Feu vert pour la création de la Société de gestion du transport urbain et périurbain de Marrakech

Un nouveau décret autorisant la création de la société filiale dénommée « Société de gestion du transport urbain et périurbain de Marrakech » (SGTUPM) a été publié au Bulletin officiel du 15 décembre dernier.

Cette société marocaine viendra remplacer l’espagnol Alsa dans la gestion du transport urbain par bus dans la ville ocre, après avoir remporté un appel d’offres de gestion de ce service.

Les motifs derrière la création de cette filiale

Ce décret, signé par le Chef du gouvernement, expose les motifs derrière la création de cette filiale.  « Le projet de création de cette société s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale visant l’amélioration du système de transport urbain et le développement des services de mobilité collective au sein de la ville de Marrakech, ainsi que dans l’activation du Programme de développement régional de la région Marrakech-Safi. Il vise notamment la restructuration du réseau de transport par autobus et par bus à haut niveau de service (BHNS), conformément aux dispositions de la loi n° 54.05 relative à la gestion déléguée des services publics ».

« Au cours de l’année 2025, un appel d’offres international a été lancé pour la sélection d’un opérateur chargé de la gestion et de l’exploitation du réseau de transport urbain et périurbain de la ville de Marrakech, par le Groupement des collectivités territoriales Transport Marrakech (GCT Transport Marrakech), qui veille, en coordination avec les autorités et institutions concernées, à la mise en place d’un modèle intégré de mobilité urbaine ».

« Le groupement constitué de l’ONCF et de la société Supratours a soumis une offre dans le cadre de cet appel d’offres. La gestion déléguée lui a été attribuée définitivement, en tant que groupement délégataire, conformément aux procédures contractuelles en vigueur ».

Suite à cela, L’ONCF, en partenariat avec la société Supratours, a sollicité l’autorisation en vue de la création de la société filiale dénommée ‘Société de gestion du transport urbain et périurbain de Marrakech’, dotée d’un capital de 5 MDH ». 

Répartition du capital de la SGTUPM

Les participations de l’Office et de la société Supratours à la création de cette nouvelle filiale ont été autorisées, respectivement le 27 et le 30 novembre, par leurs conseils d’administration respectifs. Ces deux instances ont également validé la prise des mesures nécessaires à la mise en œuvre de cette création et à la détermination des modalités de participation à son capital.

Le capital de la SGTUPM est réparti comme suit :

Société Supratours (détenue à 100% par l’ONCF) : 60% ;

ONCF : 40%.

Il s’agit donc d’une société 100% marocaine, qui sera chargée des missions de gestion et d’exploitation du réseau de transport urbain et périurbain de la ville de Marrakech, d’assurer la continuité du service, de mettre en œuvre les engagements du contrat de gestion déléguée et de garantir la qualité des services offerts aux usagers, conformément aux normes définies dans le cahier des charges.

Le décret précise que la validité de cette autorisation est fixée à une année, à compter de sa date de publication au BO.

Rappelons que cette nouvelle société viendra remplacer l’espagnol Alsa, qui gère ce service depuis plusieurs années à Marrakech. Achevé vers fin 2019, son contrat a depuis été renouvelé au moins à quatre reprises, pour assurer la continuité du service en attendant le lancement de nouveaux appels d’offres et leur aboutissement.

Au moins deux appels d’offres ont été lancés il y a quelques années, avant ce dernier remporté par le groupement ONCF-Supratours. Le dernier en date avait été lancé au mois d’août 2022, avec un nouveau cahier des charges et de nouvelles exigences. Un marché à plusieurs étapes, qui n’avait pas abouti.

Quatre sociétés avaient été retenues à la suite de la première phase de présélection en octobre 2022 : le groupement Alsa-Foughal Bus (société marocaine qui gère le service de transport urbain par bus à Kénitra), City Bus (société marocaine), RATP Développement et Transdev, deux sociétés françaises.

Les offres de ces quatre candidats avaient été retenues pour participer à la seconde phase de dialogue compétitif, à l’issue de laquelle le candidat retenu a été le groupement Alsa-Foughal Bus, avec City Bus comme concurrent de réserve. Depuis cette phase, aucune information officielle n’a plus été communiquée au sujet de ce marché.

La française CSEE va créer un hub marocain dédié à la signalisation ferroviaire grande vitesse

Intervenant dans l’un des panels organisés en marge de la 4e édition du Rail Industry Summit Morocco, organisé ces 9 et 10 décembre à El Jadida, Marc Zuber, directeur commercial à la CSEE, annonce la création d’un hub marocain.

« Nous allons créer un hub marocain dédié à la signalisation grande vitesse », a-t-il déclaré. « Nous ignorons encore s’il sera implanté à Rabat ou à Casablanca. Ce hub nous permettra de réaliser des projets de lignes à grande vitesse aussi bien au Maroc que dans le reste du monde ».

Créée en 1902, la CSEE est une compagnie française historique. « Nous avons toujours accompagné les opérateurs dans le développement de leurs réseaux et nous travaillons depuis quarante ans dans la grande vitesse. Il s’agit désormais de notre spécialisation », a souligné Marc Zuber.

La compagnie a déjà accompagné la Chine et la Corée dans leurs projets, mais aussi l’Office national des chemins de fer (ONCF), dans le développement de la signalisation grande vitesse sur la ligne Tanger-Kénitra, et depuis quelques temps, sur son extension jusqu’à Marrakech.

« Ce ne sont pas des panneaux de signalisation qu’on implante », a-t-il expliqué. « Lorsqu’on est sur la grande vitesse, on ne peut plus les lire. Ce sont des ordinateurs au sol, des ordinateurs à bord, ou encore un réseau de communication, qui garantissent la circulation des trains en toute sécurité, même à grande vitesse, empêchant ainsi les accidents », a-t-il conclu.

Ferroviaire : l’espagnol CAF mise sur les fournisseurs marocains pour les intégrer à ses projets internationaux

Lors de la 4e édition du Rail Industry Summit Morocco, organisé les 9 et 10 décembre à El Jadida, Joseba Lasa Goñi, responsable de zone de la Division internationale de CAF, a mis en lumière l’ambition et la vision du groupe espagnol au Maroc.

D’après lui, CAF entend profiter de son projet au Maroc pour renforcer les capacités des fournisseurs marocains. Le groupe ambitionne d’apprendre et de grandir avec ses partenaires locaux, en investissant dans leur compétitivité pour les associer à d’autres projets dans le monde.

« Nous n’avons pas l’histoire centenaire d’Alstom au Maroc ni un projet de l’ampleur de celui de Hyundai Rotem. En revanche, CAF est un leader mondial de la mobilité durable », a-t-il déclaré.

Mieux connaître les potentialités du Maroc et de ses fournisseurs

« Nous avons près de cent ans d’histoire ferroviaire et, à ce titre, nous sommes très heureux, à travers le projet de livraison de 40 rames intervilles pour l’ONCF, d’avoir l’opportunité d’apprendre et de mieux connaître les potentialités du Maroc et de ses fournisseurs ».

« Notre objectif n’est pas seulement de les intégrer au projet que nous allons livrer dans les cinq à dix prochaines années au Maroc, mais aussi d’évaluer dans quelle mesure nous pouvons les intégrer à notre chaîne d’approvisionnement, afin de les associer à des projets dans d’autres pays ».

« Nous allons donc profiter de notre projet pour mieux connaître les capacités des fournisseurs marocains. Nous allons aussi les aider à grandir avec nous. Il peut parfois être intimidant pour un fournisseur de devoir rapidement obtenir une certification IRIS [une certification est destinée aux différents acteurs de la chaîne d’approvisionnement ferroviaire, ndlr] exigée dans le monde ferroviaire, ou de répondre à des standards de qualité qui ne sont pas toujours habituels sur le marché local ».

« Nous sommes ici pour apprendre et grandir ensemble avec les fournisseurs marocains, dans l’espoir que, non seulement dans le cadre des projets en cours, mais aussi en investissant nous-mêmes pour renforcer leur compétitivité, nous puissions les associer davantage à d’autres projets dans le monde. C’est, en quelque sorte, notre ambition à travers ce projet au Maroc ».

Dans le cadre du projet d’extension de la LGV jusqu’à Marrakech, CAF a pour objectif de développer 15 à 20 fournisseurs locaux. Il peut s’agir d’industriels internationaux qui s’implanteront au Maroc pour produire depuis le Royaume, ou d’industriels marocains qui sont déjà implantés dans le pays, et qui seront qualifiés pour produire des équipements et des composants pour les trains achetés par l’ONCF auprès du constructeur espagnol.

Nous pensons que le Maroc va inspirer ses voisins les plus proches à investir dans le rail

« Le Maroc est aujourd’hui un phare pour l’Afrique, du moins dans le secteur de la mobilité. C’est évident, il n’existe pas d’équivalent sur le continent ».

« Nous pensons que le Maroc, au cours des dix à quinze dernières années, et dans les prochaines années encore, va démontrer son leadership et inspirer ses voisins les plus proches, ou dans le continent de manière générale, à investir dans le rail. Nous espérons pouvoir accompagner ce rayonnement et voir de plus en plus de pays de cette région miser sur le ferroviaire ».

« Malheureusement, aujourd’hui, le frein ne vient pas d’un manque d’ambition des constructeurs. Nous suivons la demande, nous ne la créons pas ».

« C’est dans la mesure où les pays qui entourent le Maroc, et l’Afrique en général, comprendront l’opportunité que représente le rail pour développer leur économie et leur société, que nous pourrons participer à cette dynamique », a-t-il conclu.

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Ferroviaire : Hyundai Rotem veut faire de son usine de Benguérir un hub régional

C’est ce qu’a déclaré Malick Diole, responsable commercial senior, chef de projet chez Hyundai Rotem, ce mardi 9 décembre lors de la 4e édition du Rail Industry Summit Morocco, qui se tient à El Jadida.

Hyundai Rotem fera de sa future usine de Benguérir un véritable hub régional

Interrogé au sujet de la vision de la société sud-coréenne et de sa stratégie au Maroc pour les cinq à dix prochaines années, Malick Diole souligne que le Maroc est « un marché stratégique, par sa position géographique notamment ».

Selon lui, le projet de Hyundai Rotem dans le Royaume se décline en plusieurs phases. La principale consiste dans la livraison de 110 trains RER à l’ONCF, dont une partie sera construite dans l’usine de Benguérir.

« Cette usine permettra de créer une base solide pour le Maroc et servira de hub régional, non seulement pour l’Afrique, mais aussi pour le Moyen-Orient et potentiellement pour l’Europe ».

« Ce projet est important non seulement pour le Maroc, mais aussi pour plusieurs pays, dans la perspective de la Coupe du monde 2030. Hyundai Rotem est arrivé au Maroc pour rester, et pour être au cœur du business. Nous allons également apporter nos compétences et notre expérience pour nous y installer sur le long terme ».

Malick Diole a par ailleurs indiqué que le projet de Hyundai Rotem au Maroc inclut un partenariat de maintenance sur le long terme, pouvant aller jusqu’à vingt à trente ans.

Un investissement de 1,5 milliard de dollars

Selon nos informations, cette usine devra être opérationnelle pour produire et livrer ses premiers trains dès 2028, soit dans trois ans. Tous les volets industriels ne seront pas intégrés aux premières rames, mais d’ici 2029, l’usine sera pleinement opérationnelle.

Les dernières livraisons concerneront ainsi des trains véritablement made in Morocco, avec un taux d’intégration locale avoisinant les 60%.

Selon des médias sud-coréens, cette usine nécessitera un investissement total de 1,5 milliard de dollars. Les trains qui y seront produits seront destinés aussi bien au marché marocain qu’à l’export.

L’idée n’est donc pas seulement de créer un écosystème, mais plutôt d’avoir un écosystème capable de concevoir et de créer des sous-ensembles et des ensembles à forte valeur ajoutée technologique, avec une maîtrise locale.

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Karim Zidane représente le Roi au 17ᵉ Sommet des affaires USA-Afrique

Karim Zidane conduit une importante délégation composée de dirigeants et de hauts responsables du secteur public et privé, notamment de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), de l’Office national des chemins de fer (ONCF), de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), ainsi que de Medz, de Marsa Maroc et de représentants des banques marocaines.

La participation à cet évènement, qui se tient en présence de plusieurs chefs d’État africains ainsi que de hauts responsables de gouvernements de plusieurs pays, s’inscrit en droite ligne des hautes orientations royales en faveur du renforcement des partenariats économiques du Royaume avec les pays africains et les partenaires internationaux.

Elle vise à mettre en valeur les réformes engagées par le Maroc pour renforcer son attractivité économique, sous la conduite éclairée du Roi Mohammed VI, en particulier la mise en œuvre de la nouvelle Charte de l’investissement, et à promouvoir, ainsi, les opportunités qu’offre le Royaume dans des secteurs stratégiques tels que les énergies renouvelables, l’industrie automobile, l’aéronautique, l’agro-industrie et les technologies vertes.

Dans cette dynamique partenariale, le Maroc se positionne désormais comme un acteur incontournable dans les chaînes de valeur mondiales, à la faveur des relations économiques privilégiées et du partenariat structuré et durable qu’il entretient avec les États-Unis d’Amérique, consolidé par l’accord de libre-échange en vigueur depuis 2006. En effet, le Royaume figure parmi les principaux partenaires commerciaux des États-Unis en Afrique.

Organisé en présence de plus de 1.500 participants, dont des chefs d’État, des ministres, des décideurs économiques et politiques et des représentants du secteur privé, ce sommet constitue une plateforme majeure pour le dialogue économique et la construction de partenariats stratégiques durables entre les États-Unis et les pays africains.

Risques et opportunités : l’ONCF commande un audit stratégique

L’Office national des chemins de fer (ONCF) vient de lancer un appel d’offres pour l’élaboration d’une cartographie des risques stratégiques que l’institution encourt, ainsi que de ses opportunités.

Selon le cahier des clauses techniques particulières inclus dans l’appel d’offres, les prestations objet de cet accompagnement se composent de deux missions :

– 1ʳᵉ mission : réalisation d’un audit global et d’une revue critique du processus de gestion des risques ;

– 2ᵉ mission : élaboration de la cartographie des risques et opportunités en adoptant l’approche ‘top-down’, composée de trois étapes, à savoir :

Le délai global d’exécution des prestations est fixé à 120 jours pour un coût estimé à 562.800 DH.

La future gare LGV Casa Sud trace sa voie pour devenir un nouveau hub ferroviaire

Dans le cadre de l’augmentation de la capacité ferroviaire entre Kénitra et Marrakech au niveau du hub de Casablanca, l’ONCF prévoit la réalisation de la gare Casa Sud ainsi que l’aménagement des différentes voies y amenant.

 

Les travaux de terrassement, d’ouvrage d’art et de rétablissement des raccordements pour la LGV Kénitra-Marrakech sur un parcours d’une distance de 51 km au niveau du hub de Casablanca, et notamment de la gare Casa Sud, sont en cours, sous la houlette de TGCC.

 

Pour accompagner la mise en place de la nouvelle gare, la SRM Casablanca-Settat vient de lancer un appel d’offres pour la réalisation des travaux de déviation des ouvrages impactés par la LGV, ainsi que la réalisation des travaux de déplacement de la conduite d’eau potable DN800.

Le marché concerne la déviation des ouvrages impactés au niveau du boulevard Al Qods.

Le tracé des conduites projetées et les limites de chaque lot.

Les travaux sont répartis en 2 lots distincts :

– Lot 01 : réalisation des travaux de déviation de la conduite DN 800 d’eau potable ;

– Lot 02 : réalisation des travaux de déplacement de la station de pompage et de ses conduites d’arrivée et de refoulement.

Le coût des prestations est estimé à 5,2 millions de DH.

Un nouveau quartier nommé « Casa Sud »

Au-delà de la gare, un projet plus ambitieux a trait à la création d’une nouvelle centralité ou quartier, portée particulièrement par la ligne LGV et les aménagements urbains avoisinants à l’horizon 2030.

Cette nouvelle centralité portera le nom de Casa Sud. La naissance de ce nouveau quartier trouve ses origines dans « deux principaux projets » : le projet Nassim : un lieu de rattachement qui « assure la liaison entre Lissasfa et Sidi Maârouf et constitue avec eux l’expression spatiale des mutations de la banlieue sud-ouest de la capitale économique » ; et le projet de la nouvelle gare LGV de Casablanca, Casa Sud.

Qui dit nouveau quartier dit mobilité. Surtout quand ce nouveau quartier abritera la gare principale de la LGV. Donc, il est nécessaire d’avoir une desserte efficace en transports en commun qui, selon le plan directeur de mobilité du nouveau quartier Casa Sud à l’étude, permettra de :

Le nouveau quartier de la gare Casa Sud « constitue une véritable plateforme qui va générer et attirer des flux importants, notamment routiers ». Elle nécessitera une extension du réseau de tramway de Casablanca et un plan de circulation.

ONCF : Kiktrav se chargera du renouvellement de la voie du tronçon Tanger-Sidi Kacem pour 88 MDH

Lancé début avril par l’OCNF, le marché des travaux de renouvellement du tronçon Tanger-Sidi Kacem a été attribué à la société Kiktrav, une SARL casablancaise, pour 88 MDH, alors que le coût estimé initialement était de 84 MDH.

Kiktrav a fait l’offre « la moins disante » que ses deux autres concurrents : la Société des travaux Aït Mzab et Colas Rail Maroc.

Le renouvellement de la voie comprend principalement le déchargement et la distribution des traverses et rails fournis par l’ONCF, la dépose et la pose de la voie, le dégarnissage mécanisé ou manuel, ainsi que l’évacuation des matériaux extraits. Il intègre également le relevage et le nivellement de la voie, la mise en œuvre du ballast, la soudure des rails, ainsi que la libération des contraintes par tendeurs hydrauliques.

Parmi les opérations essentielles figurent également la manutention des matériaux de voie, la démolition et la réfection des passages à niveau, et l’assistance au meulage avec train Speno.

Le délai d’exécution est de 30 mois.

Régions concernées, tracés et stations : en images, voici ce que l’on sait du projet de RER déjà en cours de réalisation

Le Maroc s’engage dans une transformation majeure de sa mobilité urbaine et interurbaine, avec l’extension de la Ligne à grande vitesse (LGV) jusqu’à Marrakech, mais aussi le lancement de l’ambitieux projet du Réseau express régional (RER).

Ce dernier, en particulier, vise à améliorer la connectivité dans trois régions du Maroc : Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Marrakech-Safi.

Mené en parallèle de la LGV, ce projet de RER a pour objectif de décongestionner les réseaux ferroviaires existants et de répondre à la demande croissante en transports en commun, laquelle est appelée à augmenter davantage durant la période de la Coupe du monde 2030 que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal.

Les travaux du RER déjà lancés, en parallèle de la nouvelle LGV

Selon nos informations, les travaux du RER sont déjà en cours et avancent en parallèle avec ceux de l’extension de la LGV. Le projet devrait être opérationnel à l’horizon 2030, affirment nos sources. Les partenaires mobilisés sur ce chantier se sont alors engagés à le finaliser dès 2029.

Jusqu’à présent, seules les régions Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra étaient concernées par le projet. Désormais, la région Marrakech-Safi vient s’ajouter à cette dynamique.

Les deux premières régions sont déjà dotées des services de bus et de tramway. À Casablanca, le busway est opérationnel depuis 2024. Ce service est prévu pour être déployé bientôt à Rabat et à Marrakech. La mise en service du RER viendra ainsi améliorer davantage la mobilité au niveau de ces trois régions, offrir une solution de transport rapide et efficace, faciliter les trajets quotidiens des usagers entre les principales villes, mais aussi libérer la capacité sur les réseaux ferroviaires classiques.

Le futur projet de RER s’étendra sur un linéaire total de 250 km, apprend-on, avec 35 stations concernées à travers les différentes régions ciblées.

En plus de renforcer la mobilité quotidienne des citoyens, les tracés du RER au niveau des trois régions intégreront la desserte de trois stades majeurs, à savoir le nouveau Stade de Casablanca au niveau de Benslimane, le Stade Moulay Abdellah de Rabat et le Grand Stade de Marrakech. C’est donc un atout stratégique en prévision du Mondial 2030 et des autres événements sportifs à venir.

Avec une fréquence minimale de 7 minutes et 30 secondes, ce réseau vise à offrir une solution de transport rapide, efficace et adaptée aux besoins croissants des usagers.

Une seule ligne Rabat-Salé-Kénitra, reliant Kénitra à Skhirat

Dans la région Rabat-Salé-Kénitra, on ne parle que d’une seule ligne de RER, qui s’étend sur 54 km. Elle reliera Kénitra à Skhirat, en passant par des pôles stratégiques tels que Salé, Rabat, Témara et Aïn Atiq, comme le montre le tracé ci-dessous.

Le trajet complet durera environ 1 heure et 10 minutes, avec 12 stations réparties tout le long du parcours. Une fréquence de passage toutes les 15 minutes est envisagée, garantissant une régularité suffisante pour répondre aux besoins des usagers et désengorger les axes routiers saturés de la région.

Dans cette région, l’Office national des chemins de fer (ONCF) prévoit 150.000 passagers par jour à l’horizon 2040. Il table également sur une part de marché de 37% en voyageurs-kilomètre. Le parcours moyen RER représentera sur cet axe plus de deux fois celui des autres transports en commun en site propre.

Trois lignes pour relier 18 stations à Casablanca-Settat

Dans la région Casablanca-Settat, le RER devra relier la ville de Mohammédia à Nouaceur, avec une desserte cadencée vers l’aéroport Mohammed V, une nouvelle liaison ferroviaire vers le Grand Stade Hassan II de Casablanca, et le renforcement des dessertes vers Settat et El Jadida.

Le réseau s’articulera autour de trois lignes, couvrant un linéaire total de 92 kilomètres. Le tracé reliera 18 stations, allant du stade de Benslimane jusqu’à Nouaceur, en passant par des pôles clés tels que Mohammédia Facultés, Mohammédia, Zenata, Sidi Bernoussi, Aïn Sebaâ, Hay Mohammadi, Casa-Voyageurs, la nouvelle Médina, Mers Sultan, Oasis, Casablanca Sud, Sidi Maârouf et Bouskoura.

Dans le détail :

Selon le tronçon emprunté, la durée des trajets variera entre 32 minutes et 1 heure 11 minutes, avec une fréquence d’environ 15 minutes, pour un service cadencé et régulier, afin de désengorger l’agglomération casablancaise et ses environs.

Rien qu’à Casablanca, six nouvelles gares de RER seront construites, notamment à Bernoussi, Aïn Sebaâ, Hay Hassani et Mers Sultan. Leurs alentours seront aussi aménagés.

Sur le volet trafic, l’ONCF table sur 180.000 passagers par jour à l’horizon 2030 dans cette région. Par ailleurs, ce sont 41 à 53 millions de déplacements prévus par l’Office chaque année. En ce qui concerne la part de marché, l’ONCF table sur 27 à 32% en voyageurs-kilomètre.

À Marrakech-Safi, une seule ligne pour un temps de trajet estimé à 55 minutes

Dans la région Marrakech-Safi, le projet de RER prévoit également une seule ligne de 74 kilomètres, avec un temps de trajet estimé à 55 minutes.

Cette ligne desservira 6 stations : Benguérir, la Ville verte, Sidi Bouathmane, le Grand Stade de Marrakech, Marrakech Palmeraie et Marrakech Guéliz, comme le montre le tracé ci-dessous. Elle viendra ainsi renforcer la desserte ferroviaire entre les principaux pôles urbains de la région.

Les trains circuleront avec une fréquence de 30 minutes, permettant une meilleure régularité des déplacements quotidiens et contribuant à fluidifier la circulation entre les zones périurbaines et le centre de Marrakech.

Implantation de quatre grandes gares entre Casablanca et Marrakech

Un marché de conception architecturale, d’études techniques et de suivi de travaux de construction de quatre gares RER entre Casablanca et Marrakech a déjà été lancé. Il s’agit d’un concours en deux phases. La première a abouti à la présélection de 14 candidats. La seconde phase est pour sa part toujours en cours.

Les gares concernées sont celles de la Ville verte, de Sidi Bouathmane, de Sidi Ghanem et du stade de Marrakech. La gare RER de la Ville verte, dans la ville de Benguérir, sera située non loin de la gare existante de Benguérir et de la nouvelle gare LGV de la Ville verte, sur la route nationale 9.

Situation de la gare RER Ville verte – Source : ONCF

La gare de Sidi Bouathmane sera située dans la ville de Sidi Bouathmane, dans la région de Marrakech-Safi. Elle a pour but de dynamiser le potentiel de la zone industrielle de Sidi Bouathmane.

Situation de la gare RER Sidi Bouathmane. Source : ONCF

La liaison ferroviaire entre Benguérir et Marrakech effectuera ainsi une halte à Sidi Bouathmane et permettra, in fine, de fluidifier le flux de travailleurs de la zone industrielle du même nom, située à 35 kilomètres de Marrakech. Un atout logistique en plus, qui va densifier le réseau ferroviaire régional et donc remédier en partie à la faiblesse de l’offre de transport pour les voyageurs.

La gare de Sidi Ghanem sera, elle, située près de la zone industrielle de Sidi Boughanem, au nord-ouest de Marrakech. Plus exactement, elle sera construite au niveau de l’arrondissement Ménara, le long de la route de Safi (RN7).

Situation de la gare RER Sidi Ghanem. Source : ONCF

Enfin, la gare du Grand Stade de Marrakech se situera près du stade au nord de la ville, le long de la route nationale 9 (RN9) qui mène à Casablanca. Cette gare va servir davantage à desservir les voyageurs à destination du stade et y faciliter ainsi l’accès.

Situation de la gare RER du Grand stade de Marrakech. Source : ONCF

Composition fonctionnelle d’une gare RER

Selon les termes de ce même marché, l’ensemble des gares RER seront dédiées aux services RER ou RER/TNR. Le schéma type des gares RER se présente comme suit :

Les gares RER se positionneront ainsi comme des centres névralgiques du réseau de transport, intégrant les services majeurs, notamment de LGV, et potentiellement des TNR et des trains omnibus.

Elles seront conçues non seulement comme un hub de transport central et d’échange, mais aussi comme un lieu de confort et d’efficacité, répondant aux besoins diversifiés des voyageurs, tout en facilitant l’intermodalité entre les différents services ferroviaires et les autres modes de transport. Elles doivent, par ailleurs, intégrer modernité, respect de l’environnement et fonctionnalité des espaces.

Outre ce marché, un appel d’offres relatif à la réalisation des études de circulation et d’intermodalité au niveau des sites des gares RER a pour sa part été attribué à deux sociétés : CID et Novec.

L’ONCF déploie un dispositif spécial Aïd al-Adha

Ce dispositif « Spécial Aïd al-Adha » prévoit la programmation de trains supplémentaires, portant l’offre à environ 237 trains par jour, avec un renforcement ciblé sur les destinations les plus sollicitées, indique l’ONCF dans un communiqué.

Pour le train « Al Boraq », il s’agit de la mise en place d’une cadence horaire de 6h à 22h (hormis 13h) reliant Tanger à Kenitra, Rabat et Casablanca durant les jours de forte affluence, avec un accroissement de la capacité des places offertes sur les créneaux les plus sollicités.

Concernant le train « Al Atlas », l’ONCF renforce les capacités des trains, avec une programmation de trains supplémentaires sur les principaux axes du réseau ferroviaire Marrakech-Casa-Fès, Oujda, Nador, Khouribga et Safi.

Ce nouveau dispositif « Spécial Aïd al-Adha » prévoit également le renforcement des équipes d’accueil et d’orientation en gares et à bord des trains, ainsi que la mobilisation des équipes techniques 24h/24 et 7j/7, pour garantir le bon déroulement du trafic.

En cette période de forte affluence, l’ONCF recommande à ses clients d’anticiper l’achat des tickets de train et de privilégier la formule Aller-Retour afin d’éviter les files d’attente en gare et de garantir une place assise à bord.

Les billets sont disponibles via les différents canaux de vente ONCF (guichets ou au niveau des distributeurs automatiques de tickets au niveau des gares ; en ligne sur le site marchand « www.oncf-voyages.ma », via l’application mobile « ONCF VOYAGES », ou auprès des agences partenaires de la vente de proximité (Cash Plus, Barid Cash et Tasshilat).

Déraillement de train à Bouskoura : la SRM Casablanca-Settat condamnée à indemniser l’ONCF

La cour d’appel administrative de Rabat a condamné la société régionale multiservices (SRM) de Casablanca-Settat (successeur de Lydec) à verser une indemnisation de 61,97 millions de dirhams à l’Office national des chemins de fer (ONCF) à la suite du déraillement du train Atlas n° 610, survenu le 15 octobre 2019 à proximité de la gare de Bouskoura.

Rendu le 14 mai 2025, l’arrêt annule un jugement du tribunal administratif de Casablanca qui avait initialement rejeté la demande d’indemnisation de l’ONCF.

L’accident a eu lieu lorsqu’un train reliant Marrakech à Casablanca a déraillé en raison de défaillances sur la voie ferrée, situées du côté de Berrechid. L’ONCF reprochait à Lydec, chargée des travaux sur la plateforme ferroviaire, ainsi qu’à ses sous-traitants Capep et Segoh, de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour assurer la stabilité de la voie, causant ainsi l’incident.

Représentée par Me Zakaria Chakir Naciri, l’ONCF réclamait 135 millions de dirhams en dédommagement, considérant que les travaux mal exécutés avaient provoqué des dégâts importants. L’ONCF soulignait que cet incident avait non seulement endommagé plusieurs wagons, mais aussi gravement perturbé la circulation ferroviaire.

Plusieurs éléments ont été produits pour étayer la demande, notamment des rapports de la Gendarmerie royale, des expertises techniques et des procès-verbaux relatifs aux interventions sur le terrain.

Les procès-verbaux de la Gendarmerie royale, rédigés après l’accident, ont mis en évidence une déformation de la voie, confirmant que la rupture était liée à des défauts dans les travaux effectués. Un rapport d’expertise technique de l’Institut de criminalistique a également révélé que les injections de coulis de ciment utilisées pour stabiliser le sol n’étaient ni coordonnées avec l’ONCF ni conformes aux exigences de sécurité, provoquant une surélévation soudaine de la voie.

D’autres rapports, dont ceux du LPEE et de l’expert judiciaire Mohamed Jamal Bennouna, ont souligné des malfaçons dans l’exécution des travaux souterrains, notamment l’insuffisance des fondations, une remontée anormale des rails (jusqu’à 12 cm) et l’absence de suivi structurel du chantier. Selon ces experts, les défaillances identifiées étaient directement responsables de la rupture de la voie ayant entraîné le déraillement.

Bien que Lydec ait été mise en cause pour son rôle dans la conduite du chantier, la responsabilité a été juridiquement attribuée à la SRM Casablanca-Settat, en tant que structure lui ayant succédé. La cour d’appel a finalement estimé que la demande devait être partiellement accueillie, fixant l’indemnisation à 61,97 millions de dirhams.

Cette somme sera prise en charge par Axa Assurance, assureur de l’ex-Lydec, appelée à se substituer à son assurée pour l’exécution du paiement.

L’ONCF, l’ONDA et la SNTL s’associent à la FRDISI pour promouvoir l’innovation dans le transport

Trois conventions spécifiques de partenariat entre le ministère du Transport et de la logistique et la Fondation de recherche, de développement et d’innovation en sciences et ingénierie (FRDISI) ont été signées, le 14 mai à Rabat, lors d’une cérémonie présidée par le ministre du Transport et de la logistique, Abdessamad Kayouh, et le Conseiller du Roi et président de la FRDISI, André Azoulay.

Ces accords, qui s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de la convention-cadre conclue en juin 2024 entre les deux parties, visent à promouvoir la recherche scientifique et technologique dans le secteur du transport et de la logistique.

La première convention, signée entre l’Office national des chemins de fer (ONCF) et la FRDISI, porte sur le développement et la mise en œuvre de systèmes de gestion des transports intermodaux basés sur l’intelligence artificielle (IA), ainsi que sur l’automatisation des procédés de détection et de localisation des défauts de surface sur les trains à grande vitesse.

La deuxième convention, scellée entre l’Office national des aéroports (ONDA) et la FRDISI, concerne l’optimisation des performances cognitives pour une vigilance accrue et une sécurité renforcée dans le contrôle aérien et le pilotage assuré par l’ONDA, ainsi qu’une application mobile destinée à fournir des informations en temps réel et à assurer une gestion efficace des flux au sein des aéroports marocains.

Quant à la troisième convention, signée par la Société nationale des transports et de la logistique (SNTL) et la FRDISI, elle prévoit l’intégration de méthodes de « Machine Learning » dans l’optimisation et la maintenance prédictive des flottes de véhicules relevant de la SNTL.

(Avec MAP)