Publié dans le numéro 7381 du Bulletin officiel, un décret a approuvé le plan d’aménagement de Rabat et son règlement. Ce texte vaut également déclaration d’utilité publique pour les expropriations nécessaires à la réalisation des équipements prévus dans le plan d’aménagement, conformément à l’article 28 de la loi 12-90 relative à l’urbanisme.

Toutefois, selon ce même article, les effets de la déclaration d’utilité publique prennent fin à l’expiration d’un délai de 10 ans, à compter de la date de publication au Bulletin officiel du texte d’approbation du plan d’aménagement.

Par la publication de ce décret, la ville de Rabat met fin à une dizaine d’années durant lesquelles elle n’était pas couverte par un plan d’aménagement valide. Cette absence a empêché, pendant une longue période, d’accompagner efficacement l’aménagement normatif de la capitale malgré plusieurs projets structurants qui ont récemment renforcé son attractivité.

Conscient des enjeux et des problématiques identifiés par le diagnostic établi, le nouveau plan d’aménagement pense prendre en compte un grand nombre de contraintes. Parmi celles-ci, le déclin démographique, la cherté du foncier, la limitation de l’offre immobilière… Ce document opte pour répondre à cette problématique qui pousse de nombreux ménages de différentes classes sociales à quitter la ville pour s’installer dans les zones environnantes où l’offre immobilière est moins chère et plus diversifiée.

Le nouveau document a fixé des règles visant à renforcer l’inclusion sociale de la ville dans les domaines de l’habitat, des équipements et des espaces publics. L’objectif est d’attirer la classe moyenne qualifiée, de mettre en place de grands pôles métropolitains et de développer des projets urbains qui renforcent l’armature culturelle, touristique, tertiaire et commerciale de Rabat. Parallèlement, il s’agit de consolider la vocation environnementale de la capitale, notamment par la création de plus de 274 hectares d’espaces verts.

Sur le plan social, ce nouveau document prévoit également, dans le cadre d’une intervention publique, le renouvellement urbain des quartiers de Farah, Bouregreg, Rachad, Inbiaât et Al Maouada, ainsi que la rénovation urbaine du quartier Akkari.

De même, dans le quartier de l’Océan, où une campagne est en cours pour libérer le domaine public, des travaux de requalification seront projetés. Ceux-ci incluront la reconversion de sa corniche, la réhabilitation des friches existantes ainsi que la restauration et la conservation des bâtiments présentant une valeur patrimoniale.

Face aux prochains événements phares (Coupe d’Afrique des nations 2025 et Coupe du monde 2030) qu’abritera le Maroc, et principalement sa capitale, le plan d’aménagement approuvé prévoit l’élargissement des voies existantes et la création de nouvelles voies stratégiques afin d’améliorer la mobilité urbaine dans la capitale. Également, des mesures incitatives sont prévues pour encourager la création de projets hôteliers sur l’ensemble du territoire urbanisable, à l’exception de l’arrondissement de Souissi où un projet hôtelier distinctif sera mis en œuvre.