Autorisée par le Conseil de la concurrence cinq ans après sa création, la coentreprise Chrono Diali, portée par Barid Al-Maghrib et Geopost, demeure sous étroite surveillance. Le régulateur prévoit de réexaminer l’opération dans un délai d’un an après l’autorisation datée de juillet 2024.

L’objectif est d’évaluer son impact sur le marché de la livraison de colis liés au e-commerce, lit-on dans la décision publiée au Bulletin officiel du 22 septembre.

Le Conseil indique avoir identifié plusieurs effets susceptibles d’altérer la concurrence :

  • des effets horizontaux, liés au cumul de parts de marché et à l’accès préférentiel de la nouvelle coentreprise aux infrastructures de Barid Al-Maghrib, déjà titulaire du monopole postal ;
  • des effets verticaux, grâce à l’intégration au transport transfrontalier de colis, offrant à Chrono Diali des avantages de synergie avec son partenaire public ;
  • des effets congloméraux, enfin, permettant à Barid Al-Maghrib d’exploiter sa position d’opérateur exclusif du service postal pour renforcer sa présence dans le marché concurrentiel de la livraison de colis, avec le risque de pratiques discriminatoires vis-à-vis des autres opérateurs.

Le texte fait une autre révélation. Dans une correspondance adressée au Conseil en juillet 2025, Barid Al-Maghrib annonce qu’un projet de réforme du cadre postal était déjà en cours d’examen. Ce texte prévoit d’ouvrir le marché de la livraison de colis aux opérateurs privés contre paiement d’une redevance. Une évolution qui, selon l’opérateur public, devrait modifier la structure du marché et atténuer les risques relevés.

L’annonce de cette refonte a conduit le Conseil à valider la création de Chrono Diali, tout en conditionnant cette autorisation à un suivi spécifique.

Pour rappel, l’autorisation a été délivrée par le Conseil de la concurrence dans le cadre d’une régularisation sollicitée par Barid Al Maghrib. Ce dernier avait procédé à la création de Chrono Diali sans notification préalable au régulateur, une infraction qui lui a valu le paiement d’une amende. Un deuxième dossier, toujours en cours, vise quant à lui à vérifier la légalité du transfert, par l’opérateur postal marocain, de son monopole légal à sa filiale.