La Chaouia prépare le grand basculement hydrique grâce à l’interconnexion Bouregreg–Oum Er-Rbia

La Direction de l’irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole du ministère de l’Agriculture a lancé un appel d’offres international pour la réalisation d’un schéma directeur de développement de l’irrigation dans la région agricole de la Chaouia.

La situation est critique dans ce bassin où le barrage Al Massira, l’un des plus importants du Maroc, est presque à sec après sept années de sécheresse consécutives.

Vital, ce schéma directeur doit ouvrir la voie à l’irrigation et cela se fera en même temps que l’exécution du projet d’interconnexion entre les bassins de Bouregreg et d’Oum Er-Rbia, prévu d’être lancé avant décembre 2025.

Un canal, non loin du barrage Al Massira.

Avec un coût global de 3,6 millions de dirhams, la mise en œuvre de ce schéma directeur devra intervenir dans un délai total de sept mois suivant l’attribution du projet.

L’objectif affiché dans le bassin de la Chaouia est de passer d’un bassin structurellement déficitaire à un bassin excédentaire. Cela permettra d’envisager le développement de l’irrigation sur de nouvelles terres.

Sur le plan concret, le schéma d’aménagement devrait définir les zones disposant d’un potentiel agro-socioéconomique pour l’aménagement hydroagricole à partir des ouvrages d’interconnexion.

Dans cette région historiquement vouée à la céréaliculture, ce schéma directeur devra identifier les zones d’agriculture pluviale (Bour) à haut potentiel qui pourraient bénéficier d’une irrigation de complément.

Concernant les zones irriguées situées près des grands réservoirs existants, le schéma étudiera celles qui sont susceptibles d’être renforcées ou réalimentées en eau.

Parallèlement, il évaluera, dans les zones d’irrigation privée, les mesures de sauvegarde ou de réalimentation possibles.

Ainsi, la superficie des terres susceptibles de bénéficier du projet d’interconnexion dans la Chaouia est globalement estimée à 250.000 hectares. Cette superficie sera répartie théoriquement comme suit : la Haute Chaouia (140.000 ha), la Basse Chaouia au niveau de la nappe de Berrechid (50.000 ha), et la zone d’El Gara-Nfidfikh (60.000 ha).

À l’issue de cette étude, trois projets prioritaires seront montés, totalisant une superficie de l’ordre de 80.000 ha, correspondant à des zones de très hauts potentiels sélectionnées sur la base des résultats techniques et économiques.

Pour chaque projet, l’étude devra calculer la rentabilité financière et économique sur des périodes de 20 et 30 ans, et prévoir un format adapté aux standards utilisés par les principaux bailleurs de fonds internationaux pour la préparation des documents de financement de projets d’investissement publics.

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Un projet d’interconnexion des bassins du Laou, du Loukkos et du Sebou, et de transfert vers le barrage Al Massira, à l’étude

Ce projet structurant consiste à interconnecter les bassins du Laou, du Loukkos et du Sebou et à transférer l’eau vers le barrage Al Massira, dont les ressources sont très faibles, en passant par le bassin du Bouregreg.

Il intervient à la suite de la succession d’années de sécheresse et des défis croissants liés à la gestion durable des ressources en eau. Dans ces conditions, la nécessité d’une approche stratégique pour optimiser la répartition et l’utilisation des eaux de surface est devenue impérative.

« Ce projet de transfert Nord-Sud », explique la Direction des aménagements hydrauliques dans les documents de ce marché, « vise à valoriser les volumes d’eau actuellement perdus en mer dans le nord du pays et à renforcer la solidarité inter-bassins, en améliorant ainsi la flexibilité et la résilience du système hydraulique national ».

Mobiliser et exploiter près d’un milliard de m3 d’eau

Le projet s’inscrit donc dans une vision à long terme de gestion intégrée et optimisée des ressources en eau, pour répondre aux besoins croissants en eau potable et en irrigation, tout en assurant une meilleure résilience face aux effets du changement climatique.

À terme, ce projet de transfert Nord-Sud permettra la mobilisation et l’exploitation de près d’un milliard de m3 d’eau, garantissant ainsi une répartition spatiale plus équilibrée des ressources hydriques à l’échelle nationale.

Cette interconnexion des bassins représente une solution durable pour :

– optimiser la gestion des ressources en eau en valorisant les eaux excédentaires et en réduisant les pertes en mer ;

– sécuriser l’approvisionnement en eau potable pour les populations des régions concernées et améliorer l’irrigation des périmètres agricoles bénéficiaires ;

– renforcer la résilience des infrastructures hydrauliques et la flexibilité des systèmes de gestion face aux aléas climatiques ;

– soutenir le développement socioéconomique des territoires impactés, qui abritent une population importante et bénéficient d’investissements publics stratégiques.

Cette étude vise ainsi à définir les modalités techniques, économiques et environnementales optimales pour la mise en œuvre de ce projet d’envergure, en cohérence avec les objectifs de développement durable et de sécurité hydrique du pays.

Un coût d’étude estimé à 10,3 MDH et un délai de réalisation fixé à 19 mois

La réalisation de cette étude est estimée par la Direction des aménagements hydrauliques à 10,32 millions de DH. Elle devra être réalisée en 19 mois.

Cette étude implique d’abord une analyse critique et une synthèse des études existantes. Le titulaire du marché devra ensuite valider les évaluations des ressources en eau excédentaires dans le bassin du Laou et ses zones limitrophes, puis définir et comparer les différentes options de schémas de transfert.

Il devra enfin réaliser une étude d’avant-projet sommaire et une seconde étude détaillée, avant d’établir les dossiers de consultation des entreprises.

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Autorisation du projet Xlinks au Royaume-Uni, un processus long et complexe

Le Royaume-Uni a mené une transition énergétique remarquable ces dernières années, réduisant considérablement ses émissions de CO2 liées à la production d’électricité. Selon les données du National Energy System Operator (NESO), le pays a atteint un nouveau record en matière de production d’électricité bas carbone en 2024, grâce à une diminution significative de la part des combustibles fossiles, qui est passée de 76,33% en 2010 à 25,7%, au profit des énergies renouvelables, dont la contribution est passée de 2,04% à environ 41,85% en 2024.

Sur la même période 2010-2024, non seulement la part des énergies renouvelables a progressé, mais également celle des importations qui a atteint 16,38% du mix énergétique, dépassant ainsi la part de l’énergie nucléaire, estimée à environ 14,29%.

Cependant, face à une demande accrue cet hiver, le réseau électrique britannique a lancé à trois reprises des alertes au marché de la capacité, exhortant les producteurs à augmenter leur production, signalant un risque imminent de pénurie.

Une annonce qui a été saisie par la compagnie Xlinks pour plaider l’importance de son projet d’interconnexion électrique entre le Maroc et le Royaume-Uni, surtout l’hiver où le vent ne souffle pas trop pour faire tourner les éoliennes britanniques.

Selon le journal The Guardian, la dernière note de marché de capacité a conduit à des dépenses records d’environ 12 millions de livres sterling, atteignant jusqu’à 5.000 livres sterling le mégawattheure, plus de 50 fois le prix habituel du marché pour fournir seulement 3 heures d’électricité supplémentaires. Par contre, le projet Xlinks promet un coût de production bien plus compétitif, à hauteur de 100 livres sterling le mégawattheure une fois la connexion établie.

Rappelons que d’ici 2030, ce projet vise à connecter le Maroc au Royaume-Uni par quatre câbles sous-marins à haute tension, transportant une puissance de 1,8 GW chacun. Un projet qui sera bâti sur une superficie de 1.500 km2 d’énergie solaire et éolienne combinée (7 gigawatts d’énergie solaire, 4,5 gigawatts d’énergie éolienne et 5 gigawatts de batteries) représenterait 8 % de l’énergie du Royaume-Uni, livrée dans les cinq premières années suivant le début de sa construction.

Autorisation de planification du projet, une procédure longue et très stricte au Royaume-Uni

Au Maroc, toutes les autorisations préalables ont été obtenues et les études de terrain ont été menées à bien dans la partie marocaine, le tronçon le plus long du projet. Du côté britannique, le projet est considéré comme une infrastructure d’importance nationale nécessitant une notice de consentement au développement (DCO), l’équivalent d’une étude d’impact environnementale (EIE), pour être approuvé.

Au Royaume-Uni, le projet soumis à l’examen de conformité environnementale comprend environ 371 km de câbles sous-marins de courant continu haute tension (CCHT), regroupés en deux paires qui viendraient à terre à Cornborough Range, dans le Devon, et se poursuivraient sur environ 14 km sur terre jusqu’à deux stations de conversion situées à l’ouest de la sous-station 400 kV d’Alverdiscott. Les stations de conversion seraient connectées à la sous-station 400 kV d’Alverdiscott par des câbles de CCHT.

 

Représentation 3D de la plateforme de conversion qui sera située à Devon, au Royaume-Uni.

La phase la plus longue et la plus complexe du processus d’autorisation, à savoir la phase de pré-candidature, a été menée à bien. Durant cette phase, qui dure en moyenne deux ans, le porteur du projet doit consulter les parties prenantes et élaborer un document de programme détaillant les modalités de cette consultation.

Suite à la soumission des documents requis et après les premières consultations avec les parties prenantes, le projet a reçu un avis favorable le 20 décembre 2024 et sera désormais soumis à une enquête publique. Une enquête qui permettra au public et aux autres parties prenantes de donner leur avis sur le projet.

La phase de pré-examen, d’une durée d’environ trois mois, est en cours. Durant cette période, l’autorité compétente est désignée et toute personne souhaitant s’exprimer sur le projet est invitée à s’inscrire. Vient ensuite la phase d’examen proprement dite, qui peut durer jusqu’à neuf mois.

À l’issue de cette phase, un rapport détaillé est établi et soumis au secrétaire d’État, qui dispose alors de trois mois pour prendre une décision. Compte tenu de ces délais réglementaires, le démarrage des travaux est envisagé pour début 2026 au plus tôt.

En attendant, Xlinks poursuit activement le développement de son projet

Fort de son classement en tant que projet d’intérêt national, Xlinks a déjà sécurisé environ 100 millions de livres sterling auprès d’investisseurs de renommée mondiale tels que Taqa d’Abou Dhabi, TotalEnergies, Octopus, Gie, Enova et Africa Finance Corporation, tous acteurs majeurs du secteur énergétique.

Tout en recherchant activement davantage d’investisseurs, l’entreprise dispose également de propositions intéressantes de la part d’agences de crédit à l’exportation et de banques commerciales pour des financements complémentaires.

Un autre aspect important de ce projet concerne l’approvisionnement. À ce jour, plus de 95 % des appels d’offres liés à la première phase de construction ont été lancés et ont reçu des réponses satisfaisantes, y compris dans le domaine de la production. Xlinks négocie actuellement avec le gouvernement britannique un contrat de différence, une option qui devrait être source de plus d’attractivité pour le projet.

Pour sa part, la société belge GeoXYZ, choisie par Xlinks, a mené à bien les premières études préalables du tracé du câble sous-marin, long de 4.000 kilomètres. Ces études ont notamment porté sur la reconnaissance des fonds marins, incluant l’identification de quatre canyons sous-marins et ont été finalisées en 2023.

Les campagnes d’études en cours ont pour objectif de lever les dernières incertitudes et de permettre à Xlinks de solliciter les autorisations nécessaires pour la pose du câble qui devra traverser également les eaux territoriales de l’Espagne, de la France et du Portugal. Elles porteront principalement sur des aspects plus spécifiques tels que la géotechnique et l’environnement afin de garantir la durabilité du projet et de minimiser son impact sur les écosystèmes marins.

Actuellement, le navire Geo Ocean III, mandaté pour réaliser les études géotechniques et environnementales, effectue des études dans la baie de Gascogne, en France.

Énergie-ANRE. Un chantier royal pour doter le secteur d’une instance puissante et améliorer sa lisibilité réglementaire

Le secteur énergétique marocain en général – électrique en particulier – vit, depuis plusieurs années, au rythme d’une série de réformes qui vont dans le sens de la modernisation et de la libéralisation du marché. Il s’apprête à passer un nouveau cap en matière de régulation. Lors du dernier Conseil des ministres, tenu ce mercredi 4 décembre, le Roi Mohammed VI a donné des instructions pour se pencher sur une refonte de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE).

Le Souverain appelle à transformer cette instance en « Autorité nationale de régulation du secteur de l’énergie, à travers la révision de la loi y afférente et l’élargissement de ses attributions ». La nouvelle ANRE devra « englober, outre l’électricité, toutes les composantes du secteur de l’énergie, à savoir le gaz naturel, les énergies nouvelles telles que l’hydrogène et ses dérivés, ainsi que les domaines de production, de stockage, de transport et de distribution ».

L’objectif est de doter le Maroc « d’un outil institutionnel de régulation indépendant et plus puissant », affirment des sources interrogées par Médias24. C’est que le secteur de l’énergie marocain a connu d’importantes évolutions et s’apprête à en vivre de nouvelles, notamment avec l’ouverture du segment de la moyenne tension (MT) aux EnR, et donc aux privés, la montée en puissance des Sociétés régionales multiservices (SRM), l’arrivée d’importants projets dans l’hydrogène… pour ne citer que ces exemples.

« La trajectoire de la transformation du secteur énergétique marocain, grâce aux reformes et chantiers structurants menés sur instructions royales, fait que le secteur est arrivé à un stade de maturité nécessitant de repenser sa régulation pour la faire converger avec les meilleures pratiques internationales en la matière », contextualise notre source.

La vision sous-jacente à cette refonte est d’avoir une « régulation intégrée » de l’énergie, qui « permet de mieux prendre en compte les équivalences et complémentarités entre les systèmes énergétiques et d’accélérer la transition énergétique », ajoute notre interlocuteur.

L’ANRE a pour mission de s’assurer du bon fonctionnement du marché de l’électricité, mais avec des prérogatives limitées. Elle a actuellement pour rôle de :

– s’assurer de l’accès équitable au réseau électrique national de transport et aux réseaux électriques de la distribution ;

– fixer le tarif d’utilisation du réseau électrique national de transport et les tarifs d’utilisation des réseaux électriques de la distribution ;

– arbitrer les différends entre les utilisateurs des réseaux de transport ou de distribution et les gestionnaires concernés ;

– sanctionner en cas d’infractions avérées ;

– accompagner la mise en œuvre de la transition énergétique nationale ;

– approuver les règles et le tarif d’accès aux interconnexions.

Son intervention se limite donc à la régulation du transport de l’électricité. La refonte demandée par le Souverain devra élargir le champ de régulation et le périmètre d’action de l’ANRE de la seule électricité à l’ensemble des segments de l’énergie : électricité, gaz naturel, hydrogène… et à toute la chaîne de valeur : production, stockage, transport, distribution…

Cette réforme est une avancée que l’écosystème ne peut que saluer, car cela donnera une meilleure lisibilité réglementaire à un secteur aux multiples acteurs et intervenants.

Cette visibilité est d’autant plus importante que le Maroc est sur le radar de nombreux investisseurs internationaux qui projettent d’y investir dans les énergies renouvelables ou encore l’hydrogène.

Elle permettra également d’améliorer l’efficience du secteur et de l’ensemble de sa chaîne de valeur. « La réforme qui sera engagée capitalisera sur l’expérience récente de l’ANRE [3 ans d’activité, ndlr], qui se distingue par rapport à de nombreux pays comparables », assurent nos sources.

L’ONEE toujours à la recherche d’un prestataire pour exploiter les installations de l’interconnexion entre le Sebou et le Bouregreg

L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) avait lancé, en juillet dernier, un appel d’offres pour l’exploitation et la maintenance de l’ensemble des installations et ouvrages entrant dans le cadre du projet d’interconnexion des bassins du Sebou (barrage de garde) et Bouregreg (barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah).

L’estimation des coûts des prestations était de 41,9 millions de DH.

Cependant, l’ouverture des plis effectuée le 5 septembre n’a pas abouti à la désignation d’un prestataire, rendant ainsi la procédure infructueuse. On peut donc s’attendre à ce qu’un nouvel appel d’offres soit lancé prochainement, car il s’agit d’un projet stratégique et décisif entre le bassin du Sebou, excédentaire, et le bassin du Bouregreg, désormais déficitaire. Le bassin du Bouregreg alimente le Grand Casablanca en eau potable et tout le littoral entre la Métropole et Rabat, ainsi que la capitale.

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Barrage. L’interconnexion entre Oued El Makhazine et Dar Khrofa opérationnelle en septembre 2024

Pour renforcer et diversifier l’approvisionnement en eau tout en réduisant la compétition entre les différents usages, le gouvernement a lancé plusieurs chantiers d’envergure, dont des projets d’interconnexion entre les bassins hydrauliques.

Actuellement, l’interconnexion entre les barrages Oued El Makhazine et Dar Khrofa est en cours de réalisation. Ce projet, qui aura une capacité de transfert de 100 millions de mètres cubes (Mm3) par an, « nous permettra d’irriguer 10.000 hectares et d’assurer l’approvisionnement en eau potable de la ville de Tanger », a affirmé le ministre de l’Agriculture devant un parterre d’universitaires, lors de son intervention à la Fondation Links le vendredi 14 juin, dans le cadre de la conférence intitulée « Eau et sécurité alimentaire : résilience et durabilité ».

Mohammed Sadiki a également précisé que « ce projet d’interconnexion sera livré fin août, début septembre 2024 ». 

À noter que la première tranche urgente de l’interconnexion des bassins Sebou-Bouregreg a été réalisée dans des délais records de 9 mois. Ce projet permet de capter et de transférer un volume annuel moyen de 350 à 400 Mm3, assurant ainsi l’approvisionnement en eau potable des villes de Rabat et Casablanca à partir du barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah.

Concernant l’interconnexion du Laou avec la Moulouya, « les études sont en cours pour analyser les options envisageables pour ce projet », a indiqué Ahmed Bouari, directeur de l’irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole, dans un précédent article.

Enfin, un autre projet est également prévu. Il s’agit du transfert de 60 Mm3 par an des eaux dessalées à partir de la station de dessalement de l’eau de mer d’OCP à Jorf Lasfar vers la station de traitement de Daourat, afin d’approvisionner en eau potable le sud de Casablanca.

À Meknès, un projet à 280 MDH pour sécuriser l’accès à l’eau potable

La première tranche de ce projet, qui consiste à renforcer la sécurisation de l’alimentation en eau potable du monde rural à partir du barrage Idriss 1er, est en cours de réalisation, a affirmé le directeur provincial de l’Office national de l’eau et de l’électricité (ONEE)- branche Eau, Khalid Rahel, dans un entretien accordé à la MAP, faisant état, dans ce cadre, de la réalisation à terme d’une dizaine de forages par l’Agence du bassin hydraulique de Sebou (ABHS) avant qu’ils ne soient équipés par l’ONEE. Quant aux deuxième et troisième tranches, a fait savoir M. Rahel, elles devraient être lancées incessamment.

Le projet concerne plusieurs communes rurales dont Lamhaya, Oued Jdida, Sidi Abdellah Lkhayat, Mghassiyin, Moulay Driss, Oualili, N’zala, Cherkaoua, Ain karma, Ain jemaa, Dar Oum Soltan, Ain Orma, Ait Ouallal, a-t-il dit.

A Meknès ville, la production de l’eau potable est assurée par l’Office national de l’eau et de l’électricité (ONEE), tandis que la distribution est gérée par la Régie autonome de distribution de l’eau et de l’électricité (RADEM). Selon M. Rahel, l’alimentation en eau potable dans la ville se fait de manière « normale ». Dans le milieu rural cependant, où la gestion est assurée par l’ONEE, la régression des forages au niveau de J’bel de Moulay Drisse a impacté l’approvisionnement des communes rurales de N’zlat Bni Ammar et Oualili.

Par ailleurs, la direction provinciale de l’ONEE-branche eau a entrepris une série de mesures et d’actions pour faire face à cette situation et réduire l’impact du stress hydrique sur l’alimentation en eau dans les différentes communes relevant du territoire de la province.

Parmi ces mesures, le responsable provincial a cité :

– la recherche et la réparation des fuites ;

– la réduction de la pression au niveau des réseaux de distribution ;

– la sensibilisation et le contrôle des industriels et des grands consommateurs ;

– l’organisation des campagnes de sensibilisations auprès de la société civile et du grand public.

La ville de Meknès est approvisionnée en eau potable depuis les sources de Btit et Ribaa à hauteur de 40% et les forages de Haj Kaddour, Saiss et Ras El Ma (30%). Une adduction du barrage Idriss 1er assure les 30% restant, selon des données de la RADEM.

Les services concernés sont à pied d’œuvre au niveau de la province, à l’instar du reste du Royaume, pour rationaliser l’utilisation de l’eau et sécuriser l’alimentation en cette denrée vitale, en application des directives royales qui accordent un intérêt particulier à cette question stratégique. Dans ce cadre, le gouvernement attache une importance capitale à cette problématique, en mobilisant des ressources financières et humaines conséquentes, et en mettant en place des comités de vigilance au niveau national pour assurer un suivi minutieux et responsable de cette question.

Dans cette optique, le gouvernement s’efforce d’accélérer la mise en oeuvre des projets s’inscrivant dans le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation. Ce dernier prévoit la réalisation de plusieurs barrages et l’exploitation optimale de leurs eaux, le dessalement de l’eau de mer et l’interconnexion des bassins hydriques, à l’instar du raccordement des bassins de Sebou et de Bouregreg, réalisé grâce à une expertise marocaine et dans un laps de temps très court.

(Avec MAP)

Deux groupements aux commandes du projet d’interconnexion des barrages Oued El Makhazine et Dar Khrofa

Le projet d’interconnexion du barrage Oued El Makhazine avec le barrage Dar Khrofa est composé de deux lots.

Le premier concerne les travaux de réalisation de la station de pompage et de la tranche 1 de la conduite d’adduction. Il a été confié au groupement SNCE-SOGEA-SOGETRAMA pour un montant de 271 millions de DH.

Quant au deuxième lot, qui englobe les travaux de réalisation de la tranche 2 de la conduite d’adduction, il a été attribué au groupement STAM-SAPEP pour un coût d’environ 527 millions de DH.

Le délai d’exécution de chaque lot est de 8 mois.

Pour une capacité de transfert d’un volume de 100 Mm³/an d’eau, avec un débit d’équipement de 3,2 m³/s, le projet d’interconnexion du barrage Oued El Makhazine au barrage Dar Khrofa s’inscrit dans le cadre de la sécurisation de l’alimentation en eau potable et industrielle (AEPI) du Grand Tanger.

Ce projet comporte, à titre indicatif, les ouvrages suivants :

– la conduite de raccordement de la station de pompage au barrage se fera par une conduite en acier DN1800 par piquage sur la conduite DN1200 sortant du barrage ;

– une station de pompage d’un débit de 3,2 m³/s ;

– une conduite de refoulement en acier de DN1800 ;

– une cheminée d’équilibre pour la protection des conduites de refoulement et d’adduction ;

– une conduite gravitaire de DN1800 sur environ 40 km ;

– un ouvrage de restitution au niveau du barrage Dar Khrofa ;

– une ligne aérienne de raccordement électrique avec postes départ et transformation.

Dans une déclaration à la presse, à l’issue de la réunion du comité de pilotage du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027, tenue en septembre dernier, le ministre de l’Equipement et de l’eau, Nizar Baraka, a affirmé que les efforts se poursuivent pour réaliser l’interconnexion des barrages Oued El Makhazine et Dar Khrofa en vue d’assurer l’approvisionnement en eau potable des habitants de Tanger.

Maroc-Portugal: accord pour actualiser les études techniques et le coût financier du projet d’interconnexion électrique

Signée par la ministre de la Transition énergétique et du développement durable, Leila Benali, et le ministre portugais de l’Environnement et de l’action climatique, Duarte Cordeiro, cette déclaration vise à renforcer les stratégies de développement des énergies renouvelables entre les deux pays, ainsi que les possibilités d’échange d’énergie entre les continents africain et européen.

Cette déclaration, dont la cérémonie de signature s’est déroulée au pavillon du Maroc à la COP28, a pour objectif également d’intensifier le dialogue afin d’assurer une transition énergétique résiliente et inclusive qui répond aux objectifs mondiaux dans le domaine du développement durable et du changement climatique, notamment en encourageant l’utilisation des énergies renouvelables et en accélérant la mise en œuvre de projets stratégiques d’intérêt commun, dont le projet d’interconnexion électrique entre les deux pays.

Au regard de leur position géographique en tant que passerelles entre l’Europe et l’Afrique, le Maroc et le Portugal entendent faire face conjointement aux enjeux de la transition énergétique, en particulier à travers le renforcement de l’intégration des marchés électriques dans un contexte international marqué par l’instabilité du marché et des chaînes d’approvisionnement des produits énergétiques.

Dans une déclaration à la presse à cette occasion, Leila Benali a affirmé que la mise en œuvre du projet d’interconnexion électrique entre le Maroc et le Portugal est importante pour les continents européen et africain, ajoutant que la signature de cette déclaration conjointe vise à actualiser les études techniques et le coût financier du financement de ce projet au niveau mondial.

De son côté, Duarte Cordeiro a souligné que les deux pays partagent les mêmes stratégies de développement des énergies renouvelables, ainsi que de l’hydrogène vert, notant que la mise en place d’un réseau électrique entre le Portugal et le Maroc contribuera à la neutralisation du caractère matériel de l’Europe.

(Avec MAP)

Roundup. Irrigation, eau potable… tout sur la nouvelle autoroute de l’eau

Le projet d’interconnexion hydrique entre le barrage de Sebou et celui de Sidi Mohamed Ben Abdellah a été finalisé le lundi 28 août 2023. L’exploitation commence progressivement avec un débit initial ne dépassant pas les 3 mètres cubes par seconde.

Le débit d’eau augmentera progressivement jusqu’à 15 m3 par seconde. Le timing est idéal, puisque selon la Direction générale de l’eau, relevant du ministère de l’Equipement et de l’eau, le taux de remplissage du barrage de Sidi Mohamed Ben Abdellah est actuellement à un niveau très bas. Soit 15,2%, l’équivalent de 148,6 millions de m3 sur une capacité de retenue de près d’un milliard de m3 [en fin d’article, vous pouvez consulter le dashboard de Médias24 sur l’évolution des réserves des barrages].

Ces dernières années, la pénurie d’eau et la répartition inégale des ressources qui caractérisent la situation hydrique du Royaume ont poussé le gouvernement à opérer des arbitrages en défaveur de l’agriculture, afin d’assurer l’essentiel, à savoir l’alimentation en eau potable des Marocains. 

Une hiérarchisation somme toute logique, mais insoutenable sur la durée, d’autant que l’orientation stratégique agricole du Royaume ambitionne d’assurer non pas une autosuffisance, mais du moins une souveraineté alimentaire. D’où le lancement de ce projet d’interconnexion, dénommé à juste titre « l’autoroute de l’eau ». 

Assurer la souveraineté hydrique et alimentaire

L’interconnexion entre le bassin du Sebou et celui du Bouregreg fait en effet partie d’un vaste projet d’interconnexion des bassins du Loukkos, Sebou, Bouregreg, Oum Er-Rbia, et l’interconnexion des bassins du Laou et de la Moulouya. Ils permettront de capter un volume d’eau global variant entre 800 et 1.100 millions de m3, dans le cadre d’une gestion solidaire des ressources en eau entre bassins hydrauliques. 

L’idée est de mobiliser le maximum des eaux actuellement perdues en mer. « L’interconnexion entre les barrages permettra de mettre en un pool unique les ressources de cinq grands bassins hydrauliques et, ainsi, de réduire les ressources en eau perdues en mer, et d’optimiser la gestion entre les bassins hydrauliques, notamment en situation de pénurie », assure à Médias24 Ahmed El Bouari, directeur de l’Irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole au ministère de l’Agriculture.

S’agissant en particulier de l’interconnexion des bassins Sebou, Bouregreg, Oum Er-Rbia et Tensift, elle permettra de mobiliser un volume annuel entre 500 et 800 millions de m3, sur deux phases. Une première phase qui vient d’être achevée avec l’interconnexion Sebou-Bouregreg sur une longueur de 67 km pour mobiliser un volume annuel moyen de 300 millions de m3. La seconde phase assurera l’interconnexion entre le bassin de Bouregreg et Oum Er-Rbia, où le taux de remplissage des barrages ne dépasse pas les 15%. 

 

9 mois de travaux et 6 milliards de DH

Pour en revenir à l’actualité et à l’interconnexion entre Sebou (Fès) et Sidi Mohamed Ben Abdellah (Rabat), c’est un chantier qui a été mené à bien après d’importants travaux réalisés en l’espace de 9 mois, afin d’installer des tubes en acier d’un diamètre de 3,2 m, destinés à transporter l’eau sur une distance de 66,5 km. Deux stations de pompage ont été mises en place. 

C’est le ministère de l’Agriculture, à travers ses services d’irrigation et l’Office régional de mise en valeur du Gharb (ORMVAG), qui a été la cheville ouvrière de ce projet. « La réalisation de cette interconnexion a été confiée au département de l’Agriculture, en raison de l’expérience et de l’expertise accumulées par ses structures en matière de réalisation des grands adducteurs d’eau », souligne Ahmed El Bouari. 

Le financement de ce projet à hauteur de 6 milliards de DH a été possible grâce à un montage, dont le chef de file est CDG Capital, avec CIH et Bank of Africa. « C’est un prêt bancaire de préfinancement de 50% de la valeur du marché, couvrant la première phase des travaux », nous explique une source proche du dossier.

« L’objectif était de financer la période où le consortium chargé du projet n’a pas encore encaissé les paiements dus par l’Office régional de mise en valeur agricole du Gharb », a-t-elle ajouté. Pour faire simple, c’est une facilité de caisse de près de 3 milliards de DH, débloquée dès le début des travaux. « De par l’urgence du projet, nous avons opté pour ce mode de financement pour accélérer la procédure et éviter les risques liés au financement », explique la même source.

176.000 hectares irrigués 

Cette interconnexion entre le barrage du Sebou et Sidi Mohamed Ben Abdellah permettra de réduire davantage la demande sur le barrage d’Al Massira. En outre, elle renforcera l’approvisionnement en eau pour les agglomérations de Casablanca et Rabat, tout en dégageant des ressources supplémentaires permettant d’irriguer près de 176.000 hectares.

Les filières qui en bénéficieront sont multiples. À commencer par les cultures maraîchères, mais aussi les fruits rouges, les céréales, les arbres fruitiers… C’est un pas décisif vers la souveraineté hydrique. D’autant que ces dernières décennies, le changement climatique, l’augmentation des demandes en eau potable et des secteurs économiques, ont intensifié les pressions sur les ressources en eau. 

« Ces pressions ont particulièrement affecté les périmètres d’irrigation et ont exacerbé les déficits en eau des périmètres irrigués, dont l’approvisionnement a enregistré des restrictions drastiques dans les bassins irrigués de la Moulouya, Doukkala, Tadla, Haouz, Souss-Massa, Tafilalet et Ouarzazate », déplore le directeur de l’Irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole au ministère de l’Agriculture.

Des restrictions hydriques qui ne sont plus soutenables dans les zones irriguées du fait qu’elles sont opérées sur plusieurs années successives. À titre d’exemple, pour la campagne agricole 2022-2023, la dotation d’eau allouée aux grands périmètres irrigués à partir des barrages n’a pas dépassé 900 Mm3, soit un taux de couverture d’à peine 17% de la dotation prévue dans les documents de planification de l’eau évaluée à 5.300 Mm3/an.

L’impact sur certaines filières a été indéniable. Par exemple, dans le cas de la filière phœnicicole (palmiers-dattiers), la suspension des dotations agricoles (150 Mm3), à partir des barrages de Mansour Eddahbi et Hassan Dakhil, a débouché sur une baisse de la production de 30% lors de la récolte relative à la campagne 2021-2022. 

Car contrairement à certaines idées reçues, « le secteur de l’irrigation n’utilise en fait que le reliquat des ressources en eau des barrages, après satisfaction des demandes en eau potable et des autres secteurs et, de ce fait, reste le plus impacté par les changements climatiques », précise Ahmed El Bouari. 

Voici les détails du Plan directeur d’aménagement intégré du bassin de Sebou

La gestion des ressources hydriques du bassin du Sebou est déterminante. À ce titre, le Plan directeur d’aménagement intégré prône des schémas de mobilisation et de gestion intégrée des ressources en eau garantissant une satisfaction durable et optimale des besoins. Ce Plan a été dévoilé à l’occasion du Congrès international sur l’eau et le climat, organisé les jeudi 6 et vendredi 7 juillet 2023 à Fès. 

Alors qu’il assure les besoins en eau de l’une des régions les plus peuplées du Royaume, le bassin hydraulique du Sebou est aussi la pierre angulaire du mégaprojet d’interconnexion des bassins du Sebou, Bouregreg, Oum Er-Rbia et Tensift, qui permettra de mobiliser un volume annuel compris entre 500 et 800 millions de m3. 

La première tranche de ce projet reliera le barrage de Garde du Sebou à celui de Sidi Mohamed Ben Abdellah sur Bouregreg, pour un débit de 15 m3/s, afin d’éviter la rupture d’approvisionnement en eau potable des villes de Rabat et Casablanca. De ce fait, instaurer une gestion intégrée des ressources en eau dans le bassin hydraulique du Sebou est essentiel. 

 

 

Des ressources en eaux souterraines exploitables de l’ordre de 1,1 milliard de m3/an

D’une superficie de 40.000 km², le bassin hydraulique du Sebou est la source d’approvisionnement en eau de 20% de la population nationale et couvre les régions de Fès-Meknès, Rabat-Salé-Kénitra, Tanger-Tétouan-Al Hoceima, ainsi que 9 provinces.  

Les ressources en eaux de ce bassin sont indispensables pour les activités agricoles (arboriculture, dont oléiculture et cultures sucrières et céréalières), l’industrie lourde (raffinerie, sucrerie et cimenterie), l’agro-alimentaire, le tourisme (principalement autour des villes de Fès et Meknès) et l’artisanat.  

 

Les ressources en eau de surface du bassin hydraulique du Sebou se déclinent comme suit : 

– les précipitations moyennes enregistrées entre 1939 et 2017 atteignent 560 mm/an ; 

– les apports moyens annuels entre 1939 et 2017 s’établissent à 5,1 MMm3/an.

S’agissant des ressources en eaux souterraines exploitables, elles sont de l’ordre de 1,1 MMm3/an. En comparaison à d’autres régions du pays, les apports hydriques du bassin du Sebou sont importants. Toutefois, le bassin fait face à plusieurs contraintes. En premier lieu, à cause du changement climatique, l’Agence du bassin hydraulique du Sebou (ABHS) a constaté « une baisse des précipitations de 10% et un recul des apports de 20% ». 

 

En outre, la surexploitation des ressources en eaux souterraines occasionne un déficit hydrique des nappes de 268 Mm3, et  l’envasement des barrages cause également une perte de 31 Mm3 chaque année. Ces difficultés interviennent alors que la demande en eau ne cesse d’augmenter à mesure que la courbe de la croissance démographique progresse.  

 

Construction de 10 nouveaux grands barrages

À l’évidence, une gestion intégrée des ressources est indispensable. Elle s’articule autour du maintien du respect des équilibres naturels liés à l’eau, en assurant une allocation équitable entre les différents usagers. En ce sens, les actions suivantes ont été entreprises :  

– instauration du Conseil du bassin du Sebou et des comités préfectoraux et provinciaux de l’eau ; 

– élaboration du Plan directeur d’aménagement intégré (PDAIRE) ; 

– suivi quantitatif et qualitatif des ressources en eau ; 

– gestion concertée des ressources en eau (Comité de gestion de barrages, contrats de gestion participative des nappes).

Le Plan directeur d’aménagement intégré des ressources en eau du bassin hydraulique du Sebou ambitionne d’atteindre un taux de branchement en matière d’alimentation en eau potable de 98% à l’horizon 2050, contre 94% actuellement. 

De surcroît, le PDAIRE prévoit la construction de 10 nouveaux grands barrages (4 déjà en cours) et 50 petits barrages, le rattachement des principaux pôles de demande aux barrages et la sécurisation de l’alimentation en eau potable par diversification des ressources. Sans oublier le recours aux ressources en eau non conventionnelles. 

Sur ce dernier point, notons que 27 des 74 villes relevant du bassin hydraulique du Sebou sont dotées de stations d’épuration. Le taux de traitement des eaux usées en milieu urbain est de 59%, alors que celui des rejets industriels ne dépasse pas 30%. « L’objectif d’ici 2050 est de rabattre la pollution de plus de 70% », promet l’ABHS. 

Allocation équitable des ressources entre les différents usagers

Concernant la fourniture à partir des ressources en eau de surface, le PDAIRE du bassin du Sebou prévoit la réparation suivante : 

– renforcement de l’alimentation en eau potable de la zone atlantique à partir du barrage de Garde du Sebou (400 à 800 Mm3/an) ; 

– alimentation en eau potable de Khémisset (16 Mm3/ an) et dotation à l’irrigation de l’ordre de 120 Mm3/an à partir du barrage d’El Kensara ; 

– alimentation en eau potable des zones rurales (21 Mm3/an) et irrigation (700 Mm3/an), à partir du barrage Al Wahda ; 

– le barrage Bouhouda participera à l’alimentation en eau potable des zones rurales à raison de 2 Mm3/an ; 

– le barrage Asfalou alimentera en eau potable des zones rurales à raison de 3 Mm3/an ; 

– l’alimentation en eau potable de la ville de Taza (12 Mm3/an) sera assurée par le barrage Bab Louza ; 

– le futur barrage Mdez permettra un transfert de 125 Mm3 pour soulager la nappe de Saïss ; 

– le barrage Idriss 1er va alimenter Fès et Meknès en eau potable (65 Mm3/an) et fournira une dotation à l’irrigation de 450 Mm3. 

Par ailleurs, le Plan directeur d’aménagement intégré du bassin du Sebou se donne pour mission de préserver les écosystèmes fragiles et de restaurer les lacs et zones humides détériorés. Une mission de la plus haute importance, sachant que les 8 zones humides inscrites dans la liste de sites RAMSAR du bassin du Sebou sont impactées par l’effet des sécheresses récurrentes et les actions anthropiques, dont la surexploitation et la pollution.