Dans un contexte difficile où la demande textile européenne se contracte et où la pression concurrentielle fait perdre des parts de marché aux principaux producteurs, le textile marocain se retrouve confronté à des défis majeurs.

Les récentes perspectives de fin d’année tablent sur un niveau d’exportations proche ou égal à celui atteint en 2024.

Cette situation se reflète dans la baisse enregistrée au niveau des exportations du secteur, qui atteignent 37,7 MMDH à fin octobre 2025, en recul de 3,9% en glissement annuel.

Les causes sont bien identifiées. Les nouveaux droits de douane américains visant les exportations asiatiques ont poussé les producteurs de pays très compétitifs, notamment la Chine, l’Inde et le Bangladesh, à rediriger massivement leurs flux vers l’Europe, principal débouché du Maroc.

Dans ce sens, interrogé par Médias24, Anas El Ansari, président de l’AMITH, souligne que le secteur fait face à une concurrence féroce sur le marché européen. Selon lui, le meilleur scénario pour la fin d’année serait de stabiliser les exportations au même niveau qu’en 2024. « Nous pourrions terminer l’année avec un niveau d’exportations équivalent à celui de l’an dernier. C’est le scénario le plus réaliste au vu de la conjoncture, même si la compétitivité actuelle rend la situation très difficile », explique-t-il.

Anas El Ansari insiste sur le fait que la stagnation n’est pas une victoire, mais qu’elle témoigne néanmoins d’une capacité de résistance dans un environnement international défavorable.

Par ailleurs, selon lui, le Maroc résiste mieux que plusieurs concurrents méditerranéens sur le marché européen. « Contrairement à ce que l’on observe en Égypte ou en Turquie, deux acteurs majeurs du textile régional, le Maroc résiste de manière remarquable, en limitant la baisse des exportations et en parvenant, sur certains segments, à stabiliser ses volumes malgré la concurrence asiatique« .

Une visite officielle turque prévue en janvier 2026

Selon El Ansari, plusieurs industriels turcs envisagent désormais de s’implanter dans le Royaume pour préserver leur compétitivité. « Après notre récente visite en Turquie avec le secrétaire d’État chargé du commerce extérieur, et au terme des discussions menées sur place, il s’est avéré que plusieurs industriels textiles souhaitent installer leurs activités au Maroc, notamment dans l’amont textile. La forte inflation en Turquie constitue la principale raison derrière ces choix », précise-t-il.

Par ailleurs, le président de l’AMITH affirme qu’une visite officielle du ministre turc de l’Industrie est prévue début 2026. Selon lui, cette démarche s’inscrit dans la continuité des échanges bilatéraux récents et traduit l’intérêt croissant des industriels turcs pour le marché marocain.

« Une visite du ministre turc de l’Industrie au Maroc est programmée pour janvier 2026. L’objectif est d’examiner les possibilités d’investissements turcs dans le Royaume, notamment dans le secteur textile », conclut-il.