Le choix de réserver aux abonnés payants la fonctionnalité de Grok, l’assistant IA du réseau social X, permettant de générer de fausses images de personnes dénudées est « un premier pas », a affirmé vendredi le ministre français Roland Lescure, chargé de la souveraineté numérique.

« L’action de la France et de l’Europe paye: X restreint l’utilisation de Grok. C’est un premier pas, mais la lutte contre les dérives de l’IA doit se poursuivre », a écrit sur Bluesky le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique.

La réaction tranche avec celle du Royaume-Uni, qui a dénoncé vigoureusement ce choix de X.

Celui-ci « transforme simplement une fonctionnalité qui permet la création d’images illégales en un service premium », et constitue « une insulte aux victimes de misogynie et de violences sexuelles », a dénoncé un porte-parole du Premier ministre britannique Keir Starmer.

Quant au porte-parole de la Commission européenne pour les affaires numériques, Thomas Régnier, il a estimé que « cela ne change pas notre problème de fond: nous ne voulons pas voir de telles images ».

Ces images, réalisées en demandant à Grok de dénuder des personnes réelles à partir de ses photos ou vidéos, ont suscité des protestations à travers le monde.

Interpellé par de nombreux utilisateurs sur X qui étaient scandalisés, Grok a répondu vendredi: « La génération et l’édition d’images sont actuellement réservées aux abonnés payants. Vous pouvez vous abonner pour débloquer ces fonctionnalités. »

M. Lescure, de son côté, a rappelé que la France avait « saisi la justice et continuera d’exiger des plateformes qu’elles respectent nos lois si elles veulent profiter de notre marché ».