Le paiement fractionné, ou « Buy Now Pay Later » (BNPL), est un modèle financier qui gagne en popularité à l’échelle mondiale, et le Maroc ne fait pas exception. Cette solution de financement permet aux consommateurs d’acquérir des produits ou des services immédiatement tout en étalant le paiement sur plusieurs échéances, généralement sans frais supplémentaires.

Le BNPL connaît un véritable essor, notamment en Europe, aux États-Unis et au Moyen-Orient, avec des entreprises comme Klarna, Affirm ou encore Tabby qui ont non seulement transformé les comportements d’achat, mais aussi redéfini les pratiques financières dans leurs régions respectives.

Ce mode de paiement représente ainsi une alternative plus accessible au crédit classique, souvent associé à des taux d’intérêt élevés. Il permet de répondre à une demande croissante de flexibilité dans la gestion des dépenses des consommateurs, tout en favorisant une croissance des ventes pour les commerçants, qui peuvent constater une augmentation de leur panier moyen allant de 20% à 50%.

Une start-up marocaine pionnière dans le BNPL

Alya, la première start-up marocaine dans le domaine du paiement fractionné, s’illustre comme un acteur clé de cette transformation. Fondée par Brahim Zaid, Alya se positionne non seulement comme un facilitateur pour les consommateurs, mais aussi comme une solution novatrice pour les commerçants marocains.

Dans un échange avec Médias24, Brahim Zaid, fondateur et CEO d’Alya, nous explique les enjeux et les ambitions de sa start-up qui pourrait bien révolutionner l’écosystème économique national.

Comment le BNPL pourrait-il révolutionner l’écosystème économique national ?

Le paiement fractionné est un phénomène international qui connaît un grand succès dans des régions comme l’Europe, l’Amérique du Nord et le Moyen-Orient. En introduisant ce modèle au Maroc, Alya vise à dynamiser la consommation en permettant aux consommateurs marocains d’accéder à des produits et services de manière plus flexible.

Selon Brahim Zaid, « Le BNPL va stimuler la demande et accompagner la croissance du retail, avec des augmentations de ventes qui peuvent atteindre 50% ». Il ajoute que le modèle permet également d’améliorer l’inclusion financière, notamment en offrant des solutions plus accessibles que le crédit traditionnel.

Alya se positionne comme le premier acteur BNPL ayant obtenu le feu vert de Bank Al-Maghrib au Maroc. Son cadre légal solide repose sur une approche de co-construction avec la banque centrale qui encourage l’innovation fintech sérieuse et responsable. « Nous avons obtenu le feu vert officiel grâce à une gouvernance rigoureuse et une gestion prudente du risque », souligne Brahim Zaid.

Une solution concrète face à la crise économique ?

Dans un contexte économique difficile, marqué par une baisse du pouvoir d’achat et une stagnation des crédits à la consommation, le BNPL se présente comme une alternative efficace. Brahim Zaid affirme que « le BNPL offre une solution concrète pour mieux gérer son budget ».

Il permet aux consommateurs d’échelonner leurs paiements en 2, 3 ou 4 fois sans frais supplémentaires, rendant l’accès à des biens de consommation courante plus abordable ». Il cite des exemples de produits que les Marocains peuvent acheter en plusieurs fois, allant des appareils électroménagers aux vêtements pour enfants en passant par des abonnements à des salles de sport ou même des voyages.

Les risques de surendettement, une préoccupation légitime

Toutefois, la question du surendettement reste d’actualité. Brahim Zaid reconnaît ce risque, mais insiste sur les mécanismes de contrôle rigoureux mis en place par Alya. « Nous utilisons des modèles de scoring avancés pour évaluer la solvabilité des utilisateurs, garantissant que chaque consommateur dispose d’une capacité de remboursement adaptée », explique-t-il.

Alya veille ainsi à plafonner les crédits en fonction des revenus et de l’historique de paiement des utilisateurs. Il précise également qu’Alya adopte une approche transparente et éthique, avec des conditions claires et sans frais cachés, afin d’éviter l’accumulation de dettes.

Une alternative aux crédits bancaires classiques ?

Alya se distingue également par son modèle économique innovant. Contrairement aux crédits classiques, qui imposent souvent des intérêts élevés et des frais supplémentaires, Alya propose un service gratuit pour les consommateurs, se rémunérant par une commission auprès des commerçants.

« Nous avons une approche orientée retail, où nous aidons les commerçants à augmenter leur taux de conversion, leur panier moyen, et à améliorer leur gestion du besoin en fonds de roulement (BFR) », souligne Brahim Zaid.

Alya ne compte pas s’arrêter là. La start-up envisage de diversifier son offre en proposant de nouveaux produits financiers pour répondre aux besoins croissants des consommateurs. Selon Brahim Zaid, « Le marché BNPL au Maroc est estimé entre 15 et 20 milliards de DH, avec un potentiel de 50 MMDH d’ici 2030″.

L’expansion régionale fait également partie de ses objectifs, avec des ambitions de s’étendre vers d’autres pays d’Afrique francophone et d’Afrique du Nord.

Alya a su tisser des partenariats stratégiques avec des acteurs de la monétique et de la finance, tant au niveau national qu’international. « Nous avons conclu des partenariats avec des investisseurs comme Plug and Play, Proparco et MFounders, et nous continuons à renforcer nos collaborations dans des secteurs clés comme la banque, l’assurance, et le retail », explique Brahim Zaid.

La start-up envisage également d’annoncer de nouveaux partenariats dans des domaines comme l’assurance automobile et l’électroménager, des secteurs où la demande pour des solutions de paiement flexible est en pleine croissance.