Le groupe Addoha a bénéficié d’une année 2023 positive d’après les derniers chiffres disponibles à fin septembre. Le groupe affichait à la fin du T3-2023, un chiffre d’affaires en hausse de 53% à 1,75 MMDH. Une progression engendrée par « la reprise du programme de livraison sur plusieurs villes du Maroc », explique le groupe.

Le groupe a également affiché de bons indicateurs sur ses activités africaines, notamment concernant les préventes. En effet, celles-ci ont progressé à fin septembre de 13%, à 7.878 unités. Les filiales en Afrique de l’Ouest ont contribué́ à hauteur de 34% à ces préventes.

Addoha a jeté son dévolu sur l’Afrique subsaharienne de manière opérationnelle en 2017 et, désormais, c’est le cœur de la stratégie du groupe. Une stratégie qui a débuté discrètement en Côte d’Ivoire avant de se développer fortement dans la quasi-totalité des quartiers d’Abidjan. Un business model que le groupe compte bien répliquer dans les autres pays de la région. Contacté à ce sujet, le directeur général, Anas Berrada, est revenu sur le développement d’Addoha en Afrique subsaharienne et les projets à venir.

Plus de 40.000 logements à livrer en Afrique de l’Ouest

La Côte d’Ivoire a été le vaisseau amiral du groupe en Afrique. Les activités y ont démarré il y a maintenant sept ans, après deux années d’études terrain et de développement des connaissances du marché.

« L’activité en Afrique de l’Ouest est au cœur de notre stratégie et au centre de nos axes de développement. La réflexion au lancement des activités sur ce territoire a débuté en 2015, mais les opérations ont débuté en 2017, car il a fallu comprendre le marché, la spécificité de la demande dans chacun des pays qui composent l’Afrique de l’Ouest et par rapport à ce que nous faisions préalablement au Maroc », nous explique Anas Berrada.

Le groupe a commencé petit avant de développer massivement sa production et de diversifier son offre. « Les activités ont débuté avec deux programmes immobiliers en Côte d’Ivoire, orientés vers les logements économiques dans deux quartiers de la ville d’Abidjan. C’était une phase de lancement de marque et il fallait la construire », poursuit le directeur général.

Après avoir fait ses preuves sur ces projets et avoir consolidé sa marque dans le pays, Addoha a poursuivi son développement géographique et son développement produit avec du moyen et du haut standing. « Nous sommes aujourd’hui sur 15 projets immobiliers en Côte d’Ivoire, soit près de 30.000 logements à réaliser sur les prochaines années. Ils sont soit en cours de commercialisation, soit de production », précise Anas Berrada. Le groupe livre au global 2.000 à 3.000 logements par an, et 5.000 logements ont été livrés depuis le lancement du programme.

Le groupe cherche à dupliquer la méthode adoptée en Côte d’Ivoire en partant d’une consolidation de réputation de marque et d’un départ limité à quelques projets dans peu de quartiers, à une présence très marquée dans de multiples quartiers. Le groupe est également présent et opérationnel au Sénégal et en Guinée, où l’activité a démarré de façon similaire. Désormais, il ambitionne de « développer 10.000 logements au Sénégal, et nous sommes environ sur 3.000 logements en développement à Conakry », nous confie Anas Berrada.

41% du chiffre d’affaires sécurisé du groupe est en Afrique de l’Ouest

Depuis le début des opérations en 2017, le groupe a multiplié les projets et les livraisons dans la région. « Le chiffre d’affaires sécurisé est l’indicateur le plus parlant du fait que nos cycles d’exploitation sont longs entre la vente et la livraison effective, autour de 24 à 30 mois. Le cumul de tout ce que nous avons vendu à date tourne autour de 4 MMDH de chiffre d’affaires sécurisé en Afrique de l’Ouest, soit 40% des revenus sécurisés globaux. Il s’agit de tout ce qui va être livré à court et moyen terme », explique le directeur général du groupe.

La région demeure un fort relais de croissance pour le groupe malgré son développement remarquable depuis sept ans. « La Côte d’Ivoire dispose d’une très forte dynamique économique et a un besoin important. La dynamique de croissance est encore forte, alors que dans les autres pays comme le Sénégal et la Guinée, nous construisions la marque, qui est désormais établie. C’est un prélude au lancement de nouveaux programmes immobilier dans d’autres quartiers des villes où nous sommes présents », poursuit Anas Berrada.

Mais quid de la rentabilité de cette région par rapport au Maroc ? Si le groupe coté ne souhaite pas trop en dévoiler, il se contente de préciser que « le business model est différent de celui du Maroc, notamment au niveau de la construction, qui coûte généralement plus cher qu’au Maroc. Nous essayons de rééquilibrer le prix de vente. De fait, ce dernier est généralement plus élevé que ce que nous avons l’habitude de voir au Maroc ».

Cela s’explique par le fait que le groupe produit en masse et a besoin d’entreprises de construction aux moyens solides et à même de tenir la cadence. « À partir de là, il est difficile de s’adresser à des entreprises locales disposant de moyens limités et qui auraient des difficultés à suivre la réalisation de nos programmes. Donc, nous nous adressons à des entreprises dont les tarifs sont plus élevés », indique-t-il.

Le groupe doit y trouver son compte, car il est en phase d’expansion géographique dans la région. En effet, il projette d’attaquer deux nouveaux marchés. « Nous travaillons sur le Cameroun et le Togo. Ce que l’on a développé en Côte d’Ivoire est devenu une vitrine auprès de tous les pays voisins, et il y a donc des sollicitations pour venir faire le même type de programme dans ces pays », explique le directeur général qui confie qu’au Cameroun, le groupe est en phase avancée d’étude de marché.