Durant sa présentation du projet de budget sectoriel du ministère de l’Industrie et du commerce au Parlement, le ministre Ryad Mezzour s’est expliqué sur la situation du marché de l’automobile.

2025, une année difficile pour le secteur automobile marocain

« Je ne vais pas vous mentir, 2025 a été très très difficile », a-t-il confié. « Nous avons commencé l’année avec des chiffres très modestes pour l’industrie automobile. Franchement, les trois ou quatre premiers mois, les résultats étaient vraiment faibles », poursuit-il, confirmant les différents articles de Médias24 à la fin du premier trimestre, sur le sujet.

Cette baisse était le résultat d’un changement de la demande européenne vers les véhicules électriques, tandis que le marché des moteurs thermiques perdait des parts de marché. Médias24 avait également indiqué qu’il s’agissait d’un problème plus structurel que conjoncturel.

Pour ce qui est des causes sous-jacentes, le ministre pointe du doigt les problématiques qu’une marque produite au Maroc a rencontrées au niveau de son moteur, ainsi que la concurrence chinoise féroce, notamment celle des voitures électriques qui ont inondé le marché européen.

« Nous avions un modèle produit au Maroc, à raison de 180.000 à 190.000 unités par an, qui a rencontré des problèmes de moteur (…). Ses ventes ont fortement chuté en Europe, parallèlement à une baisse générale des ventes automobiles sur le continent et à une concurrence accrue de la Chine. Nous étions dans une situation plutôt inconfortable », souligne Ryad Mezzour.

Sans la nommer, le ministre fait référence à la marque Peugeot, qui a eu un grand problème relatif à son moteur essence 1.2 L PureTech. Cela a affecté significativement ses ventes.

Selon le ministre, un grand travail a été accompli. « Nous avons redressé la situation : nous avons apporté des améliorations, travaillé dur et ajusté plusieurs aspects, à la fois avec nos constructeurs et sur les marchés. Aujourd’hui, nous sommes revenus à un niveau équivalent à celui de l’an dernier. Et ce qui est le plus important pour l’industrie automobile, c’est que nous avons retrouvé l’équilibre par rapport à 2024, avec une légère baisse de 2,7 % ».

Les chiffres de l’Office des changes à fin septembre 2025 indiquent, en effet, que les exportations automobiles accusent un repli de 2,7%. Néanmoins, le segment de la construction, qui reflète fidèlement la demande étrangère pour les voitures produites au Maroc, enregistre, lui aussi, une baisse marquée de 14,6%.

Le Maroc prépare 2026 avec une capacité accrue et une vision plus flexible

Pour ce qui est des perspectives de fin d’année, Ryad Mezzour table sur une stagnation des exportations. « Nous terminerons donc l’année à peu près au même niveau. Mais en même temps, et c’est ce qui compte le plus, les investisseurs présents dans notre pays ont renouvelé leur confiance dans la plateforme industrielle marocaine ».

« Je peux le dire avec fierté, le Maroc dispose désormais d’une plateforme industrielle automobile dotée d’une capacité de production d’un million de véhicules par an », précise-t-il. Il convient de noter qu’il s’agit de la capacité nominale, laquelle dépasse largement la production effective.

Le ministre a également souligné l’essor que connaît l’industrie. « Nous avons d’ailleurs vu apparaître, pour le constructeur ayant connu des problèmes de moteur, deux nouveaux modèles qui seront produits à Kénitra, des modèles haut de gamme qui devraient connaître un fort succès commercial. Dans le même temps, l’autre constructeur a établi avec nous un plan d’action allant jusqu’en 2030. Ce plan nous permettra de transformer la totalité de sa capacité de production, soit 500.000 véhicules par an, afin qu’il puisse fabriquer des voitures électriques, hybrides et thermiques sur une même ligne de production. Cela nous offrira la flexibilité nécessaire pour répondre à l’évolution de la demande des marchés ».

« Nous pourrons aussi diversifier nos marchés et réduire notre dépendance à certains d’entre eux. C’est une nouvelle dont nous pouvons être fiers. Nous verrons, dès l’année prochaine, les effets positifs sur les performances du secteur automobile », conclut-il.