Les dépenses de compensation au Maroc ont connu une baisse notable sur la période 2022-2024, passant de 41,8 MMDH en 2022 à 29,9 MMDH en 2023, puis à 25,4 MMDH en 2024. Cette évolution s’explique par une combinaison de facteurs économiques conjoncturels et de décisions budgétaires ayant pour objectif de réformer graduellement le système de subventions.
Une trajectoire de repli entamée après un pic historique en 2022
L’année 2022 a été marquée par un niveau exceptionnellement élevé des charges de compensation, sous l’effet de la flambée des prix des matières premières sur les marchés internationaux, notamment ceux de l’énergie et des produits agricoles. Le prix du gaz butane a atteint une moyenne de 739 dollars la tonne, contre 627 dollars en 2021. Cette hausse a porté la facture de la subvention du butane à près de 22 MMDH, soit plus de 50% des dépenses de compensation totales.
À ces charges se sont ajoutées des subventions accordées aux professionnels du transport routier, pour un montant de 4,4 MMDH, dans le cadre des mesures de soutien face à la hausse des prix des carburants.En 2023, les dépenses de compensation ont baissé de 11,8 MMDH par rapport à 2022En 2023, les charges ont reculé à 29,9 MMDH, soit une baisse de 11,8 milliards par rapport à l’année précédente. Cette baisse s’explique principalement par l’atténuation des tensions sur les marchés internationaux et par la réduction des subventions exceptionnelles. Le coût du gaz butane s’est établi à 16,7 MMDH, tandis que les subventions au sucre et à la farine nationale ont mobilisé respectivement 6,6 et 3,9 MMDH. Les aides aux transporteurs ont également été revues à la baisse, avec une enveloppe de 2,5 MMDH.
La tendance à la baisse s’est poursuivie en 2024, avec des dépenses ramenées à 25,4 MMDH. Ce recul de 4,5 MMDH par rapport à 2023 résulte d’un repli généralisé des charges liées aux principaux produits subventionnés. La facture du gaz butane a diminué à 15 MDH, en baisse de 1,8 MMDH. Celle de la farine nationale est tombée à 2,2 MMDH, en recul de 1,7 MMDH, tandis que le coût du sucre a été contenu à 6,2 MMDH. Les aides au transport ont, quant à elles, été réduites à 1,7 MMDH.
L’année 2024 se distingue aussi par une première mesure de décompensation partielle du gaz butane, entrée en vigueur le 20 mai, avec une réduction de 2,5 dirhams pour la bonbonne de 3 kg et de 10 dirhams pour celle de 12 kg. Cette mesure marque le début d’une orientation plus ciblée des subventions, inscrite dans une logique de rationalisation des dépenses publiques.
À ce stade, les données disponibles pour 2025 confirment, de manière encore partielle, la poursuite de cette tendance baissière. Les dépenses de compensation arrêtées à fin mars affichent un recul de 27,8% par rapport à celles enregistrées sur la même période en 2024.
Si cette dynamique venait à se maintenir sur l’ensemble de l’année, elle traduirait une poursuite de la consolidation budgétaire engagée. Cependant, toute interprétation hâtive doit être évitée, dans la mesure où les données trimestrielles ne permettent pas à elles seules d’anticiper avec certitude l’évolution annuelle.