L’arrêté des comptes nationaux 2024, publié par le HCP, affine les estimations du PIB. Pour l’année 2024, la croissance économique réelle est désormais révisée à 3,8%, contre une estimation initiale de 3,3%, traduisant une performance supérieure aux anticipations.
Le taux de croissance économique de 2023 a été pour sa part révisé: il passe de 3,4% à 3,7%.
Précisons qu’il y a une différence essentielle entre réviser et réévaluer.
Dans le cas de 2024, c’est le premier chiffre officiel issu de la comptabilité nationale. Les précédents étaient des estimations basées sur des enquêtes ou des modèles. Donc, les 3,8% sont le premier chiffre officiel.
Pendant une durée de trois années, il y a des révisions des chiffres qui sont affinés et c’est ce qui s’est toujours passés. D’où la révision des chiffres de 2022 et 2023.
Le PIB réel dépasse, pour la première fois, le seuil des 1 .500 MMDH
Avec un PIB nominal de 1.596,8 MMDH en 2024, résultant d’une croissance réelle de 3,8% et d’une hausse du niveau général des prix de 4,1%, le PIB réel ressort à 1.531,3 MMDH (1.477,4 MMDH en 2023).
Cette évolution marque une étape symbolique : pour la première fois dans l’histoire économique du Maroc, le PIB réel dépasse le palier des 1.500 MMDH.

Un tel ajustement à la hausse entraîne mécaniquement des effets arithmétiques sur plusieurs ratios macroéconomiques fondamentaux, notamment ceux relatifs au déficit budgétaire, à l’endettement global du Trésor ou encore au solde du compte courant. Ces indicateurs, exprimés en pourcentage du PIB, sont sensibles à toute variation de l’agrégat de référence.
Il convient de rappeler que les ratios sont calculés sur la base du PIB nominal (exprimé en dirhams courants). Cette convention s’explique par le fait que les agrégats qu’ils rapportent (dépenses publiques, recettes, dette, etc.) sont eux-mêmes mesurés en valeur. Il est donc impératif de les rapporter à un agrégat de nature comparable.
Révision à la baisse de l’ensemble des ratios macroéconomiques
Dans une analyse récente, Médias24 avait dressé un état des lieux des principaux agrégats macroéconomiques sur la base des premières estimations du PIB. Toutefois, avec un PIB nominal révisé à 1. 596,8 MMDH, la lecture des équilibres s’en trouve modifiée.
Voici les principaux ratios macroéconomiques à la lumière de cette réévaluation.
⇒ Déficit budgétaire :
Selon la situation des charges et ressources du Trésor, arrêtée à fin décembre 2024 par le ministère de l’Économie et des finances, le déficit budgétaire s’est établi à 60,9 MMDH. Ainsi, le déficit budgétaire est ramené à 3,8% du PIB, mieux que les 3,9% calculées selon un taux de croissance de 3,3%.

⇒ Compte courant :
Sur le plan extérieur, le déficit du compte courant, initialement estimé à 1,2% du PIB sur la base d’une croissance de 3,3%, s’établit désormais à 1,16% après révision du PIB nominal. La baisse reste marginale, compte tenu de la faiblesse du déficit en valeur absolue, estimé à 18,5 MMDH.
À 1,16%, le déficit du compte courant demeure faible au regard des standards internationaux, généralement tolérants jusqu’à 2 à 3% du PIB.

⇒ Dette totale du Trésor :
Selon le ministère de l’Économie et des finances, la dette globale du Trésor s’élève à 1.081,6 MMDH à fin 2024. Rapportée au PIB nominal révisé, elle représente désormais 67,7% du PIB, contre 70,1% selon les premières estimations.
Cette baisse mécanique de 2,4 points reflète l’effet d’amortissement induit par la révision à la hausse du dénominateur. Malgré un encours en hausse modérée en valeur absolue, le ratio d’endettement s’améliore nettement, enregistrant sa meilleure performance depuis 2020.

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Voici ce qu’il faut retenir des ratios sur l’année 2024:
- Déficit budgétaire : 3,8% du PIB.
- Déficit du compte courant : 1,16% du PIB.
- Dette totale du Trésor : 67,7% du PIB.
- Croissance économique réelle : 3,8%.
- PIB nominal : 1.596,8 MMDH.
- PIB réel : 1.531,3 MMDH.