Deux ans après le séisme d’Al Haouz, d’une magnitude de 6,9 sur l’échelle de Richter, l’activité sismique est toujours omniprésente mais d’une intensité moindre.

Survenue ce mercredi 3 septembre 2025 à 4 h 25 (GMT+1), une secousse d’une magnitude de 4,6 degrés sur l’échelle de Richter a été enregistrée dans la commune de Talat N’Yaaqoub. Cette secousse a été fortement ressentie par la population d’Al Haouz ainsi qu’à Marrakech, et elle a été largement partagée sur les réseaux sociaux en raison de son timing qui coïncidait avec l’anniversaire du tragique séisme d’Al Haouz.

L’écho de cette secousse a été amplifié par la prolifération de titres accrocheurs sur les réseaux sociaux, alimentant l’inquiétude et les spéculations sur l’imminence d’une activité sismique intense dans la région du Haouz. Qu’en est-il en réalité ?

Bilan des activités sismiques dans la région d’Al Haouz

L’activité sismique dans la province d’Al Haouz n’a jamais cessé depuis le 8 septembre 2023. Depuis cette date, une activité de fréquence hebdomadaire est enregistrée dans la province aux alentours de l’épicentre, qui dépasse rarement la magnitude de 3 sur l’échelle de Richter.

À ce jour, la secousse tellurique la plus intense enregistrée après le séisme du 8 septembre 2023 est celle du 2 janvier 2024, d’une magnitude de 5,1 et dont l’épicentre se situait à Azilal.

Une secousse comparable à celle du 8 septembre 2023 a été enregistrée le 6 mai dernier dans la commune de Talat N’Yaaqoub ; sa magnitude a atteint 4,5 degrés, sans faire aucun dégât.

Durant les deux derniers mois, l’activité sismique a été plus intense dans le nord et le nord-ouest du Maroc, avec une série de secousses d’intensité faible à moyenne.

L’examen, jour par jour, des données des enregistrements sismographiques de la station de Tiouine (la station la plus proche de l’épicentre du séisme d’Al Haouz, à 109 kilomètres) montre qu’au cours du mois d’août 2025, l’activité sismique était faible, avec seulement deux à trois événements d’intensité peu élevée.

La prédominance de secousses de faible magnitude, associée à la récurrence périodique de séismes d’intensité moyenne, démontre que l’activité sismique de la région d’Al Haouz a été réactivée par le séisme de 2023, dont l’origine est liée à la faille de Tizi n’Test, dont la continuité s’étend jusqu’à Agadir dans une zone géologique complexe.

L’évolution de cette activité sismique confirme à ce jour la théorie que l’énergie sismique provoquée par le séisme d’Al Haouz est libérée par une série de petites secousses sismiques aux environs de la zone épicentrale.

D’après une étude scientifique récente (Carboni et al., 2025), le Haut Atlas se caractérisait historiquement par une faible activité sismique, avec des secousses de magnitude inférieure à 5. Cependant, en raison du manque de stations de surveillance sismique à proximité, les tremblements de terre de faible magnitude (inférieure à 3,5) passaient inaperçus avant l’extension du réseau.

Ce que pensent les scientifiques du séisme d’Al Haouz

En 2025, la communauté scientifique internationale a maintenu son intérêt pour l’étude du séisme d’Al Haouz. Plusieurs équipes scientifiques poursuivent leurs recherches par différentes méthodes pour comprendre l’origine du séisme du 8 septembre 2023. Toutes s’accordent sur le fait qu’un mécanisme exceptionnel a engendré ce séisme d’une telle intensité.

Parmi ces études, certains travaux scientifiques ont suggéré une structure cachée, nouvellement formée, comme étant la structure causale du séisme.

En revanche, l’étude de Carboni et al. (2025) révèle un cadre sismologique complexe associé au tremblement de terre d’Al Haouz de 2023. La secousse principale est située à 28,3 km de profondeur, et les répliques relocalisées sont plus concentrées à proximité de la faille de Tizi n’Test et de la zone de chevauchement de l’Anti-Atlas. En profondeur, la sismicité s’étend de niveaux très peu profonds (moins de 2 km) jusqu’à environ 35 km, confinés entre la zone de chevauchement de l’Anti-Atlas et celle de Jebilet.

La méthodologie suivie pour cette étude a permis d’attester d’une activité dominante à long terme le long de la faille de Tizi n’Test et d’un rôle secondaire de la zone de chevauchement des Jebilet pour le déclenchement du séisme du 8 septembre 2023.

Ce qu’il faut savoir du risque sismique au Maroc

Au Maroc, le risque sismique est réel, bien que l’activité soit considérée comme modérée par rapport à des « hotspots » mondiaux comme le Japon ou la Turquie. La solution la plus sage est de s’adapter davantage au risque sismique pour bâtir une résilience contre les séismes chez la population.

La recherche scientifique devrait jouer un rôle important dans l’augmentation de la résilience de notre pays face aux risques sismiques. Parmi les axes importants à développer figure la recherche de solutions innovantes et à bas coût pour des bâtis antisismiques mieux adaptés au contexte marocain.

L’expérience du séisme d’Al Haouz a démontré que l’accompagnement psychologique était tout aussi important que la reconstruction des bâtiments. En effet, ce séisme a engendré des souffrances psychologiques durables, comme ce fut le cas du séisme d’Agadir (1960), dont les séquelles perdurent au sein de la population ayant survécu au drame.

En résumé, la résilience face aux séismes au Maroc ne se bâtira pas seulement avec des édifices plus solides, mais également avec une population mieux préparée, un accompagnement psychologique efficient et une information fiable.