Les prix de l’or restent à des niveaux historiquement élevés. Lors de la séance du 29 décembre 2025, l’or se négocie à plus de 4.490 dollars l’once, après avoir inscrit un record lors de la séance du 26 décembre, à 4.552 dollars l’once.

Ce mouvement apparemment baissier n’efface pas une dynamique de fond très haussière, visible sur l’ensemble de l’année 2025.

Les performances sur plusieurs horizons restent impressionnantes:

  • Sur un mois, la hausse atteint 5,41%.
  • Sur 3 mois, elle s’établit à 16,34%.
  • Sur 6 mois, le gain est de 36,43%.
  • Sur un an, la progression dépasse 71%.

Au Maroc, le prix de l’or 24 carats s’élève actuellement à 1.300 DH le gramme, un niveau record.

Pour l’or 18 carats, qui contient 75% d’or et reste le standard le plus répandu au Maroc, le prix dépasse 980 DH le gramme.

Les facteurs explicatifs

Le premier facteur explicatif est monétaire. Les marchés ont renforcé leurs anticipations de baisse des taux de la Réserve fédérale l’an prochain, dans un contexte où l’inflation donne des signes de modération.

Quand les investisseurs pensent que les taux vont baisser, l’or est généralement favorisé, car le coût d’opportunité de détenir un actif sans rendement diminue. Ce mécanisme passe souvent par un dollar moins fort, ce qui soutient mécaniquement le prix de l’or coté en devise américaine.

Le deuxième facteur est lié au climat de risque. Les tensions géopolitiques maintiennent une demande de couverture, et l’or reste l’un des actifs privilégiés lorsque l’incertitude augmente, qu’elle soit militaire, politique ou financière.

Le troisième facteur est plus structurel et tient à la demande institutionnelle. Les achats de banques centrales, la recherche de diversification et le retour d’une partie des flux financiers vers les instruments adossés à l’or contribuent à soutenir la tendance, au-delà des mouvements quotidiens.

Dans un environnement où la volatilité des devises et l’incertitude macroéconomique restent élevées, l’or continue d’être utilisé comme couverture contre les risques extrêmes.

Un autre facteur à prendre en compte est la surprise de croissance aux États-Unis. Au T3 2025, en glissement annuel, le PIB réel a progressé de 4,3%. Une croissance plus forte que prévu peut, en principe, pousser les rendements à la hausse, soutenir le dollar et provoquer des épisodes de correction sur l’or, en augmentant le coût d’opportunité de détenir un actif sans rendement.

Le fait que les prix restent proches des records malgré ce signal suggère que le marché privilégie surtout la trajectoire des taux à venir et la persistance d’un environnement de risque, plutôt que les seules données conjoncturelles de court terme.

La suite dépendra surtout de la confirmation du scénario de baisse des taux, de l’évolution du dollar et de la capacité, ou non, des tensions géopolitiques à se résorber durablement.