L’ancien parlementaire s’est absenté pour des raisons médicales qui lui ont valu un passage en salle d’opérations, à en croire sa défense, qui plaide pour un renvoi d’au moins une semaine.

« L’accusé est à l’hôpital pour subir des interventions chirurgicales. Une première a déjà eu lieu en attendant la deuxième. Il n’a pas comparu pour des raisons qui échappent à sa volonté. Nous réclamons un report pour protéger ses droits », a souligné Mohammed El Houssaini Karrout, avocat d’Abdenbi Bioui, poursuivi pour trafic international de stupéfiants.

« Avez-vous un certificat médical pour prouver la situation de l’accusé ? », demande le président Ali Torchi. Ce à quoi la défense de l’accusé répond par une négation tacite, renvoyant au parquet général la possibilité de s’en enquérir.

Le représentant du ministère public, justement, s’est opposé à l’idée d’un report. Pour lui, on peut reprendre l’examen du dossier qui en est au stade de l’audition des témoins (parmi ceux présents, la chanteuse marocaine Latifa Raafat).

« Il n’existe aucun obstacle à ce que les témoins qui n’ont pas de liens avec l’accusé soient entendus aujourd’hui par la Cour », explique brièvement le magistrat « debout ».

Cette remarque à priori anodine donne lieu à une objection ferme de la défense, qui craint une potentielle atteinte aux droits de la défense.

« Le postulat du ministère public supposerait que l’on sache d’avance ce qu’un témoin va dire. Sachant que ce dossier est censé impliquer une connexité entre les accusés », rétorque Me Karrout, appuyé par deux autres avocats de la défense. Pour la partie Bioui, recueillir des témoignages en l’absence de ce dernier empêcherait des confrontations séance tenante en cas de déclarations compromettantes.

Après délibéré, le juge Ali Torchi a accepté la requête de la défense. Le dossier a été renvoyé à l’audience du 2 octobre. La prochaine étape sera marquée par l’audition de Latifa Raafat, un témoin phare de cette affaire de trafic international de drogue.