Bank Al-Maghrib et le HCP s’allient pour renforcer l’échange des statistiques et l’analyse économique

Cette convention vise à produire des données plus pertinentes et de meilleure qualité, afin de mieux fonder les décisions et d’accompagner efficacement les politiques économiques et sociales du pays, indique un communiqué conjoint.

À travers ce partenariat, les deux institutions s’engagent à instaurer un dispositif d’échange de données à la fois sécurisé et automatisé, à partager leur expertise mutuelle et à assurer l’harmonisation des référentiels statistiques, tout en accordant une attention particulière au renforcement des compétences.

À cette occasion, Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, et Chakib Benmoussa, haut-commissaire au plan, ont réaffirmé leur volonté de hisser le système statistique national au niveau des meilleurs standards internationaux.

Bank Al-Maghrib lance un portail d’accès aux informations sur les comptes bancaires

Bank Al-Maghrib lance, à l’occasion de sa participation à l’édition 2025 du Gitex Africa qui se tient du 14 au 16 avril 2025 à Marrakech, un nouveau portail permettant l’accès des citoyens à des informations relatives aux comptes bancaires les concernant de manière « sécurisée, autonome et instantanée ».

Cette plateforme s’inscrit dans le cadre du processus de digitalisation des services d’intérêt commun rendus actuellement au public au niveau du réseau de Bank Al-Maghrib, peut-on lire dans un communiqué.

Le portail, accessible via le web, offre trois services :

• Information sur les comptes bancaires d’un client : le client peut accéder aux coordonnées de l’ensemble de ses comptes bancaires précédemment ouverts auprès des banques de la place, et ce, quel que soit le statut de ces comptes (ouvert, clôturé, etc.).
• Information sur les comptes bancaires d’un défunt : dans le cadre d’une succession, un héritier, son mandataire ou un légataire peut demander, à travers le portail, les coordonnées des comptes bancaires du défunt et procéder à leur récupération auprès de l’une des agences de Bank Al-Maghrib de son choix.
• Information sur les incidents de paiement sur chèques : les émetteurs de chèques peuvent obtenir, via le portail, des informations liées aux incidents de paiement de ces chèques.

Pour garantir un accès sécurisé à cette nouvelle plateforme, Bank Al-Maghrib affirme s’appuyer sur le système d’authentification de la Direction générale de la sûreté nationale, basé sur l’utilisation de documents d’identité officiels.

Le portail des usagers des services d’intérêt commun est accessible à l’adresse PortailUsagers.Bankalmaghrib.ma

Un guide relatif à ce portail est téléchargeable via ce lien.

Baisse du taux directeur : un étonnement qui persiste sur le marché

La décision du 18 mars dernier a pris le marché par surprise. Alors que les grandes banques centrales du monde maintiennent globalement une politique monétaire restrictive, Bank Al-Maghrib (BAM) a décidé une baisse de 25 points de base, ramenant ainsi son taux directeur à 2,25%.

Cette orientation va explicitement à l’encontre des attentes des analystes marocains, dont beaucoup prévoyaient plutôt un statu quo, au regard des tensions inflationnistes persistantes et d’un environnement économique international encore incertain.

« Le décalage entre les anticipations et cette décision finale s’explique par l’absence préalable d’un signal fort annonçant une telle inflexion« , relève un analyste financier. « Ce n’est pas tant le fond qui surprend, mais le timing choisi par BAM ».

Certains professionnels des milieux d’affaires et de finance s’inquiètent notamment d’une possible divergence de trajectoire entre la politique monétaire du Maroc et celle des grandes économies, pouvant affecter les flux de capitaux ou exercer une pression sur le dirham.

Le contexte international : entre tensions inflationnistes et prudence monétaire

Ce sentiment d’étonnement est amplifié par la situation internationale actuelle, particulièrement tendue et incertaine. Malgré un reflux progressif de l’inflation globale (3,2% en 2025 contre 3,7% en 2024), celle-ci demeure supérieure aux cibles des banques centrales, notamment aux États-Unis (autour de 3%) et en Europe (supérieure à 2%). Au Maroc, l’année a démarré par un léger rebond inflationniste nettement supérieur au chiffre de 2024.

En réaction, la Réserve fédérale américaine (Fed) marque une pause depuis janvier 2025 après trois baisses successives en 2024, avec des taux toujours élevés (entre 4,25% et 4,50%).

En Europe, la Banque centrale européenne (BCE) poursuit également une politique prudente, ayant réduit ses taux directeurs pour la cinquième fois consécutive, mais en restant à des niveaux restrictifs.

« Le contexte mondial reste marqué par une incertitude élevée, avec notamment les récentes annonces de hausse des droits de douane par Donald Trump, qui risquent d’alimenter à nouveau l’inflation internationale », expliquent Jérôme Boumengel et Tarek Amiar, fondateurs de African Financial Investment.

Ces annonces, liées à un regain de tension dans la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, n’étaient pas anticipées par le marché et ajoutent une dose de volatilité supplémentaire à un environnement déjà fragile.

Ce risque géopolitique renforce la prudence générale des banques centrales mondiales dans les prochaines décisions.

Les justifications de BAM : une économie nationale en besoin de soutien

Pour autant, cette décision de BAM n’est pas sans fondement. Elle trouve une justification limpide dans les fondamentaux économiques du Maroc, très différents du contexte mondial.

L’inflation marocaine était redescendue à 0,9% en 2024 après deux années de tension (6,6% en 2022 et 6,1% en 2023), avec des projections anticipant une stabilisation autour de 2,2% à 2,4% à moyen terme.

Sur le plan de la croissance, l’économie marocaine affiche une dynamique modérée mais prometteuse : une croissance de 3,2% en 2024, avec des prévisions à la hausse pour 2025 (3,9%) et 2026 (4,2%), portée principalement par l’investissement dans les infrastructures et une activité non agricole robuste.

Toutefois, le chômage reste élevé (13,3%) et le taux d’activité demeure faible (43,5%) ; deux défis majeurs auxquels Bank Al-Maghrib entend répondre par cette baisse de taux et un programme ciblé de refinancement à taux bonifié (2%) pour faciliter l’accès au crédit des très petites entreprises (TPE).

« Derrière ces chiffres macroéconomiques, il y a un enjeu social et entrepreneurial majeur. BAM a clairement choisi de l’intégrer dans sa politique monétaire », estime l’un de nos interlocuteurs.

Une décision qui divise les experts

La décision de BAM a ouvert un débat vif et diversifié dans les milieux économiques et financiers marocains.

Dans certains cercles d’investissement, la surprise s’est accompagnée de critiques sur le timing. Pour ces experts, BAM aurait pu patienter pour mieux appréhender les répercussions internationales et consolider le recul de l’inflation au niveau local.

« Certes, l’inflation marocaine a ralenti, mais le contexte international est loin d’être stabilisé. On aurait pu attendre un peu plus », estime un analyste financier.

D’autres acteurs expriment leur inquiétude quant à l’efficacité réelle de cette baisse, rappelant que les précédentes n’ont pas encore produit les effets attendus sur le crédit, notamment pour les TPE.

« Le problème principal reste l’accès effectif au financement bancaire. Tant que les contraintes prudentielles et les garanties exigées restent inchangées, la portée réelle de cette baisse sera limitée ».

Plus profondément, cette décision relance le débat sur le rôle que devrait jouer Bank Al-Maghrib. Certains experts voient dans ce choix un début d’évolution vers un mandat élargi pour la Banque centrale, intégrant plus directement les objectifs de croissance économique et d’emploi.

« Cette baisse montre une volonté de dépasser le cadre traditionnel de la stabilité des prix. C’est une évolution importante qui mérite un vrai débat public », affirme-t-il.

Face à ces critiques, Jérôme Boumengel et Tarek Amiar défendent fermement la décision prise par Bank Al-Maghrib, la considérant comme une stratégie logique, cohérente avec les fondamentaux économiques marocains :

« Alors que le marché s’attendait à un maintien du taux directeur, BAM a choisi une baisse de 25 points de base, la deuxième consécutive depuis décembre 2024, afin de renforcer le soutien à l’économie et à l’emploi. Avec une inflation fortement réduite (0,9% en 2024), des anticipations stables et une croissance qui s’accélère (3,9% prévue en 2025 et 4,2% en 2026), la Banque centrale avait toutes les raisons d’agir dès maintenant pour consolider la reprise ».

Ces experts rappellent que, même aux États-Unis, la Fed anticipe désormais une baisse importante de ses taux, face à l’incertitude mondiale accrue par les tensions géopolitiques et commerciales. Cela valide, selon eux, l’anticipation stratégique de BAM.

Enfin, ils soulignent que la réaction immédiate des marchés marocains à cette décision confirme son bien-fondé : « L’indice MASI a augmenté de près de 1% dès le jour de l’annonce, gagnant encore 2,1% dès le lendemain, suivi par plusieurs séances positives. Le volume moyen des transactions quotidiennes est passé de 460 MDH avant la décision à plus de 825 MDH après celle-ci. Cette réaction forte démontre à quel point les marchés ont favorablement accueilli ce signal monétaire accommodant ».

Qualité de l’accueil dans les agences bancaires : le rappel à l’ordre de Bank Al-Maghrib

Cette initiative répond à une recrudescence des plaintes de la clientèle concernant la qualité de l’accueil et le comportement de certains employés des établissements bancaires, comme l’a souligné le gouverneur de Bank Al-Maghrib, Abdelattif Jouahri, dans un courrier adressé au GPBM.

Ce constat préoccupant a été mis en exergue lors de récentes rencontres organisées par Bank Al-Maghrib avec le Centre de médiation bancaire et différentes fédérations de protection des consommateurs.

Dans ce contexte, BAM a jugé nécessaire d’adopter des mesures concrètes en partenariat avec le GPBM afin d’améliorer l’expérience client dans les agences bancaires, selon les termes de la lettre adressée au GPBM.

La commission mixte BAM-GPBM aura pour mission principale d’analyser en profondeur les pratiques actuelles en matière d’accueil et de service à la clientèle. Elle identifiera les meilleures pratiques, définira des indicateurs de suivi et proposera des solutions concrètes visant à garantir un niveau de service homogène et satisfaisant dans toutes les banques du pays.

En outre, cette commission élaborera une charte interbancaire qui servira de cadre de référence pour adopter les bonnes pratiques minimales et uniformes au sein du secteur bancaire. Cette charte contribuera à renforcer la confiance entre les banques et leurs clients tout en consolidant l’image et la réputation du secteur financier marocain.

Bank Al-Maghrib insiste sur le fait que la qualité de l’accueil en agence est un élément clé de la satisfaction et de la fidélisation des clients. Un service de qualité favorise également l’inclusion financière en incitant davantage de citoyens à utiliser les services bancaires formels.

La baisse du taux directeur prend effet ce jeudi 20 mars

Lors de sa première réunion trimestrielle de 2025, le Conseil de Bank Al-Maghrib a décidé de réduire, pour la deuxième fois consécutive et la troisième depuis juin dernier, le taux directeur de 25 points de base (pbs) à 2,25%.

Cette décision tient compte de l’évolution prévue de l’inflation à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix, et vise à renforcer son soutien à l’activité économique et à l’emploi.

Le Conseil continuera de suivre de très près l’évolution de la conjoncture et de fonder ses décisions réunion par réunion sur la base des données les plus actualisées.

Bank Al-Maghrib envoie un signal rassurant au marché, premières réactions

Alors que la majorité des investisseurs s’attendaient à un statu quo, Bank Al-Maghrib a créé la surprise ce mardi en annonçant une nouvelle baisse de son taux directeur de 25 points de base, le ramenant à 2,25%. Il s’agit de la deuxième diminution consécutive et de la troisième depuis juin dernier.

Cette décision intervient dans un contexte où l’inflation est largement maîtrisée, après deux années de niveaux élevés. Elle est revenue à 0,9% en moyenne en 2024, et devrait rester modérée autour de 2% au cours des deux prochaines années, selon les projections de la Banque centrale. Un élément clé qui a sans doute conforté le conseil dans sa décision, d’autant que les anticipations d’inflation restent bien ancrées, tant du côté des experts que du secteur financier.

Mais au-delà de la stabilité des prix, Bank Al-Maghrib cherche à soutenir davantage la croissance économique et l’emploi, à un moment où l’investissement, notamment dans les infrastructures, donne une réelle impulsion à l’activité non agricole. Dans cet esprit, un nouveau programme de soutien au financement des très petites entreprises (TPE) a été annoncé, incluant un refinancement bancaire à un taux préférentiel.

Ce geste, perçu comme un signal d’accompagnement de la reprise économique, marque aussi un alignement avec les tendances monétaires internationales, où plusieurs grandes banques centrales, dont la BCE, ont opté pour un assouplissement de leurs politiques.

Quelle a été la réaction du marché face à cette décision ?

Selon une enquête réalisée en mars 2025 par Attijari Global Research auprès de 35 investisseurs influents, une majorité écrasante (94%) anticipait un maintien inchangé du taux directeur de Bank Al-Maghrib lors de son conseil trimestriel.

Seuls 6% des investisseurs prévoyaient une baisse de 25 points de base. Parmi les différentes catégories interrogées, les investisseurs institutionnels locaux estimaient à 91% la probabilité d’un statu quo, tandis que les acteurs de référence l’évoquaient à un taux similaire de 93%. En revanche, les investisseurs étrangers et les personnes physiques envisageaient unanimement une baisse.

Face à cette surprise, plusieurs analystes de la place financière ont partagé avec Médias24 leurs impressions.

« Ce n’était pas prévu du tout. Effectivement, c’était inattendu, mais c’est une bonne chose pour le marché », explique un analyste d’une société de bourse. « C’est positif pour le marché actions, et même pour le marché obligataire. Le marché va réagir positivement à partir de demain [mercredi 19 mars] ».

« Bank Al-Maghrib n’est pas là pour envoyer des signaux au marché. Elle agit pour stabiliser les prix et gérer la politique monétaire. Une baisse ou une hausse, ce n’est pas pour jouer en faveur de tel ou tel marché. Oui, c’était sûrement inattendu aussi tôt dans l’année, mais on s’attendait tout de même à une ou deux baisses des taux en 2025. La surprise, c’est surtout le timing, pas forcément la direction prise par Bank Al-Maghrib », estime une autre source.

« Vu que l’inflation est bien maîtrisée, autour de 2%, Bank Al-Maghrib avait de la marge pour agir. La baisse n’était pas urgente, mais elle montre une volonté d’anticiper et de soutenir l’activité, notamment pour les petites entreprises ».

« C’est une annonce qui va clairement rassurer les investisseurs. Même si elle n’était pas attendue maintenant, le marché va y voir un signal de soutien à la croissance. On devrait voir une réaction positive sur les actions, dès demain mercredi », estime-t-il.

Une autre source du marché financier conclut : « Je pense que cette décision, prise alors que le consensus misait sur un statu quo, est un signal important envoyé par Bank Al-Maghrib. À mon sens, cela montre que l’inflation est désormais sous contrôle et que la Banque estime qu’elle peut soutenir l’économie sans prendre de risques excessifs. C’est une manière mesurée d’encourager l’investissement et l’emploi, notamment au niveau des petites entreprises, tout en restant vigilante. Ce n’est pas un changement de cap, mais un accompagnement réfléchi de la reprise« .

Quelles sont les implications de la décision ?

D’abord, la baisse du taux directeur pousse les banques commerciales à ajuster leurs taux débiteurs à la baisse, ce qui facilite l’accès au financement pour les ménages et les entreprises. Cela est particulièrement bénéfique pour les TPME, souvent confrontées à des obstacles pour obtenir des crédits. Avec des conditions de financement plus favorables, elles peuvent investir, se développer et participer davantage à la création d’emplois.

En parallèle, la réduction du coût du crédit crée un environnement propice à l’investissement. Les entreprises sont incitées à lancer ou à accélérer leurs projets, notamment dans des secteurs porteurs comme les infrastructures. Cette dynamique d’investissement soutient la croissance économique, renforce la productivité et crée des opportunités d’emploi à moyen terme.

La consommation intérieure doit également bénéficier de cette mesure. En rendant le crédit plus accessible, la demande intérieure se renforce, sans pour autant créer une pression inflationniste excessive. Les prévisions montrent que l’inflation reste maîtrisée, ce qui donne à la Banque centrale une marge de manœuvre confortable pour accompagner la relance.

Au-delà de ces impacts directs, « la décision de la Banque centrale envoie un signal fort au marché. Elle témoigne d’une confiance affirmée dans la capacité à maîtriser l’inflation, ce qui justifie un assouplissement de la politique monétaire sans prise de risque majeure. Elle marque également une volonté nette de soutenir la croissance. En réduisant le coût du financement, Bank Al-Maghrib montre son engagement à accompagner l’investissement productif et à renforcer la dynamique économique, notamment dans un contexte où la croissance non agricole est attendue autour de 4,2% », estime un de nos interlocuteurs.

Qu’en est-il du marché des actions et des obligations ?

Sur le marché obligataire, une baisse des taux se traduit par une augmentation de la valeur des obligations existantes, notamment celles à taux fixe. Pourquoi ? Parce que ces titres, émis à des taux supérieurs à ceux désormais en vigueur, deviennent plus attractifs, ce qui pousse leurs prix à la hausse. Les investisseurs détenant ces titres peuvent réaliser des plus-values, surtout à court terme, où la sensibilité des prix à l’évolution des taux est plus forte.

En conséquence, cette décision renforce la performance des portefeuilles obligataires, notamment pour les acteurs institutionnels exposés aux titres publics et privés à court et moyen terme. Elle favorise également les nouvelles émissions, qui pourront se financer à moindre coût.

Sur le marché actions, l’effet est également positif. D’abord, la baisse du taux directeur conduit à une réduction du taux d’actualisation utilisé pour évaluer les flux de trésorerie futurs des entreprises. Cela se traduit par une hausse mécanique de leur valorisation. Ensuite, l’accès au crédit devient moins coûteux, ce qui peut encourager les entreprises à investir davantage, à améliorer leurs marges, et donc à soutenir leurs bénéfices futurs.

« D’ailleurs, le MASI a clôturé la séance du 18 mars avec une hausse de 0,98% et avec des niveaux de volumes conséquents. En effet, malgré des horaires de cotation réduits en raison du mois sacré de Ramadan, le niveau de volumes sur le marché central a été supérieur à la moyenne des volumes de transaction sur le marché central sur 3 ans, de 191 millions DH, sur un an, de 308,2 millions DH et de la moyenne 2025 qui est de 462,1 millions DH. Cela démontre que le mouvement de hausse actuel est supporté par des volumes de transactions significatifs », expliquent Jérôme Boumengel et Tarik Amiar, les fondateurs d’African Financial Investment.

« D’un point de vue fondamental, cette réduction du taux d’intérêt directeur favorable à la classe d’actif actions intervient alors que la croissance de la capitalisation boursière moins la croissance du PIB continue à évoluer dans une zone que l’on peut considérer comme modérée« .

« Les indicateurs prospectifs continuent de plaider pour une poursuite de la hausse de l’indice phare de la Bourse de Casablanca. Le BPA indiciel prospectif sur 12 mois continue son mouvement haussier et l’indicateur de croissance en glissement annuel du BPA indiciel prospectif sur 12 mois continue lui aussi à être bien orienté », ajoutent-ils.

« Quant à lui, le PE prospectif de l’indice sur 12 mois revient vers sa moyenne historique sur fond de reprise de la croissance des perspectives bénéficiaires, ce qui fait que la Bourse de Casablanca affiche un niveau de valorisation modéré », concluent M. Boumengel et M. Amiar.

Les investisseurs anticipent généralement une dynamique haussière sur les marchés boursiers dans les jours qui suivent ce type d’annonce, notamment pour les secteurs sensibles aux taux comme l’immobilier, la consommation ou encore les services financiers.

Bank Al-Maghrib baisse le taux directeur à 2,25%

Le Conseil a jugé opportun de baisser le taux directeur à 2,25 %, indique Bank Al-Maghrib dans un communiqué. Il continuera de suivre de très près l’évolution de la conjoncture et de fonder ses décisions réunion par réunion sur la base des données les plus actualisées.

Sur le plan international, « les perspectives, qui laissent entrevoir la poursuite du ralentissement, restent entourées de fortes incertitudes liées notamment à l’orientation des politiques économiques, en particulier commerciales. Ces évolutions, conjuguées au repli attendu des prix de l’énergie et à la détente sur les marchés du travail, se traduiraient par une poursuite de la décélération de l’inflation qui demeurerait néanmoins à des niveaux au-dessus des cibles des banques centrales des principales économies avancées ».

Au niveau national, le Conseil a relevé :

 

BAM publie un guide pratique sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme

Bank Al-Maghrib (BAM), en collaboration avec l’Autorité nationale du renseignement financier (ANRF), la Commission nationale chargée de l’application des sanctions prévues par les résolutions du Conseil de sécurité des Nations-Unies, l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS), a publié une première version de son guide pratique relatif à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC-FT).

Ce guide, qui s’inscrit dans le cadre du renforcement des actions de sensibilisation du public aux risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, explique ce qu’est le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et présente les normes internationales en la matière ainsi que le dispositif mis en place au Maroc pour s’y conformer.

Il présente les acteurs clés du dispositif national, notamment l’Autorité nationale du renseignement financier, la Commission nationale des sanctions prévues par les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et les autorités du secteur financier ainsi que leurs missions.

Le document explore en profondeur les concepts fondamentaux tels que le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, détaillant les étapes d’une opération de blanchiment et les processus impliqués dans le financement du terrorisme. Le guide souligne l’importance cruciale de lutter contre ces menaces pour préserver l’intégrité du système financier mondial et prévenir les dommages qu’elles pourraient causer à la société.

Le cash en circulation augmente de 32,4 MMDH à fin septembre 2024

La circulation fiduciaire poursuit sa hausse. Depuis le début de l’année, elle a augmenté de 8,2% ou 32,4 MMDH. C’est ce que relèvent les dernières statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib, avec un encours total de 425,9 MMDH en circulation.

Si l’on prend une durée plus longue, une année glissante de septembre à septembre, la hausse ressort à 10,1% ou 39,1 MMDH.

Hausse des dépôts bancaires en septembre

À fin septembre 2024, les dépôts bancaires à caractère monétaire ont augmenté de 5,1%. Ils s’élèvent à 1.224,4 MMDH. Sur une année, les dépôts ont progressé de 92,3 MMDH ou 8,2%. 

Dans le détail, les dépôts à vue auprès des banques ont augmenté de 10,2% par rapport septembre 2023 à 860,9 MMDH.

Les dépôts à terme ont légèrement progressé de 2,2% depuis le début de l’année, atteignant 118,2 MMDH. Sur 12 mois glissants, ils ont progressé de 1,5%.

Medias24
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Le déficit de liquidité bancaire atteint son plus haut historique à 125 MMDH en juillet

Dans son document hebdomadaire revenant sur les taux, la société de recherche Attijari Global Research (AGR) évoque l’équilibre du marché monétaire au 22 août dernier.

Il en ressort que le marché monétaire reste équilibré du fait de la baisse de l’inflation. « L’inflation ressort à 1,3% à fin juillet contre 4,9% une année auparavant », rappelle AGR.

Les taux interbancaires sont restés alignés avec le taux directeur à 2,75% et l’indice MONIA qui représente le taux moyen pondéré des opérations de pension livrée au jour le jour a reculé de 3 points de base à 2,64%

La banque centrale a augmenté ses avances à 7 jours à 63,2 MMDH, comblant la totalité de la demande du système bancaire. Il s’agit d’une hausse de 2,1 MMDH par rapport à la semaine précédente.

Un déficit de liquidité historique poussé par les arrivées touristiques et la paie des fonctionnaires

Cette progression de la demande de cash provient de plusieurs facteurs, notamment de la demande croissante en cash durant les mois d’été.

En effet, les mois de juillet et août sont ceux où la progression de la monnaie fiduciaire est la plus remarquable.

Le déficit de liquidité a ainsi atteint un record en juillet 2024 avec une hausse de 37 MMDH par rapport à la même période de l’année dernière pour se fixer à 125,3 MMDH. Il s’agit, comme le rappelle AGR d’un plus haut historique.

Cette progression est notamment poussée par les arrivées touristiques. « La saison veut cela. Lors des arrivées de voyages, il y a une forte demande en cash de la part des personnes physiques locales et étrangères. Il faut aussi prendre en compte que les entreprises sont en vacances sur la période, donc il n’y a pas d’encaissement de chiffre d’affaires », nous explique une source de la place.

Dans son document, AGR, quant à elle, met également en avant « la paie des fonctionnaires et la préparation de la rentrée scolaire ».

Banques. Des prises de bénéfices qui défient la conjoncture

La publication des rapports annuels de la Banque centrale et ceux de sa Direction de la supervision bancaire fournissent une matière conséquente pour pouvoir évaluer non seulement la performance de l’économie nationale, mais aussi son pendant, le financement bancaire.

Des chiffres décorrélés de la conjoncture économique

On y apprend sans surprise depuis la publication des résultats des principales banques nationales qu’en 2023, la rentabilité des banques marocaines a montré une amélioration notable par rapport à l’année précédente. Le résultat net du secteur s’est établi à 12,7 milliards de DH, en hausse de 20,4%, alors même que le PIB n’a réalisé que 3,5% de croissance. Mieux encore, en 2023, le coût du risque a augmenté tout comme d’ailleurs celui des ressources bancaires.

Comment expliquer cette magnifique embellie, alors que l’économie nationale reprend à peine du poil de la bête après la séquence Covid-19 et l’inflation post-reprise et guerre en Ukraine ?

Globalement, en termes de Produit net bancaire (PNB), mesurant la différence entre les produits et les charges d’exploitation bancaire, les marges d’intérêts se sont appréciées de 3,6% passant de 36,2 MMDH en 2022 à 37,5 MMDH en 2023. En termes relatifs, dans la structure du PNB, cette part s’est rétractée à 67% contre 75% en 2022.

Cette baisse relative de la participation des marges d’intérêt, principal produit des banques, dans la structure du PNB est due aux performances exceptionnelles des marges sur opérations de marché qui ont bondi à 10,4 MMDH en 2023 contre seulement 4 MMDH en 2022. Les marges sur commissions sont, elles, passées de 8,4 à 9 MMDH.

Captation de valeur

Dit simplement, les banques marocaines ont pu dégager une rentabilité plus qu’intéressante à la faveur d’une conjoncture de taux élevés.

Dans le détail, en 2023, les taux débiteurs, c’est-à-dire ceux facturés aux clients, ont connu une augmentation moyenne de près d’un point de pourcentage contre une hausse du coût des ressources, c’est-à-dire essentiellement la rémunération de l’épargne, de seulement 0,5 point de pourcentage.

Selon les chiffres de Bank Al-Maghrib, le taux débiteur moyen est passé de 4,33% en 2022 à 5,26%, soit une augmentation de 93 PdB. Cette hausse est due en partie à l’augmentation des taux des crédits aux particuliers et aux entreprises, conséquence de l’augmentation du taux de la Banque centrale. En contrepartie, le coût moyen des ressources bancaires est passé de 0,98% à 1,42%, soit une augmentation de seulement 44 PdB.

Cette différence relative de 49 PdB permet aux banques d’améliorer leur rentabilité sans produire beaucoup de crédits, puisque, la croissance moyenne de l’octroi du crédit était en 2023 d’à peine 4,8%, contre 6,1% en 2022.

C’est d’ailleurs une des principales caractéristiques du système bancaire marocain : la décorrélation entre le coût des ressources et les taux débiteurs. Le système favorise ainsi une indexation de ces taux sur le taux interbancaire plutôt que sur le coût des ressources et d’exploitation de chaque banque. Ce qui fait que la concurrence ne se joue qu’à la marge, surtout auprès des grands comptes avec de gros montants, tandis que l’essentiel du marché est constitué de TPME et de particuliers.

Des ressources quasi gratuites

Cette « anomalie » permet aux banques de maintenir de larges marges brutes au niveau du crédit, car la plupart de leurs ressources ne viennent ni du marché interbancaire ni des avances et pensions de la Banque centrale.

Elles viennent des dépôts, en grande majorité gratuits, des clients de ces mêmes banques. Ce faisant, les banques appliquent textuellement le fameux adage marocain : « Frire avec sa propre graisse ».

À plus de 70%, les dépôts bancaires à vue – et donc gratuits au Maroc – représentent le principal matelas de liquidité des établissements financiers permettant de donner le crédit. À 820 MMDH en 2023, dont 621 MMDH de dépôts de particuliers, ces dépôts couvrent près de 75% de l’encours bancaire pour la même année (1.111 MMDH). Arrivent en deuxième lieu les comptes sur carnet à 183 MMDH, puis les dépôts à terme à 128 MMDH. Le renchérissement relatif des rémunérations de ces deux derniers segments a fait que le coût de la ressource a légèrement augmenté. Toutefois cette rémunération n’était pas aussi importante que celle des taux débiteurs.

Selon le dernier rapport annuel de la Banque centrale, la hausse des taux créditeurs était « limitée » à 34 PdB pour ceux à 6 mois à 2,45%, et de 31 pb pour ceux à 12 mois à 2,79% à fin 2023.

Le reste des ressources des banques est constitué essentiellement par leurs fonds propres et les dettes contractées auprès de la Banque centrale, à près de 130 MMDH en 2023. Viennent enfin les dettes que les banques contractent entre elles à travers le marché interbancaire, à plus de 32 MMDH.

L’Etat a aussi joué un rôle crucial dans la rentabilité des banques en 2023. Cela s’est fait notamment à travers les systèmes de garanties pouvant atteindre 80%, voire 100% pour les crédits aux entreprises et certaines catégories de particuliers, notamment les segments les plus risqués.

L’État prend en charge le risque…

Divers programmes ont été mis en place pour soutenir les entreprises, notamment comme les programmes de Tamwilcom (ex-Caisse centrale de garantie), réduisant ainsi le risque bancaire associé à ces prêts. Les garanties de l’État aussi bien aux entreprises et particuliers ou à travers la garantie aux Entreprises et établissement publics (EEP) ont permis de maintenir des niveaux de solvabilité et de liquidité confortables pour les banques, contribuant à la stabilité et la rentabilité du secteur.

Selon le communiqué de Tamwilcom, issu de son conseil d’administration tenu en mars (en attendant le rapport annuel), les mécanismes de financement garanti ont enregistré une croissance de +14% par rapport à 2022, alors que la croissance globale du crédit bancaire aux secteurs non financier était à peine de 2,7%. L’augmentation des prêts garantie ont permis un encours de plus de 53 MMDH, selon le communiqué. Or il se trouve que la croissance de l’encours global, tous secteurs confondus, était d’à peine 56 MMDH, selon les chiffres de Bank Al-Maghrib.

Cette croissance était, selon le rapport de la Direction de la supervision bancaire, essentiellement tirée par les prêts aux EEP qui ont crû de plus de 20 MMDH. Ces prêts sont bien évidement sans risques, et bénéficient en outre de la garantie de l’Etat.

Combinés, ces mécanismes de garantie en plus de l’augmentation significative des emprunts aux EEP ont ainsi largement contribué à juguler la hausse du coût du risque et à améliorer le taux d’emploi des ressources.

Ce faisant, l’Etat contribue largement aux bénéfices des banques en dé-risquant les compartiments de crédit les plus risqués, notamment ceux portés par les TPME (91% des engagements de Tamwilcom), tout en offrant des niveaux de rentabilité supplémentaires pour les banques, aussi bien dans le segment des prêts aux EEP qu’aux nouvelles catégories d’entrepreneurs, grâce aux programmes comme Intelaka qui a généré plus de 9 MMDH d’encours supplémentaires au secteur bancaire. Au total, ce sont près de 28 MMDH qui ont été accordés par la Banque centrale pour les divers régimes de soutien aux crédits risqués dans le cadre des programmes de soutien au financement de la TPME, des associations de micro-crédit, des banques participatives, etc.

… et offre de l’activité bien rémunérée

C’est à se demander si la fonction de prise de risque du secteur bancaire au niveau de l’économie nationale n’est pas partiellement prise en charge par l’Etat, au service du maintien du niveau de rentabilité des banques. Ce qui soulève aussi la question du risque dégagé des bilans des banques, mais qui pèse désormais sur Tamwilcom qui a vu ses engagements, selon sa communication financière de 2023 atteindre 119 MMDH, soit quasiment 11% de l’encours du crédit au Maroc.

L’autre source de revenus offerte par l’Etat aux banques, même de manière indirecte, est générée par l’augmentation des besoins de financement du Trésor, prélevée sur le marché. À la faveur de l’augmentation des taux, ainsi que celui du besoin de financement public, les banques ont pu plus que doubler leurs marges sur les opérations de marché. Ainsi, comme cité en début d’article, ce compartiment du produit net bancaire est passé de 4 MMDH à plus de 10 MMDH, réalisant de fait une année historique pour les banques qui se voient largement récompensées pour leur soutien au déficit public.

À cela s’ajoute l’augmentation des divers revenus de commissions prélevées, parfois de manière indue. Ainsi les commissions perçues sur prestations de services ont totalisé près de 10 MMDH, marquant une progression de 7%, en relation avec l’amélioration des revenus issus des commissions sur moyens de paiement de 11,5%, alors même que le nombre d’ouvertures de compte ou la distribution de nouvelles cartes bancaires n’ont augmenté que de 7%, et que les charges générales d’exploitation des banques n’ont augmenté que de 2,6%. Le retard accumulé par l’Etat pour la mise en place d’une digitalisation accélérée du secteur ainsi que l’ouverture de fenêtres concurrentielles significatives dans la dématérialisation des moyens de paiement et le déploiement des solutions de fintechs maintiennent ces niveaux de commissionnement élevés, parfois de manières artificielles et sans valeur ajoutée concrète pour l’économie et les usagers.

Mis bout à bout, ces éléments montrent bien que le secteur s’en sort avec des marges intéressantes sans finalement prendre trop de risques – sa raison même d’exister. Ces chiffres importants pointent, d’une part, la bienveillance de l’Etat vis-à-vis du secteur financier en évitant de le bousculer, notamment par une ouverture à la concurrence et, d’autre part, un glissement du secteur vers une position de rente confortable. Alors que les enjeux économiques du Maroc se complexifient dans un environnement mouvant, la place du secteur bancaire dans le financement compétitif de l’activité économique se pose plus que jamais avec acuité.

Voici comment s’est comporté le secteur bancaire en 2023

L’année 2023 a écumé les challenges dans le domaine de la stabilité financière mondiale. L’inflation et les resserrements de politique monétaire qui s’en sont ensuivis dans le monde ont mis sous pression les équilibres financiers.

Dans sa 11e édition, Bank Al-Maghrib (BAM) a dressé son rapport annuel de stabilité financière en 2023. La Banque centrale est notamment revenue sur la solidité des institutions bancaires du pays, principale source de financement de l’économie.

BAM relève que, malgré le contexte difficile, les banques sont parvenues à maintenir une solidité de leur fondamentaux au regard des principaux indicateurs d’activité, de rentabilité, de liquidité et d’adéquation des fonds propres.

La Banque centrale note toutefois une décélération de l’activité bancaire en 2023. « En 2023, le total agrégé des actifs des banques a atteint 1.789 MMDH, en hausse de 4,8%, contre 7,6% un an auparavant, soit 122% du PIB contre 128% en 2022, sous l’effet de la décélération aussi bien des crédits que des dépôts bancaires.

Cependant, si le rythme de progression des crédits ralentit, la diversification du portefeuille s’améliore.

Les ménages représentent près de 30% du portefeuille crédit des banques

Le portefeuille crédit des banques est diversifié sur le plan sectoriel. Les ménages captent la part la plus importante, « avec une part de 29%, cumulant un encours de 319 MMDH, suivis des ‘activités financières’, avec un montant de 158 MMDH, soit une part de 14%, des ‘autres services’, avec un montant de 156 MMDH, soit une part de 14%, et des industries manufacturières, avec un montant de 101 MMDH représentant 9% », précise le rapport de BAM.

Le secteur bancaire est légèrement moins concentré en 2023 qu’en 2022 avec une amélioration de l’indice de Herfindhal-Hirschman [IHH, qui va de 0 à 1, ndlr] à 0,134 contre 0,138 en 2022. Cette baisse dénote une plus grande diversification sectorielle du portefeuille crédit destiné aux entreprises.

L’un des points également abordés dans le rapport concerne les créances en souffrances, en hausse par rapport à l’année précédente.

Un rebond des créances en souffrance, mais des provisions suffisantes

Après une légère accalmie du niveau des créances en souffrances en 2022, un rebond de 6,7% a été observé l’an dernier, atteignant un total de 94,8 MMDH. « Le taux moyen de sinistralité dans le secteur bancaire a légèrement augmenté à 8,5% en 2023, après 8,4% en 2022 », indique le rapport.

Cette hausse est principalement conduite par une évolution plus prononcée des impayés des entreprises non financières, par rapport à ceux des ménages. Les créances en souffrances des ménages ont augmenté de 6,5% en 12 mois à 41,8 MMDH, alors que celles des entreprises non financières ont affiché une hausse de 6,9%, à près de 70 MMDH, soit un taux de risque de 11,4%. « Leur répartition sectorielle montre une augmentation de 3,1% dans le secteur primaire, représentant respectivement 21,7% et 8,9% des crédits octroyés aux secteurs de la pêche et de l’agriculture », indique le rapport. Dans le secteur du BTP, une hausse de 14,1% des créances en souffrance a été observée.

Malgré ce rebond, le niveau de provision des banques permet de garantir un taux de couverture. « Le montant des provisions spécifiques a atteint près de 64 MMDH, enregistrant une augmentation de 5,3%, contre 5,8% en 2022, stabilisant le taux de couverture autour de 68% », explique le rapport.

En plus des provisions règlementaires, les banques ont augmenté de 681 MDH leurs provisions générales pour atteindre 13,9 MMDH. « Ces provisions servent, en sus des fonds propres prudentiels, de matelas pour couvrir les risques non avérés liés aux secteurs sensibles aux fluctuations économiques », précise BAM.

Les activités de marché ont dopé les résultats

Dans son rapport, la Banque centrale souligne que les banques ont nettement amélioré leurs profits en 2023, avec une progression du résultat net du secteur de 20,4%. Cette hausse notable est principalement conduite par l’amélioration très forte des opérations de marché de 158%, dans un contexte de hausse des taux monétaires et obligataires.

Les revenus des banques ont affiché une hausse de 16,5% à 58,4 MMDH. Cette progression des revenus est tirée notamment par « une hausse de 6,8% de la marge sur commissions, d’un rebond du résultat des opérations de marché et, dans une moindre mesure, d’une hausse de 3,5% de la marge d’intérêt », précise le rapport.

La marge d’intérêt continue de peser de façon prépondérante (72%) dans le PNB des banques. « La part de la marge sur commissions est restée stable autour de 15% en 2023, tandis que le résultat des opérations de marché a retrouvé son niveau des années 2016-2021, s’établissant à 18% », précise le rapport.

Le coefficient moyen d’exploitation des banques en 2023 s’établit ainsi à 46,6%, comparé à 52,9% en 2022. Le coût du risque a progressé de son côté de 22,7% à 16,4 MMDH.

« La rentabilité des banques s’est améliorée avec un ratio de rentabilité des fonds propres (ROE) à 8%, contre 6,9% l’année précédente », conclut le rapport.