Autour du thème des énergies comme pilier stratégique de la sécurité hydrique et du développement durable, la 16ᵉ Conférence de l’énergie, organisée par la Fédération de l’énergie du Maroc, s’est ouverte ce mercredi 23 avril à Ouarzazate, avec la France comme invitée d’honneur.
Cet événement coïncide cette année avec la remise en service, quelques jours plus tôt, de la station Noor Ouarzazate III, l’une des plus grandes centrales solaires thermodynamiques (CSP) au monde. Cette remise en état a nécessité des interventions techniques complexes et un travail approfondi pour garantir la non-récurrence de ce tel d’incident.
Aziz Akhannouch a profité de l’occasion pour annoncer que, grâce aux efforts menés depuis une quinzaine d’années, le Maroc devrait atteindre prochainement l’objectif du taux de 52% d’intégration du renouvelable dans le mix électrique national.
« Les efforts déployés par les différents acteurs dans le Royaume permettront de dépasser dès la fin de l’année prochaine, en 2026, l’objectif de 52% des énergies renouvelables dans le mix électrique. Objectif fixé initialement à 2030″, a annoncé Aziz Akhannouch.
L’atteinte de cet objectif n’annonce pas la fin des ambitions marocaines, puisque le chef du gouvernement a affirmé que le Maroc opte pour une intégration plus concrète des énergies renouvelables dans ses systèmes de production, de transport, d’habitat et d’agriculture, ainsi que pour une généralisation des solutions bas carbone dans ses villes, ses industries et ses territoires ruraux.
Dans ce sens, l’Offre Maroc pour le développement du secteur de l’hydrogène vert représente une nouvelle voie de travail prometteuse, a indiqué Aziz Akhannouch. La position privilégiée du Royaume, ses ressources naturelles riches et diversifiées, sa situation géographique stratégique et ses infrastructures aux normes internationales sont autant d’atouts exceptionnels qu’offre le Maroc pour encourager l’investissement dans ce secteur encore juvénile.
Confronté à un stress hydrique chronique persistant depuis sept années consécutives, le Maroc s’est trouvé dans l’obligation de repenser en profondeur la politique hydrique nationale avec notamment un programme d’envergure de dessalement d’eau de mer. L’objectif est de renforcer et sécuriser l’alimentation en eau potable dans plusieurs régions et d’assurer l’irrigation de de nombreux périmètres. Cependant, ce type de projets implique une grande consommation d’énergie, et l’implication des énergies renouvelables dans ces projets est plus qu’une nécessité :
« L’alimentation des stations de dessalement par les énergies renouvelables permet d’atteindre deux objectifs majeurs : la réduction de l’empreinte carbone des unités de dessalement… et la réduction du coût du m³ d’eau dessalée, comme c’est le cas pour le projet de dessalement à Dakhla », a-t-il précisé.
À l’instar de la R&D dans le domaine énergétique, qui exige de saisir les opportunités offertes par les technologies de rupture, Aziz Akhannouch a mis en avant l’importance de l’innovation tout au long de la chaîne de valeur du secteur de l’eau. Cette innovation doit englober l’ensemble du processus, depuis la recherche et la mobilisation des ressources jusqu’à leur distribution et leur réutilisation.
Il a également insisté sur le fait que la synergie entre les politiques de l’eau et de l’énergie constitue aujourd’hui à la fois une nécessité impérieuse et une opportunité stratégique pour relever les défis futurs. « Le Maroc poursuivra, avec détermination, sa trajectoire en faveur d’un développement sobre en carbone, juste et durable… En renforçant ses partenariats et en s’affirmant comme une force de proposition et de solution à l’échelle régionale et internationale », a conclu le chef du gouvernement.
Avec la participation des entreprises énergétiques nationales et internationales et des parties prenantes du secteur des énergies, cet événement, qui en est à sa 16ᵉ édition, se conclura ce mercredi après des débats intéressants sur l’intégration des EnR pour une industrie décarbonée, les solutions de dessalement durable et la valorisation des énergies à travers des applicatifs propres et bas carbone.