Un petit rappel de faits s’impose d’abord. Le traditionnel briefing du mois d’avril des envoyés personnels du SG de l’ONU pour le Sahara est précédé par une tournée dans la région qui englobe généralement le Maroc, l’Algérie (entre Alger et Rabouni à Tindouf ) et la Mauritanie.
Le 24 mars, Staffan De Mistura était reçu à Rabat par Nasser Bourita. Lors de cette rencontre, le chef de la diplomatie a rappelé la position du Maroc : aucune solution au conflit du Sahara ne peut être négociée et acceptée en dehors de l’intégrité territoriale du Maroc et de sa souveraineté.
Après cette étape à Rabat de la tournée de M. De Mistura, aucune communication officielle ne nous a renseignés sur ses déplacements en Algérie et en Mauritanie ni sur la teneur de ses rencontres avec les autres protagonistes. Que cacherait donc l’émissaire du SG de l’ONU ? On en saura plus après le briefing du 14 avril, mais il ne faut pas s’attendre à un miracle.
Staffan De Mistura, malgré les relances qui lui ont été adressées par M. Guterres, a été dans l’incapacité d’amener les parties au conflit autour de la table de négociations informelles et de redonner vie au processus de Genève interrompu en 2019 après deux rounds seulement.
Au lieu de faire entendre raison à l’Algérie, principale et véritable partie au conflit, le diplomate onusien était allé déterrer une vieille proposition de partition du territoire datant de l’ère de James Baker, soit de plus de deux décennies. Une proposition que le Maroc n’a même pas jugé utile de commenter. « Un non-événement », comme nous le déclarait un ancien diplomate marocain.
Au briefing, les mains vides
Quelle serait alors la teneur du prochain briefing de De Mistura devant le Conseil de sécurité que préside, pour ce mois d’avril, la France, membre permanent qui reconnaît la souveraineté du Maroc sur son Sahara ?
Pas grand-chose, si ce n’est l’appui grandissant, de par le monde, à la position marocaine et au plan d’autonomie comme l’une des formes très évoluées de cette autodétermination très chère aux adeptes d’une idéologie morte et enterrée depuis longtemps. Ou alors faire un round-up des quelques escarmouches, sans lendemain, du polisario sous les yeux des membres de la Minurso.
En parlant de la Minurso, il ne faut pas oublier que cette mission est de plus en plus décriée dans le camp du président américain Donald Trump. Onéreuse pour la communauté internationale, son mandat est devenu caduc : l’option du référendum n’est plus à l’ordre du jour depuis près de 20 ans. Sur le terrain, sa mission de surveiller le cessez-le-feu devient de plus en plus improbable du fait des séparatistes qui empêchent ses membres d’accéder à l’information, voire de disposer de carburant et de denrées alimentaires pour accomplir leur mission. Et cela est consigné noir sur blanc dans les précédents rapports de la Minurso.
Faudrait-il s’attendre alors, et aussi, à la fin de la Minurso quelques mois après le départ de De Mistura ?