des méthaniers de type Q-Flex, dont la capacité maximale atteint 215.000 mètres cubes, ce qui permettra d’assurer une regazéification nominale de 5,1 milliards de mètres cubes par an, extensible à 7,5 milliards en période de pointe.

Augmentation progressive de la demande en gaz naturel au Maroc (source : MTEDD).

Pour ce projet, dont le démarrage est prévu initialement à l’horizon 2027, la sélection des candidats intégrera, au-delà du respect des délais, des critères de solidité technique et financière, la transparence de leur offre et de responsabilité sociale et environnementale, afin d’en assurer la viabilité et les bénéfices durables du projet.

L’aboutissement de cette première phase, consacrant Nador comme première porte d’entrée du GNL, doit impérativement se faire dans les délais impartis. Cette célérité est indispensable pour aligner l’offre sur la demande croissante, conformément à l’orientation stratégique du Maroc qui substitue progressivement le gaz naturel aux énergies plus polluantes comme le charbon et le fioul.

La demande devrait passer de 1,2 milliard de m³ actuellement à 8 milliards de mètres cubes à l’horizon 2027, parallèlement à la conversion au gaz de plusieurs centrales (accompagnée d’une augmentation de leurs capacités). À l’horizon 2030, elle pourrait même atteindre 12 milliards de mètres cubes, année prévue pour l’ouverture du terminal Atlantique (à Mohammedia ou Jorf Lasfar) qui constituera le second point d’importation de GNL après celui de Nador.