L’analyse de la situation mensuelle des finances publiques à fin mars 2025, émanant de la Trésorerie générale du Royaume (TGR), laisse apparaître des performances contrastées.
Des recettes fiscales en forte progression
Les recettes fiscales ont bondi de 24,2% par rapport à la même période de 2024, atteignant 104,6 MMDH à fin mars 2025. Cette performance trouve ses racines dans la croissance soutenue des impôts directs de 40,4% et des impôts indirects de 10%.
Pour ce qui est des impôts directs, leur progression s’explique, d’une part, par la solide performance de l’impôt sur les sociétés (IS), passé de 26,5 MMDH à 36,9 MMDH entre mars 2024 et mars 2025, soit une hausse remarquable de 39,2%.
Et d’autre part, par la bonne tenue de l’impôt sur le revenu (IR)*, en augmentation de 43,6%, pour se situer à 21 MMDH à fin mars 2025 contre 14,7 MMDH un an auparavant.
Cependant, cette dynamique a été partiellement contrebalancée par la baisse des recettes non fiscales, en repli de 11,6%, s’établissant à 9,4 MMDH à fin mars 2025.
Toutefois, il convient de mentionner la solide performance de la TVA, dont les recettes brutes ont atteint 26,1 MMDH, en progression de 9,6% par rapport à la même période de 2024. Cette performance s’explique principalement par la hausse de la TVA à l’importation, qui a progressé de 7% pour s’établir à 13,7 MMDH. Par ailleurs, la TVA à l’intérieur a connu une hausse des recettes brutes de 12,7%, atteignant 12,4 MMDH.
Forte accélération des dépenses ordinaires
Concernant les dépenses ordinaires, celles-ci enregistrent une hausse significative de 36,3%, passant de 75,7 MMDH à 103,2 MMDH entre mars 2024 et mars 2025.
Cette progression s’explique d’une part par la hausse des dépenses du personnel de 13,8%, conséquence directe des revalorisations salariales dans le secteur public issues du dialogue social. Et d’autre part, par l’envolée des dépenses liées aux autres biens et services, qui ont bondi de 63,8%.
De même, les intérêts relatifs à la dette, notamment intérieure, ont enregistré une nette progression de 62,1%, atteignant, à fin mars 2025, 7,5 MMDH contre 4,7 MMDH un an plus tôt.
Ainsi, le solde ordinaire, soit la différence entre recettes ordinaires et dépenses ordinaires, demeure positif, mais en net repli : il s’établit à 10,7 MMDH à fin mars 2025, contre 19,1 MMDH un an auparavant.
S’agissant de l’investissement, il s’est établi à fin mars 2025 à 28 MMDH, enregistrant ainsi une hausse de 15,9%. En retranchant ce montant (investissement) du solde ordinaire, puis en y ajoutant le solde des comptes spéciaux du Trésor (22,6 MMDH) et le solde des SEGMA (611 MDH), on obtient le solde global, qui s’établit à 5,9 MMDH à fin mars 2025, contre 16,8 MMDH à la même période de l’année précédente.
* Il est à noter que les recettes de l’IR à fin mars 2025 comprennent un montant de 3,8 MMDH provenant de l’opération de régularisation volontaire de la situation fiscale du contribuable (article 7 de la loi de finances 2024).