Le Maroc et Yassine Bounou ont longuement résisté avant de céder devant la France (0-2), en quart de finale de la Coupe du monde 2026, ce jeudi 9 juillet à Boston.

Jusqu’à l’heure de jeu, tout paraissait encore possible pour les Lions de l’Atlas. Mais l’ouverture du score par Kylian Mbappé, puis le but d’Ousmane Dembélé ont anéanti les espoirs des coéquipiers d’Achraf Hakimi.

Les absences conjuguées de Chadi Riad et Ismaïl Saibari étaient de trop, après les forfaits avant le début du tournoi de Nayef Aguerd et Abdessamad Ezzalzouli.

Pourtant, le Maroc a longtemps tenu tête à l’armada offensive des Bleus. Bien aidé, il est vrai, par un Yassine Bounou dans un grand soir. Comme d’habitude.

Mais offensivement, les Lions de l’Atlas ont été totalement transparents, excepté une frappe de loin de Azzedine Ounahi. Il y a de quoi avoir des regrets quant au plan de jeu restrictif mis en place par le staff de l’équipe nationale, insuffisant pour aller plus loin dans la compétition.

La responsabilité de cette élimination incombe à la malchance. Mais aussi aux choix effectués par le sélectionneur qui a décidé de compenser les absences en changeant les postes de plusieurs joueurs. Rappelant un peu l’erreur commise par Walid Regragui quatre ans plus tôt face au même adversaire.

Des changements de position surprenants dans le Onze

L’absence de Chadi Riad et la prestation en demi-teinte de Redouane Halhal lors du tour précédent ont poussé le sélectionneur national à modifier le côté gauche de sa défense.

Mohamed Ouahbi a aligné Noussair Mazraoui aux côtés de Issa Diop. Tandis qu’Anas Salah-Eddine a été titularisé au poste d’arrière gauche.

Des choix assez risqués puisque cette configuration n’a été que très rarement utilisée. Excepté à l’entraînement, le Maroc avait fini son match face aux Pays-Bas en huitièmes, après la sortie de Chadi Riad à vingt minutes du terme du temps réglementaire.

Dès le coup de sifflet de l’arbitre argentin, les Marocains se sont appliqués à agresser le porteur du ballon et à fermer les espaces. Cela n’a pas empêché Kylian Mbappé de décrocher avant de tester les gants de Yassine Bounou à l’entrée de la surface de réparation.

Le portier marocain s’est ensuite montré vigilant en repoussant une tête de Dayot Upamecano sur sa ligne. À l’inverse, l’équipe nationale a éprouvé des difficultés à investir le demi-terrain offensif. L’absence d’un avant-centre de pointe y est pour beaucoup.

Tout comme le nombre de joueurs systématiquement derrière le ballon, ce qui réduit les solutions de passe au porteur. Sans omettre le peu de projections en profondeur.

Aligné à la pointe de l’attaque, Bilal El Khannouss n’avait clairement pas la tête de l’emploi.

La profusion de milieux de terrain a tout de même été bénéfique pour Achraf Hakimi et ses coéquipiers. Au bout de vingt minutes, le bloc défensif marocain a en effet réussi à réduire la puissance de feu des Bleus. Mais sur l’une des rares situations de transition offertes aux Français, Kylian Mbappé a piégé Noussair Mazraoui.

Coupe du monde 2026. Diminué par les blessures, le Maroc éliminé en quart (0-2)

Pris par la vitesse d’exécution du Madrilène, Mazraoui a concédé un penalty évitable (25’). Mais pour le plus grand bonheur des hommes de Mohamed Ouahbi et de tout un peuple, Yassine Bounou l’a arrêté, maintenant toutes les chances intactes.

Cela aurait dû servir d’avertissement à tous. Car personne n’ignore que la meilleure manière de mettre Kylian Mbappé en orbite est de lui offrir autant d’espace.

Tout comme il faut éviter de se faire avoir par les feintes de frappe d’Ousmane Dembélé, dont la tentative a frôlé les cages de Bounou (32’).

Bref, la France avait pris ce quart par le bon bout, à l’inverse du Maroc, qui manquait clairement de poids dans le demi-terrain offensif (0 tir).

Un plan de jeu trop restrictif

Pis, l’équipe nationale aurait pu encaisser l’ouverture du score sur un tir de Désiré Doué consécutif à une perte de balle plein axe. Mais c’était sans compter, une nouvelle fois, sur l’énième arrêt du dernier rempart de l’équipe nationale, en état de grâce.

Et quand il n’est pas sur le coup, c’est sa transversale qui le sauve, à l’image de cette tentative lointaine signée Lucas Digne dans les arrêts de jeu. Bref, le Maroc pouvait s’estimer heureux de rentrer à la mi-temps en ayant gardé ses cages inviolées.

Au retour des vestiaires, les Lions de l’Atlas ont d’emblée fait preuve d’intentions nettement plus offensives. Mais ils ont manqué de spontanéité et de précision sur certaines situations intéressantes (46’, 50’).

Sauf que ce sont les Français qui se sont mis en évidence pour faire briller encore une fois Yassine Bounou (55’).

C’était quelques minutes avant que l’inévitable Kylian Mbappé n’hérite d’un ballon à l’entrée de la surface de réparation pour enrouler un tir hors de portée du gardien marocain et ouvrir le score à l’heure de jeu.

Une action tout de même entachée d’une main française, que l’arbitre argentin n’a pas jugé utile de revoir. En revanche, le deuxième but d’Ousmane Dembélé ne souffrait d’aucune contestation au terme d’une transition éclair.

L’entrée de Soufiane Rahimi n’a malheureusement pas eu l’effet escompté. Elle a sans doute eu lieu un peu tard.

L’addition aurait même pu être plus salée sans les interventions de Yassine Bounou. Alors que Azzedine Ounahi n’a pas été loin d’être le seul à avoir inquiété Mike Maignan.