Dans une démarche de communication internationale, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Rachid El Khalfi, est intervenu sur la chaîne américaine CNN pour commenter les récentes manifestations GenZ, qui se poursuivent dans plusieurs villes marocaines.
Interrogé par la journaliste sur le mécontentement de la jeunesse, dans un pays où plus de la moitié de la population a moins de 35 ans et où le chômage des jeunes avoisine 36%, M. El Khalfi a rejeté l’idée d’un échec gouvernemental. Il a souligné que le Maroc « a franchi de grandes étapes pour garantir la liberté d’expression, y compris le droit à la manifestation pacifique ».
D’après les chiffres du ministère, près de 600 manifestations sont organisées chaque mois, un niveau qualifié de « preuve d’une culture de protestation désormais acceptée par les autorités ».
La mobilisation des jeunes doit être perçue comme un signe de vitalité sociale
Pour le responsable, la mobilisation des jeunes doit être perçue comme un « signe de vitalité sociale ». Il a ajouté que le rôle de l’État est d’ »écouter, corriger et lever les malentendus autour des revendications légitimes », tout en reconnaissant que ces protestations « expriment une situation économique difficile, particulièrement pour cette génération ».
Abordant les incidents ayant conduit à trois décès à Leqliaa, le porte-parole a indiqué qu’il s’agissait de cas de « légitime défense », les forces de l’ordre ayant été « exposées à des dangers réels ».
Concernant les accusations d’usage excessif de la force, M. El Khalfi a assuré que « des enquêtes ont été ouvertes ». Il a insisté sur le fait que « la loi sera appliquée strictement, qu’il s’agisse de policiers ou de manifestants ayant commis des actes illégaux ».
Face aux questions sur la dimension politique des mobilisations, le porte-parole a préféré rester dans le cadre de ses prérogatives : « Je me limite aux questions relatives à la gestion sécuritaire des manifestations, pas à leurs aspects politiques ». Il a par ailleurs rejeté toute escalade de la violence, parlant d’un « épisode de tension ponctuel, désormais maîtrisé ». Selon lui, « les rassemblements, d’abord interdits faute d’organisateurs identifiés, ont ensuite été autorisés dans un esprit de flexibilité ».
Interrogé sur le risque d’un embrasement comparable à d’autres pays, M. El Khalfi s’est voulu rassurant : « Le contexte marocain est très différent. Nous ne partons pas de rien. Le gouvernement dispose de programmes importants. Certes, il existe des insuffisances, mais nous travaillons à garantir la dignité humaine et la justice sociale pour tous les citoyens marocains ».