Un événement. Trois forages profonds pour la recherche d’eau dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra

Le ministère de l’Équipement et de l’eau a lancé un appel d’offres international pour réaliser trois forages profonds au niveau de la région de Laâyoune-Sakia El Hamra.

D’une portée stratégique pour la région, le forage de ces puits profonds permettra l’accès à la nappe profonde (ou nappe fossile) du Désert. La réussite de ces forages devrait ouvrir la voie à un nouveau modèle de gestion des ressources hydriques dans les provinces du Sud. Ce modèle est déjà en cours d’accélération et de consolidation grâce à un nombre important de stations de dessalement, dont celle de Dakhla, qui sera la première alimentée par les énergies renouvelables.

Ci-dessous, cartographie des nappes superficielles et des nappes profondes du Maroc:

Ces trois forages profonds totaliseront une profondeur cumulée de 3.600 mètres et seront répartis dans trois provinces de la région, avec un premier forage de 1.000 mètres exécuté à Tah au nord de Laâyoune, un deuxième de 1 000 mètres à Boucraa à l’est de Laâyoune, et le dernier, d’une profondeur de 1 600 mètres, situé à Lemsied au nord de Boujdour.

D’une durée de 12 mois, l’enveloppe budgétaire mobilisée pour ce projet s’élève à environ 26,4 millions de dirhams.

Afin de promouvoir l’emploi local, le prestataire retenu devra assurer qu’au moins 20% de l’effectif requis pour la réalisation du projet sont issus de la commune, de la préfecture, de la province ou de la région.

Ces trois forages devront être verticaux et rectilignes et seront réalisés selon la méthode de foration mixte (air et/ou boue) en circulation directe ou inverse. L’entrepreneur est tenu de descendre les tubages dans tous les cas au niveau contracté, faute de quoi il s’engage à refaire un autre forage à proximité immédiate du premier, à ses propres frais.

Si l’on ne tient pas compte des nappes fossiles, les ressources hydriques dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra sont très limitées à cause de l’environnement désertique, en plus que la majorité des nappes sont salées à l’exception de la nappe de Foum El Oued.

Afin de répondre aux besoins des habitants dans ce contexte, auquel s’ajoute le fait que le transfert d’eau est trop coûteux, la ville de Laâyoune a été dotée, dès 1995, de la première station de dessalement au Maroc.

La capacité de cette dernière a été augmentée avec une nouvelle station mise en service en 2022. Cette nouvelle usine possède un débit d’eau potable de 300 l/s produit à partir de forages côtiers. De plus, elle dispose de la possibilité d’une prise d’eau de mer directe qui permettra de doubler sa production d’eau potable et d’alimenter également la première usine de dessalement.

Le Maroc compte de nombreuses nappes profondes et très profondes, qui se sont formées il y a des siècles ou des millénaires. Une partie d’entre elles se trouve dans les provinces sahariennes.
En raison de leur profondeur, généralement de quelques centaines de mètres et davantage, le coût d’extraction est très élevé en énergie.

Jusqu’à présent, le Maroc a préféré garder intact le stock stratégique de nappes fossiles, hormis quelques cas isolés. Il n’y a pas eu non plus de sondages systématiques, de reconnaissances étudiées ou de stratégie élaborée dans ce domaine.

Les trois forages de Laayoune Sakiet Hamra est donc un événement qui présage peut être de l’élaboration d’une doctrine dans ce domaine.

Offre Maroc hydrogène vert. Ce qu’il faut savoir sur les cinq investisseurs retenus

Près d’une année après la publication de la circulaire Offre du Maroc par le gouvernement pour le développement d’un investissement efficace et pesant, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur de la filière de l’hydrogène vert, une réunion du comité de pilotage, présidée par le chef du gouvernement, a dévoilé la sélection des cinq premiers investissements dans le cadre de l’Offre Maroc Hydrogène vert. La sélection des porteurs des six projets s’est faite selon une méthodologie transparente, avec un nombre de critères bien définis, selon Aziz Akhannouch.

Lors d’une intervention accordée durant le journal télévisé de la chaîne 2M, la ministre de la Transition énergétique et du développement durable a précisé que, depuis l’année dernière et jusqu’à cette année, un processus de sélection a été mis en place pour évaluer la solidité financière et technique des investisseurs. Ce processus concerne non seulement les projets liés à l’hydrogène vert, mais également les infrastructures associées, telles que les ports, les réseaux électriques, les gazoducs, les hydroducs, ainsi que les centrales de dessalement.

Leila Benali a expliqué que, dans cette première phase, des contrats de réservation de foncier d’une durée de six mois ont été négociés avec ce premier groupe d’investisseurs. Un deuxième groupe d’investisseurs entamera les mêmes discussions dans les deux prochains mois. Ces contrats permettent de s’assurer de l’engagement des parties prenantes et de poser les bases pour les étapes suivantes.

La deuxième phase consiste, pour chaque investisseur ayant signé un contrat de réservation de foncier, à entamer des études techniques détaillées. Ces études visent à recueillir les données nécessaires pour mettre en place les mesures adéquates et garantir une visibilité claire pour l’État marocain. Cette étape est cruciale pour permettre une flexibilité en cas de changements technologiques, de risques financiers ou de fluctuations économiques liés à ces projets.

La ministre a également souligné que la quarantaine d’investisseurs ayant manifesté leur intérêt pour le Maroc n’ont pas été éliminés. Les discussions et négociations sont toujours en cours, avec un retour d’expérience sur l’évolution des technologies concernées. Cette approche permet au Maroc de s’adapter aux avancées technologiques et de maximiser les opportunités dans le domaine de l’hydrogène vert et des infrastructures associées.

Premier consortium sélectionné : Ornx Green Hydrogen

Ornx est une coentreprise entre Ortus Power Resources, une société américaine qui a précédemment participé au développement du premier parc éolien au Maroc par le secteur privé, le parc éolien de Khalladi, situé dans la région de Tanger, et une autre coentreprise entre l’énergéticien espagnol Acciona et l’allemand Nordex, spécialisé dans la fabrication d’équipements pour les énergies renouvelables, notamment les éoliennes.

Créée en 2022, cette joint-venture vise à atteindre le stade prêt à construire pour ses premiers projets d’ici 2027, et prévoit une capacité de production de 500.000 tonnes d’hydrogène vert par an dans ses différents projets répartis aux États-Unis, en Amérique latine et en Afrique.

Au Maroc, Ornx a entamé, au cours des dernières années, des études de sites propices au développement des énergies renouvelables et, bien sûr, de l’hydrogène vert. Ornx opte pour la construction d’une plateforme d’hydrogène vert qui comprend trois sites de production d’électricité verte situés dans le désert du sud du Maroc, près de Boujdour, de Dakhla et de Laâyoune, ainsi qu’un site dédié au stockage et aux processus industriels près du port de Laâyoune.

Deuxième consortium : l’émirati Taqa et l’espagnol Cepsa

Ce consortium hispano-émirati vise la production d’ammoniac vert et de carburant industriel. En 2023, un article du journal en ligne « Sharq » a évoqué, citant des sources anonymes de l’entreprise Taqa, une intention du groupe émirati d’investir environ 10 milliards de dollars dans la construction d’une installation d’énergie renouvelable d’une capacité de 6 GW, dédiée à la production d’hydrogène vert dans la région de Dakhla-Oued Eddahab.

De son côté, l’énergéticien Cepsa a terminé l’année dernière dans une situation de tension avec le gouvernement espagnol, qui a tenté de rendre permanents les impôts spéciaux et temporaires qu’il avait approuvés en 2022, en raison de ce qu’il a qualifié de « profits exceptionnels » générés par la hausse des prix des hydrocarbures. Dans ce bras de fer, Cepsa a annoncé la suspension de ses investissements de 3 milliards d’euros dans des projets d’hydrogène vert à Carthagène (100 MW), à Tarragone (150 MW) et au Pays basque (100 MW). Cepsa a expliqué qu’elle préférait donner la priorité à son expansion internationale avec des projets sur d’autres continents, comme l’Amérique et l’Afrique, parmi lesquels figurait le Maroc.

Précédemment, Cepsa ambitionnait également de construire un hydroducte pour importer de l’hydrogène du Maroc vers la raffinerie de San Roque (Cadix). À l’époque, le PDG de Cepsa avait exprimé l’intérêt pour son groupe de produire, en premier lieu, de l’ammoniac vert et des biocarburants.

Troisième investisseur : le groupe saoudien Acwa Power

Le groupe énergéticien saoudien Acwa Power vise à produire de l’acier vert. Au Maroc, le groupe saoudien est l’opérateur de plusieurs projets d’énergie renouvelable, dont ceux de Khalladi, Noor Ouarzazate, Noor Laâyoune et Noor Boujdour.

À partir de ces projets stratégiques d’énergie renouvelable qu’Acwa Power a développés au Maroc, le groupe, lors du World PtX Summit 2024, a déclaré, à travers son directeur de l’hydrogène vert, Driss Berraho, qu’il disposait du capital humain nécessaire grâce au savoir-faire accumulé au Maroc. À ce stade, il est essentiel pour Acwa Power de sécuriser le foncier afin de pouvoir estimer les coûts et de traiter avec les clients potentiels sur le marché international.

 Quatrième investisseur : l’entreprise marocaine Nareva

L’entreprise marocaine Nareva, filiale du holding Al Mada, a été la seule entreprise marocaine sélectionnée durant cette première réunion de pilotage. Au Maroc, elle a pu développer une dizaine de parcs éoliens, dont les plus importants en termes de capacité sont ceux de Tarfaya (301,3 MW) et de Midelt (180 MW).

L’année dernière, GE Vernova, l’ONEE et Nareva ont signé un mémorandum d’entente portant sur la réalisation d’une étude de faisabilité pour convertir la centrale thermique de Laâyoune de 99 mégawatts (MW), actuellement alimentée au fioul lourd, pour un fonctionnement à l’hydrogène, grâce à la fourniture de trois turbines à gaz GE Vernova à haute performance de type 6B, une première en Afrique.

Cinquième consortium : United Energy Group et China Three Gorges 

Basée à Hong Kong et cotée en Chine, United Energy Group est une compagnie énergétique active en amont dans la production de pétrole et de gaz naturel, ainsi que dans les activités liées à l’énergie propre et au négoce d’énergie. L’activité hydrogène du groupe a commencé à être développée en 2023.

La deuxième partie du consortium correspond à China Three Gorges Corporation, largement reconnu comme le plus grand développeur et opérateur d’énergie renouvelable au monde. En 2023, le groupe a déclaré des actifs totaux de 190,6 milliards de dollars américains, avec une capacité installée de 146 GW dans 20 pays.

En septembre 2024, ce consortium chinois a signé un mémorandum d’entente avec le gouvernement jordanien pour un projet d’hydrogène vert visant la production annuelle de 200.000 tonnes d’ammoniac vert.

Ce qu’il faut retenir de l’hydrogène vert au Maroc :

https://medias24.com/2025/03/06/hydrogene-vert-5-investisseurs-marocains-et-mondiaux-selectionnes/

https://medias24.com/2025/03/07/offre-maroc-hydrogene-vert-les-premieres-explications-de-masen/

Une délégation kenyane en visite dans les provinces du Sud

S’inscrivant dans le cadre du renforcement de la coopération Sud-Sud et de la consolidation des relations entre le Maroc et les pays africains, cet accord a été paraphé par le président du Conseil de la région Laâyoune-Sakia El Hamra, Sidi Hamdi Ould Errachid et le gouverneur de Comté de Mandera, Mohamed Adan Khalifa, en présence des membres des deux conseils.

Cet accord porte notamment sur les moyens à même de renforcer la coopération dans les domaines de la gestion de l’eau, des énergies renouvelables, du tourisme, de l’agriculture et de la pêche maritime.

Par le biais de cet accord, le gouvernement régional de Comté de Mandera souhaite également bénéficier de l’expérience de Laâyoune-Sakia El Hamra en matière de développement économique et de grands projets réalisés dans la région.

En vertu de cet accord, les deux parties s’engagent à fournir un soutien institutionnel et administratif pour mettre en œuvre ses dispositions, échanger des visites et fournir tous documents, informations et données nécessaires pour assurer la réussite de ce partenariat.

Cet accord porte aussi sur les différentes activités économiques, notamment les secteurs liés à la gestion de l’eau et aux énergies renouvelables.

D’autres domaines prioritaires pourraient être identifiés, concernant notamment l’exploration des eaux souterraines et le forage de puits, la construction de barrages et de lacs collinaires et les projets relatifs au traitement des eaux usées.

Il s’agit également d’améliorer le raccordement des quartiers aux réseaux d’eau potable, d’intégrer les énergies propres et renouvelables dans le secteur agricole, d’échanger des expertises dans le domaine des énergies solaire et éolienne, et d’organiser des visites mutuelles d’élus et d’acteurs économiques dans les domaines précités.

En marge de la signature de cet accord-cadre de partenariat, les membres de la délégation kenyane ont suivi un exposé axé sur la remarquable dynamique de développement que connaît la région dans les différents domaines, ainsi que sur les grands projets d’infrastructures.

De même, ils ont suivi une présentation sur le programme de développement régional (2022-2027) couvrant les différents projets de développement inscrits dans le cadre du nouveau modèle de développement des provinces du Sud.

Au cours de leur séjour, les membres de la délégation kenyane vont effectuer une série de visite à plusieurs projets de développement à Laâyoune, notamment la Cité des métiers et des compétences, la station de dessalement, le port phosphatier, le complexe d’énergie solaire « Noor Laâyoune » et le village des sports.

(Avec MAP)

La région de Laâyoune-Sakia El Hamra bientôt dotée d’un atlas des zones inondables

L’Agence du bassin hydraulique Sakia El Hamra-Oued Eddahab vient de lancer un appel d’offres pour la réalisation d’une étude d’élaboration d’un atlas des zones inondables dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra.

L’étude est scindée en 5 missions :

– Mission I : Diagnostic et analyse critique de la situation existante (3 mois) ;

– Mission II : Travaux topographiques par technique de Lidar aéroporté (Light Detection and Ranging) (3 mois) ;

– Mission III : Expertise et étude hydrologique (2 mois) ;

– Mission IV : Etude hydraulique (2 mois) ;

– Mission V: Elaboration de l’atlas des zones inondables (2 mois).

Le coût des prestations est fixé à 3,42 millions de DH.

Le nouveau port phosphatier de Laâyoune réalisé à 85%

Lors d’une visite effectuée le lundi 29 juillet par le wali de la région Laâyoune-Sakia El Hamra, gouverneur de la province de Laâyoune, Abdeslam Bekrate, le directeur général de Phosboucraa, Mohamed Hallouzi, les élus et les consuls généraux accrédités à Laâyoune, des explications ont été fournies sur ce nouveau port phosphatier, qui va accompagner le programme de développement industriel de Phosboucraa.

À cette occasion, le wali et la délégation l’accompagnant ont suivi des explications sur la réalisation de ce projet visant à assurer un trafic annuel de 5,2 millions de tonnes, extensible à 8,2 Mt par l’ajout dans la seconde phase d’un 3e quai.

Les principaux ouvrages de ce projet d’envergure consistent en la réalisation d’un pont d’accès aux ouvrages d’accostage d’une longueur de 3,5 km et d’une largeur de 25 m, en plus d’un ouvrage de protection composé d’une digue en caisson de 920 m et d’un ouvrage de prise d’eau de mer, avec un débit 30.000 m3/h.

À cela s’ajoutent les opérations de dragage nécessaires au niveau du chenal d’accès, du cercle d’évitage du port et de la zone d’accostage. La durabilité de l’ensemble des ouvrages est de cent ans.

Ce nouveau port phosphatier, qui permet l’accostage des navires d’une capacité de 100.000 t (Post-Panamax), a pour objectif d’assurer l’importation des matières premières nécessaires pour la production de fertilisants au niveau du complexe chimique, ainsi que l’exportation des produits finis, à savoir le phosphate, les engrais et l’acide phosphorique.

(Avec MAP)

Laghchiwat. Exploration d’un site historique méconnu aux confins du désert

À 125 km au Sud-Ouest de la ville de Smara, dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, sur un territoire long de 14 km de long sur 4 km de large. Un véritable musée à ciel ouvert : le site Laghchiwat. À même le sol, au milieu de l’immensité désertique. Vu du ciel, c’est une belle mosaïque, une sorte de constellation de points bleus sur fond ocre qui illumine les yeux. Parfois, le bleu vire au gris selon l’heure de la journée et l’intensité de la lumière du jour. D’ailleurs, même vu du sol, et pour mieux apprécier à l’œil nu les traces graphiques incrustées, il est conseillé de s’y prendre en début de matinée ou en fin de journée, avant le coucher du soleil quand la lumière du soleil, encore douce et hésitante, rase le sol.

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Gravé dans le marbre

Quand on y regarde de plus près, on peut d’abord admirer les différentes représentations de la faune sauvage, des animaux qu’on a l’habitude de voir dans la savane africaine, comme des rhinocéros, des autruches, des éléphants et des girafes… et des hippopotames, faisant de ce site archéologique le seul au Maroc à comporter des gravures de cet imposant mammifère semi-aquatique. Ce qui renseigne d’ailleurs sur les conditions climatiques et environnementales plus clémentes et hospitalières qui prévalaient à cette époque antérieure au Néolithique, c’est-à-dire il y a plus de 10.000 ans.

Apparaissent ensuite des illustrations d’animaux domestiques, comme des bovins par exemple, laissant entrevoir le passage du nomadisme à la sédentarisation de la présence humaine sur ce territoire. En plus de cette grande diversité du bestiaire illustré, on peut aisément apprécier toutes les gravures rupestres représentant des hommes, ou plus exactement des cavaliers munis de boucliers et arborant des lances ou des javelots dans ce qui semble être des scènes de combat.

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Puis vient un ensemble de représentations graphiques, certaines anthropomorphes, d’autres des symboles inédits non encore déchiffrés, mais également des inscriptions Amazigh et des gravures tifinaghs, et même en arabe, prolongeant la chronologie millénaire de ce site archéologique qui n’a pas encore révélé tous ses secrets.

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C’est cette grande diversité des sujets illustrés et la variété du bestiaire représenté dans le marbre de Laghchiwat qui fait l’originalité de ce site hors norme. Et ce n’est pas sa seule particularité. Toutes ces gravures ont été réalisées, contrairement à ce qui a été découvert dans d’autres sites d’art rupestre au Maroc, sur des dalles horizontales, en marbre. Autre spécificité : dès les premières recherches sur ce site, plus d’un millier de gravures ont été répertoriées, en plus de tous les objets et pièces archéologiques trouvés à même le sol, comme des outils en silex ou des tumulus.

Reconnaissance archéologique et valorisation touristique

Le site a été découvert par l’association Mirane pour la protection des sites archéologiques de Smara en 2009. Alertée par des actions de pillage et de destruction, elle a lancé une visite du site qui a débouché sur cette merveilleuse trouvaille de gravures illustrant des représentations humaines et animales.

L’annonce officielle de cette découverte en 2010 a donné le coup d’envoi d’un long et salutaire travail de conservation pour préserver ce site d’intérêt scientifique, à fort potentiel touristique, contre les risques de pillage et de destruction, mais également d’érosion naturelle.

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Cette prise en charge a permis d’organiser en amont l’attrait touristique pour ce site dont les gravures ne sont pas protégées par les parois d’une grotte, mais étalées au sol, en plein air, ce qui en augmente la fragilité. Un travail de préservation qui s’est prolongé vers la valorisation scientifique de cette richesse certes archéologique, mais dont la valeur est aussi culturelle, historique, patrimoniale, écologique et même sociale, puisqu’elle s’intègre à une dynamique plus globale de développement local. C’est d’ailleurs en vertu d’une convention signée entre l’association Mirane et le département de la Culture, en partenariat avec la province de Smara, qu’un tel chantier de protection archéologique a pu être lancée. Depuis, plusieurs missions de recherche, mêlant chercheurs, archéologues, géologues, topographes et paléoanthropologues, marocains, africains et étrangers, se succèdent régulièrement pour révéler tous les mystères encore non élucidés du site de Laghchiwat, à ce jour le plus grand site de gravures rupestres du Maroc.

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La découverte de ce site exceptionnel, puis tout le travail de conservation qui a suivi, ont permis de valoriser, au fil des ans, les richesses naturelles et culturelles de Laghchiwat, semant les bases d’un éco-tourisme prometteur, dont les prémices ont d’abord été l’inscription du site au registre du patrimoine national, le partenariat scellé ensuite avec la société civile locale pour la protection archéologique du site de Laghchiwat et, enfin, la création plus tard d’une réserve pour relancer l’intégration d’espèces sauvages sur ce territoire. Autant de réalisations qui ont posé les bases d’un tourisme alternatif à fort potentiel patrimoniale et historique.

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Laâyoune-Sakia El Hamra : 9 centres de santé urbains et ruraux entrent en service

Il s’agit de six centres de santé urbains du niveau premier dans la province de Laâyoune, à savoir « Al Qods », « la Ville nouvelle », « Al Aouda », « Al Wifaq », « Mohamed Salem Sidi El Boukhari » et « 25 Mars », ainsi que le dispensaire rural de « Diaâte », en plus du centre de santé urbain de premier niveau « El Khir » dans la province de Boujdour et du centre de santé urbain « Tarfaya 2 » dans la province de Tarfaya.

Le lancement de ces centres intervient dans le cadre de la politique de réhabilitation et d’équipement des établissements de santé.

Le département de tutelle a mobilisé des ressources humaines qualifiées pour assurer les services médicaux et curatifs au profit de la population ciblée, estimée à plus de 133.000 personnes, en vue d’assurer le bon fonctionnement des services dans les centres de santé urbains et ruraux.

Les patients bénéficieront d’un panier varié de services de santé portant notamment sur les examens médicaux généraux et les soins infirmiers, le suivi des maladies chroniques, en particulier le diabète et l’hypertension artérielle, le suivi de la santé de la mère et de l’enfant et la santé scolaire, ainsi que les services de sensibilisation et d’éducation à la santé.

Dans une déclaration à la presse à l’issue de la cérémonie de lancement, Khalid Ait Taleb a indiqué que le lancement des services de ces centres de santé s’inscrit dans la « politique de proximité adoptée par le ministère de la Santé en application des hautes instructions royales ».

Ces structures de santé vont contribuer indubitablement à alléger la pression sur les autres établissements de santé notamment les services d’urgence, a-t-il indiqué. Elles sont dotées d’une pharmacie, d’équipements médicaux modernes et de qualité et d’un système informatique et numérique permettant au patient de bénéficier d’un dossier médical valable dans tous les établissements de santé, a-t-il précisé.

Ces centres de santé sont dotés de moyens et d’équipements médicaux de haute qualité, avec un système d’information intégré qui enregistre les données numériques des patients, leur permettant d’accéder facilement à leur dossier médical dans tous les établissements de santé, tant au niveau régional que national.

(Avec MAP)