« Les précédentes instances présentaient des limites que j’ai déjà eu l’occasion de nommer. Il y avait un dialogue qui a existé, il y a eu des vraies avancées. Je ne veux pas sous-estimer ce qui avait été fait, par exemple, avec le Conseil français du culte musulman (CFCM) », a déclaré le président français.
« Mais l’Etat discutait bien souvent aussi avec d’autres Etats, dans le cadre d’une forme de rémanence, pas simplement diplomatique mais qui embarquait aussi tout une histoire dont il fallait progressivement sortir », a-t-il poursuivi, ajoutant : « C’est pourquoi nous avons décidé de mettre fin au CFCM. De manière très claire. Et à son activité. »
Interlocuteur historique des pouvoirs publics à partir de 2003, le CFCM, composé de fédérations rattachées aux pays d’origine (Maroc, Algérie, Turquie…), a connu ces dernières années de puissants différends internes.
En décembre 2021, l’exécutif a décidé de ne plus le considérer comme interlocuteur et lui a préféré le Forum de l’islam de France (Forif) – une instance composée d’acteurs de terrain désignés par les préfets – qui s’est réuni en séance plénière jeudi, après un an d’existence, pour livrer ses premiers travaux.
Après des mois de blocage, le CFCM, amputé de plusieurs fédérations de mosquées l’ayant quitté, a décidé début janvier de poursuivre son existence. Il tient dimanche une assemblée générale, avec pour ordre du jour une éventuelle modification de ses statuts, avec une représentation accrue des départements et une diminution du poids des fédérations le constituant.
Interrogé par la presse sur les propos du chef de l’Etat, le co-président du CFCM par intérim, Ibrahim Alci, invité à la rencontre de l’Elysée, a répondu : « Un CFCM, ça ne se dissout pas comme ça. » Le conseil d’administration « va se réunir » et « s’il veut dissoudre, ça se dissoudra. » Il a précisé que ce serait alors un processus « démocratique ».
A la question de savoir si le CFCM pourrait changer de nom, il a répondu, de manière évasive : « On pourrait, avec le conseil d’administration, acter la fin, oui. » Il a évoqué la possibilité d’une « renaissance du CFCM, différemment » via « une autre association, une autre organisation », mais n’a pas donné de détails.
Selon lui, « le Forif n’est pas le remplacement du CFCM ».
L’autre co-président du CFCM, Mohammed Moussaoui, contacté par l’AFP, n’était pas joignable.