Le secteur bancaire mondial s’apprête à adopter la norme ISO 20022, un standard international élaboré par le Comité technique TC68 des services financiers de l’ISO, qui vise à uniformiser l’échange de données entre institutions.
Déjà mise en œuvre dans de nombreux pays, cette norme repose sur un format XML permettant une transmission plus structurée et détaillée des informations de paiement.
À l’échelle internationale, la transition vers ISO 20022 s’inscrit dans un processus encadré par SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication), qui prévoit une période de coexistence entre les anciens formats de messages (MT) et le nouveau standard jusqu’en novembre 2025.
Ce calendrier de migration a pour objectif de permettre aux acteurs financiers d’adapter progressivement leurs systèmes tout en assurant une continuité dans les échanges transfrontaliers. Dans ce contexte, le nouveau format, basé sur XML, offre l’avantage de permettre la transmission de données plus détaillées et mieux structurées, améliorant ainsi la transparence et l’efficacité des paiements.
Alors, qu’en est-il du Maroc ?
Au Maroc, le secteur bancaire, fortement intégré aux échanges internationaux, fait face à la nécessité de moderniser ses systèmes de paiement. À la date de rédaction de cet article, soit neuf mois avant l’échéance de novembre 2025, aucune banque marocaine n’a officiellement communiqué sur l’adoption de la norme ISO 20022.
Entre opportunités de modernisation et risques de non-conformité
L’adoption de cette norme représente une opportunité pour les banques marocaines d’améliorer leur interopérabilité avec les réseaux internationaux et de renforcer la compétitivité de leurs services. En migrant vers ce nouveau système, ces institutions pourraient offrir des services plus efficaces et réduire les coûts liés aux opérations de paiement.
Pour les entreprises marocaines, l’utilisation d’ISO 20022 constitue également une opportunité d’optimiser la gestion de leurs flux financiers et d’accroître la transparence des transactions.
Contacté par Médias24, Mouad Ichchou, Trade finance & Cash management specialist, indique que la norme ISO 20022 représente une opportunité pour les banques marocaines.
« En adoptant cette norme, les banques marocaines s’offrent l’occasion d’étoffer leurs offres de services ‘Open Banking’, par exemple l’échange des données en temps réel avec les systèmes adoptant la même norme de leur clientèle entreprise, ainsi que de servir l’ambition d’une automatisation de la prise en charge end-to-end d’une opération de virement sans intervention humaine, par exemple. Par ailleurs, ces nouveaux standards renforcent la transparence et la conformité des opérations internationales, permettant aux banques d’explorer et d’analyser davantage les métadonnées de la nouvelle structure des messages pour une opération de paiement, à titre d’exemple aussi », explique notre source.
« L’adoption de cette norme engendre des coûts, non seulement pour la migration des systèmes, mais aussi pour la formation des équipes impliquées, qu’il s’agisse de l’informatique, de l’organisation, du traitement des opérations, de la conformité, de la correspondance bancaire, de la banque transactionnelle ou encore de la monétique. Toutefois, ces coûts restent limités au regard des risques de perturbation dans le traitement des paiements à l’échelle nationale et de l’opportunité qu’offre cette transition pour s’aligner sur le langage de l’innovation et des technologies émergentes, dites Fintech », explique-t-il.
Un retard dans la mise en œuvre d’ISO 20022 comporte des risques. Et les risques liés à la non-conformité dépassent largement les coûts associés à cette transition. En cas de non-conformité, les transactions pourraient être retardées ou nécessiter des intermédiaires pour effectuer la conversion des messages, ce qui pourrait entraîner des coûts supplémentaires conséquents et des délais dans le traitement des paiements. De plus, l’isolement progressif des banques marocaines sur la scène internationale pourrait affecter la compétitivité du système financier national.