Selon le rapport annuel de l’Observatoire marocain de la TPME, l’emploi formel déclaré à la CNSS s’est établi à 4.931.100 salariés en 2024, contre 4.766.924 en 2023 et environ 3,8 millions en 2021.

La masse salariale déclarée à la CNSS s’est établie, en 2024, à 221,8 MMDH, en hausse annuelle de 8,6%, après 9,7% en 2023.

Cette progression traduit une dynamique continue de formalisation du marché du travail, portée par la reprise économique post-Covid et par l’élargissement de la base déclarative des entreprises.

Emploi formel et rémunérations

Sur la période récente, la croissance de l’emploi formel reste néanmoins plus rapide que celle des salaires, ce qui pose la question de la qualité des postes créés.

La structure des rémunérations illustre clairement ce constat. En 2024, 46,6% des salariés déclarés, soit environ 2,3 millions d’employés, perçoivent un salaire n’excédant pas le SMIG, contre 54,8% en 2023 et 44% en 2022.

Si cette baisse relative traduit un léger déplacement vers les tranches supérieures, la concentration des bas salaires demeure très marquée.En 2024, 72,7% des employés perçoivent un salaire mensuel inférieur à 4.000 DHPlus de 72,7% des employés gagnent moins de 4.000 DH par mois en 2024, contre 74,3% en 2023. À l’autre extrémité de l’échelle, seuls 2,8% des salariés déclarent un salaire supérieur à 20.000 DH, une proportion quasi inchangée depuis plusieurs années.

Le salaire mensuel moyen s’élève à 5.862 DH, tandis que le salaire médian est de 3.173 DH, ce qui indique que la moitié des salariés déclarés perçoivent un salaire inférieur ou égal à ce niveau.

Situation de l’emploi féminin

La configuration salariale pèse particulièrement sur l’emploi féminin. En 2024, les femmes représentent 1.596.881 salariées déclarées, soit 32,4% de l’emploi total, en léger recul par rapport à 2023 et à 2022.

En valeur absolue, l’emploi féminin progresse, mais sa part relative stagne autour de 32% depuis plus de cinq ans. Cette stabilité reflète des difficultés structurelles d’insertion sur le marché du travail formel.

L’analyse par tranche de salaires met en évidence une surexposition des femmes aux bas revenus. Plus de la moitié des salariées, soit 51,6%, perçoivent un salaire inférieur ou égal au SMIG, contre 44,2% chez les hommes.

À l’inverse, seules 2,8% des femmes accèdent à des rémunérations supérieures à 20.000 DH, une proportion identique à celle des hommes mais qui reste marginale au regard de l’ensemble du marché.

Dans les régions du Sud, plus de 80% des femmes déclarées se concentrent dans la tranche du SMIG ou en dessous. À l’opposé, Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra présentent une structure salariale relativement plus équilibrée.

Sur le plan sectoriel, l’emploi formel demeure dominé par les services, le commerce et l’industrie manufacturière. Ces secteurs concentrent l’essentiel de l’emploi féminin déclaré, en particulier dans le textile, les services sociaux, l’enseignement et certaines activités de commerce.

Cette spécialisation sectorielle contribue à expliquer la faiblesse des rémunérations moyennes des femmes et la lenteur de leur progression vers des emplois à plus forte valeur ajoutée.

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Ces données portent exclusivement sur l’emploi formel privé déclaré, hors fonction publique, auto-emploi et secteur informel.