La dernière note de conjoncture publiée par la DEPF propose une analyse des dynamiques récentes de l’économie marocaine, ainsi que de ses perspectives à court et moyen terme.

Voici les principaux points à retenir :

L’économie marocaine a poursuivi sa reprise en 2024, soutenue par une amélioration des indicateurs macroéconomiques, bien que certains déséquilibres persistent. La croissance a été stimulée par la bonne performance des secteurs secondaire et tertiaire, tandis que l’agriculture, bien qu’en progression, reste sous contrainte hydrique.

⇒ Un secteur primaire en amélioration, mais toujours vulnérable

Le secteur agricole bénéficie d’une légère amélioration des ressources en eau. Le taux de remplissage des barrages atteint 28% au 17 janvier 2025, enregistrant une hausse de 5 points sur un an. Cette progression est due aux précipitations survenues à partir de septembre 2024.

Les exportations agricoles et agroalimentaires affichent une croissance de 3,1% à fin novembre 2024, portées par la hausse des exportations des produits de l’agriculture et de la sylviculture (22,6%). La pêche côtière progresse en valeur de 5,7% à fin 2024, bien que son volume affiche une baisse de 1%.

⇒ Un secteur secondaire en plein essor

L’industrie a consolidé son rôle moteur dans l’économie nationale. La valeur ajoutée manufacturière progresse de 4,2% à fin septembre, avec des performances notables dans plusieurs secteurs clés. L’automobile enregistre une croissance de 6,7%, avec 145,9 MMDH d’exportations. L’aéronautique connaît une expansion de 16,9%, tandis que la production de phosphates affiche une forte hausse de 24,5% à fin novembre.

Le secteur du BTP renoue avec la croissance, avec une valeur ajoutée en augmentation de 7,6% au T3 et des ventes de ciment en hausse de 9,4% à fin 2024. L’énergie électrique voit sa production progresser de 2,4%.

⇒ Un secteur tertiaire dynamique, porté par le tourisme et les services

Le secteur tertiaire poursuit sa consolidation, en particulier grâce à la forte reprise du tourisme. Le nombre d’arrivées de touristes atteint 17,4 millions à fin 2024, soit une progression de 20%, générant 104,5 MMDH de recettes voyages. Le transport aérien progresse de 19,7% en nombre de passagers, tandis que le trafic portuaire affiche une augmentation de 15,8%.

Le secteur des télécommunications continue d’être porteur, avec un parc internet de 42,1 millions d’abonnés (6,5 %) et un taux de pénétration de 112,7%.

⇒ Une demande intérieure robuste

La consommation des ménages reste dynamique, soutenue par une inflation en nette décélération, qui s’établit à 0,9% en 2024, contre 6,1% en 2023. Les transferts des Marocains résidant à l’étranger progressent de 2,8%, et le crédit à la consommation affiche une hausse de 1,4%.

L’investissement demeure soutenu avec une hausse des IDE de 30,1%, une augmentation des importations de biens d’équipement de 12,1%, et une progression des dépenses publiques d’investissement de 6%.

⇒ Une balance commerciale sous pression

Les exportations marocaines augmentent de 5,2% à fin novembre, tirées par les secteurs stratégiques, mais les importations croissent plus rapidement (5,7%), creusant le déficit commercial à 275,7 MMDH. Le taux de couverture des importations par les exportations se stabilise à 60%, tandis que les avoirs officiels de réserve couvrent 5 mois et 5 jours d’importations.

⇒ Une amélioration des finances publiques

Le déficit budgétaire poursuit sa tendance baissière, s’établissant à 3,9% du PIB en 2024, contre 4,4% en 2023. Cette réduction est attribuable à une forte progression des recettes ordinaires (15,2% par rapport à 2023), en particulier les recettes fiscales (14,3%). Les dépenses publiques augmentent de 5,7%, mais les charges de compensation diminuent de 15,3%.