L’analyse de la situation mensuelle des finances publiques à fin mai 2025, publiée par la TGR, met en évidence une nette progression des recettes, principalement fiscales, mais aussi une importante hausse des dépenses, qui se traduit par un déficit global nettement supérieur à celui enregistré un an plus tôt.
Recettes : une dynamique soutenue
À 150,9 MMDH, les recettes fiscales gagnent 19% sur un an. Cette performance repose d’abord sur la fiscalité domestique, dont le produit progresse de 25,4% pour atteindre 105,5 MMDH.
L’impôt sur les sociétés en est le principal moteur : il bondit de 36,6% pour s’établir à 40,5 MMDH. L’impôt sur le revenu suit la même tendance (27,6%) et atteint 32,3 MMDH. Ce total inclut 3,8 MMDH provenant de l’opération de régularisation volontaire instituée par la loi de finances 2024.
Du côté de la TVA, la branche intérieure réalise un produit brut de 19,9 MMDH, en hausse de 13,8%, tandis que la TVA à l’importation s’élève à 24,5 MMDH, en progression de 6,1%.
Parallèlement, les recettes non fiscales atteignent 20,5 MMDH, en progression de 24,7%, sous l’effet du renforcement des versements des comptes spéciaux du Trésor (CST) au budget général (11,7 MMDH) et de la bonne tenue des monopoles publics, notamment Bank Al-Maghrib et l’Agence de la conservation foncière.
Finances publiques : forte poussée des charges ordinaires
Les dépenses ordinaires émises s’élèvent à 159,8 MMDH, en hausse de 24,4%. Les traitements et salaires représentent 73,1 MMDH, soit une augmentation de 11,2%, tandis que les autres dépenses de biens et services grimpent de 51,9% pour atteindre 58,4 MMDH.
La charge d’intérêts de la dette s’établit à 16,8 MMDH, en hausse de 13%. Les émissions au titre de la compensation reculent de 31,9% pour se situer à 3,1 MMDH, alors que les remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux atteignent 8,4 MMDH, en bond de 75,8%, traduisant l’effort de liquidation des arriérés de TVA et des restitutions d’IS.
Les dépenses d’investissement, quant à elles, progressent de 26,4% pour s’établir à 48,6 MMDH, dynamisées par les charges communes (56,5%) tandis que celles engagées par les ministères restent quasi stables.
Ainsi, malgré la progression des dépenses, le solde ordinaire demeure positif, à 11,6 MMDH, contre 14,9 MMDH à fin mai 2024. Après prise en compte de l’effort d’investissement et d’un excédent de 13,1 MMDH dégagé par les comptes spéciaux du Trésor, le déficit global du Trésor ressort néanmoins à 22,9 MMDH, soit le double des 11,2 MMDH observés un an plus tôt.