En application de l’article 59 de la loi 33-13 relative aux mines, un arrêté du gouverneur de Tiznit a décidé l’ouverture d’une enquête publique concernant la conformité environnementale du nouveau projet minier SW Tazalakht, porté par le groupe Managem à travers sa filiale Akka Gold Mining.
L’enquête publique pour ce projet débutera le 18 juin 2025 et durera 20 jours, se terminant ainsi le 8 juillet 2025. Un registre sera ouvert à cet effet au siège des communes concernées, Afella Ighir et Tassrirt, relevant de la province de Tiznit.

Implanté à 20 km à l’est de Tafraout, ce projet minier couvre le périmètre de la licence n° 393614 (Akka Gold Mining), dans un secteur avoisinant une exploitation de cuivre historique à Tazalakht.
Le comité chargé de mener cette enquête publique est composé des responsables territoriaux ainsi que des représentants des administrations déconcentrées directement impliquées (Mines, Environnement, Eau, Urbanisme, Eaux et forêts…).
À l’issue de l’enquête publique, le président du comité clôturera le registre dédié à cette consultation et procédera, conjointement avec les membres du comité, à leur signature. Le comité établira ensuite un rapport synthétisant les observations et propositions des habitants relatifs au projet, qu’il transmettra à la commission régionale unifiée d’investissement (CRUI) relevant du centre régional d’investissement de Souss-Massa.
En attente d’approbation finale, le délai moyen d’obtention de l’attestation d’acceptabilité environnementale, condition sine qua non pour autoriser l’ouverture d’une nouvelle mine, est de 32 jours après le résultat de l’enquête publique.
Tazalakht, une nouvelle réactivation d’une mine aux multiples vies
Après l’épuisement des réserves d’or de la mine d’Akka en 2007, Managem, soucieux de préserver son activité, a développé des mines de cuivre dans les environs, dont le minerai est ensuite traité dans l’usine d’Akka. Depuis lors, le groupe extrait du cuivre des gisements cuprifères d’Agoujgal (près de Tata) et de Tazalakht (près de Tafraout).
La mine de Tazalakht ne constitue pas une nouvelle découverte. Il s’agit en réalité de l’un des plus anciens sites miniers du Maroc, dont l’exploitation remonte à l’époque almoravide. Réactivé pendant le protectorat français sous forme de mine souterraine, le gisement a connu une exploitation à ciel ouvert à partir de 1974 jusqu’à sa fermeture en 1992, avant d’être repris par Managem en 2007.

À l’époque, les travaux d’exploration du BRPM (Bureau de recherches et de participations minières) avaient estimé des réserves atteignant 1.578.700 tonnes, avec une teneur de 2,69 % en cuivre et 33 grammes par tonne en argent. Jusqu’à l’épuisement du gisement, Managem a exploité la mine à ciel ouvert, transportant le minerai vers son usine d’Akka pour traitement.
D’une superficie de 16,64 km², le nouveau projet de Managem se développera aux environs de Tignatine (située à 10 kilomètres au sud de l’ancienne carrière, à vol d’oiseau), dans une localité nommée Talat Zaghat. Cette dernière se trouve au sein de la même unité géologique que l’ancienne mine de Tazalakht : boutonnière de Aït Abdellah.

En plus du projet Tazalakht, et dans le même objectif d’accroître les ressources cuprifères pour l’usine de traitement d’Akka, Akka Gold Mining développe un autre projet minier de cuivre : le projet minier Amalou. Situé au nord du site de Tazalakht, ce dernier couvre le périmètre de la licence d’exploitation n° 393534, qui s’étend sur la partie nord des communes de Tassrirt, Ammelne et Tafraout.
Rappelons que Managem lancera au début du deuxième semestre 2025 la mine de Tizert, un projet minier de classe mondiale qui doublera la production marocaine de cuivre grâce à cette mine qui a nécessité un investissement de 400 millions de dollars. À cela s’ajoute un nouveau projet stratégique de Managem pour la souveraineté industrielle du Maroc visant la construction du premier smelter de sulfate de cuivre en Afrique du Nord.
D’une grande importance pour l’industrie automobile et de batteries électriques, cela offrira à l’industrie nationale la capacité de se fournir localement en produits finis de cuivre, une opportunité qui manquait jusqu’alors, en dépit de l’existence au Maroc de plusieurs mines de cuivre actives.