S’exprimant devant les parlementaires à la Chambre des conseillers, le mardi 3 juin, le ministre de l’Industrie et du commerce a dressé un constat sans détour.

En réponse à une question sur la baisse des exportations automobiles, Ryad Mezzour a indiqué que ces exportations ont reculé de 22% sur les quatre premiers mois de 2025, en glissement annuel.

« Les exportations automobiles sur les quatre premiers mois enregistrent une baisse de 7%, tandis que celles des voitures accusent, à elles seules, un recul de 22%« , précise-t-il.

Le ministre a néanmoins tenu à relativiser la portée de cette baisse. « Ce repli s’explique par plusieurs facteurs, essentiellement conjoncturels ».

Dans son intervention, Mezzour pointe d’abord du doigt la situation du marché européen, qui reste la principale destination des voitures made in Morocco. Selon lui, l’essoufflement de la demande en Europe, et notamment en France, constitue la raison centrale de cette baisse.

« L’essentiel dans cette dynamique, c’est le ralentissement du marché européen, qui demeure la principale destination de nos exportations. Ce marché montre des signes de perte de dynamisme : à titre d’exemple, le marché français a enregistré une contraction de plus de 25% des ventes de voitures sur la même période », explique le ministre.

Diversification des débouchés : un nouveau cap pour la politique commerciale de l’automobile

Face à cette dépendance structurelle à l’Europe, le ministère de l’Industrie et du commerce entend revoir sa stratégie en profondeur.

« En collaboration avec Omar Hejira, secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, nous œuvrons à une nouvelle conception de notre politique commerciale, avec pour objectif de diversifier nos débouchés », indique-t-il.

L’objectif est clair : réduire la vulnérabilité géographique des exportations automobiles marocaines en s’ouvrant à de nouveaux marchés.

« Nous travaillons également en étroite coordination avec les investisseurs et les producteurs installés au Maroc, afin d’élargir notre portefeuille de marchés et de consolider notre offre exportable », précise Ryad Mezzour.L’ambition est de porter le nombre des marchés d’exportation de 70 actuellement à 95, voire 100.Le Maroc, qui exporte actuellement vers plusieurs pays, ambitionne d’élargir considérablement cette base. Selon Mezzour, 25 à 30 nouveaux marchés pourraient être conquis à court et moyen terme. Cette stratégie vise à atténuer l’exposition du pays aux chocs exogènes touchant des zones spécifiques.

« À ce jour, les voitures produites au Maroc sont exportées vers 68 à 70 pays. Notre ambition est d’ajouter 25 à 30 nouveaux marchés à cette liste, dans le but de réduire notre exposition aux risques liés à la concentration géographique ».

Malgré les tensions conjoncturelles, le ministre se veut optimiste pour l’avenir. « Nous avons pleine confiance dans le potentiel du secteur automobile. D’ailleurs, avec la localisation de la production de batteries, nous estimons qu’il est possible de doubler nos exportations automobiles au cours des cinq prochaines années », conclut-il.